Un manœuvrier surmonte les défis d’un déploiement dans le cadre de l’Op CARIBBE

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Nouvelles de la Marine / Le 15 avril 2021

Par le lieutenant de vaisseau C.E. Grant

Avant de se joindre au Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Moncton dans le cadre de l’opération CARIBBE, constituant la participation du Canada à des opérations antidrogue dirigées par les États-Unis dans la mer des Caraïbes et l’est de l’océan Pacifique, Samantha‑Lee Epstein, matelot de 2e classe (Mat 2), n’avait passé qu’une journée en mer à bord du NCSM Oriole.

Se portant volontaire pour naviguer avec le NCSM Moncton et se dirigeant vers le sud pour les Caraïbes, le Mat 2 Epstein, un manœuvrier, s’est retrouvé pour la première fois à bord d’un navire de défense côtière.

Le réserviste naval du NCSM Scotian à Halifax a plongé pieds premiers dans l’instruction de disponibilité opérationnelle propre à la mission (MSRT), et bien que cela ait représenté un défi important pour le marin subalterne, l’histoire qui a précédé ce moment en dit long sur sa persévérance et son caractère.

En août 2020, sa mère est soudainement décédée d’une crise cardiaque. À la suite de sa perte, elle s’est rendue à Toronto pour être avec son père et a passé un mois à s’occuper de questions familiales, ce qui a été d’autant plus difficile en raison des restrictions liées à la COVID-19 et des exigences en matière d’isolement.

« Il a été difficile de revenir de Toronto et d’avoir à être en quarantaine, mais le retour au travail avec l’appui de mes coéquipiers de l’Oriole m’a été d’une aide précieuse », dit-elle.

Cependant, il n’a pas fallu attendre longtemps avant qu’on lui offre la possibilité de se joindre à un nouveau navire sur le point d’être déployé.

« J’ai eu l’occasion de participer à l’Op CARIBBE avec le NCSM Moncton, et j’ai senti que j’avais besoin d’un changement de rythme, de paysages différents et d’un nouveau défi à relever pour m’aider à continuer, dit-elle. Mais c’était aussi terrifiant, j’étais extrêmement anxieuse avant de partir. Je me demandais si je serais mentalement capable de le faire encore. De plus, faire quelque chose de complètement différent de tout ce que j’avais fait auparavant me laissait incertaine de ce à quoi m’attendre. »

Cependant, sa thérapeute, sa travailleuse sociale et les Forces armées canadiennes (FAC) l’ont aidé à s’assurer qu’elle était mentalement prête à partir.

« Les FAC m’ont offert beaucoup plus de soutien en matière de santé mentale que ce à quoi je m’attendais. Le fait que le médecin m’appelle le lendemain de Noël et les suivis de routine de l’équipe m’ont vraiment rassuré sur le fait que j’étais entre bonnes mains et que j’étais prête à être envoyée en déploiement. »

En fait, le Mat 2 Epstein reconnaît les effets positifs du processus de santé mentale des FAC, disant : « Après le décès de ma mère, j’ai été très axée sur la santé mentale et j’aimerais que d’autres membres des FAC reçoivent un soutien semblable à celui que j’ai reçu. La vie suit son cours – la clé est de faire partie d’une communauté des FAC qui est bienveillante et solidaire. »

Bien que son embarquement à bord du Moncton ait représenté une étape importante pour elle, le Mat 2 Epstein avait encore des défis à relever. La première semaine du programme de déploiement du Moncton comprenait une semaine de MSRT à bord d’un navire de patrouille en mer (Atlantique).

« J’avais l’impression de toujours attendre le prochain événement », dit-elle. « Pendant les premiers jours, j’ai eu l’impression de ne pas avoir eu la chance de me détendre ou de me calmer, mais à la fin de cette semaine, j’ai réalisé à quel point j’avais le soutien de l’équipage et du personnel d’instruction en mer.

Une chose que je ne cesse de dire à mon père, c’est que je suis renversée par le soutien que j’ai sur ce navire – je n’ai jamais rencontré de gens qui me donnent autant de soutien. Ils se soucient tellement de moi et je me soucie tellement d’eux : c’est une petite famille. Je crois sincèrement que les gens du Moncton et ceux qui participent à ce déploiement m’ont aidé dans le processus de deuil entourant la perte de ma mère. »

Diplômée de l’Université Dalhousie et ayant obtenu un baccalauréat ès sciences en biologie marine en 2019, le Mat 2 Epstein affirme que l’un des aspects les plus intéressants de la navigation dans les Caraïbes a été tous les mammifères marins et les oiseaux qu’elle a pu observer et avec lesquels elle a pu interagir.

En discutant de la raison pour laquelle elle s’est jointe aux FAC, et en particulier à la Marine royale canadienne, elle explique qu’elle est de Toronto et que l’Armée canadienne est le visage des FAC dans cette ville.

« La plupart de mes amis étaient dans l’Armée, c’est ainsi que j’ai entendu parler de la Réserve, dit-elle. Quand j’ai suivi le processus de recrutement, j’ai appris à connaître la Réserve navale, et puisque j’étudiais la biologie marine, j’ai pensé – l’eau, les bateaux, la biologie – parfait! »

Aspirant à devenir officier, le Mat 2 Epstein dit qu’elle aime la vie en tant que maître d’équipage pour le moment et espère continuer à apprendre et à acquérir de l’expérience dans son métier actuel.