Un constructeur de maquettes rend hommage aux sous-marins

La Vigie - Printemps 2015 / Le 28 avril 2015

Par Carmel Ecker

Lorsque la Marine royale canadienne (MRC) a célébré le centenaire de son service sous-marinier en 2014, un passionné des sous-marins, Dwayne Hill, a fabriqué des maquettes à l’échelle 1/48 de chaque classe de sous-marins mis en service au Canada.

En 2014, M. Hill a visité 15 écoles des environs de sa résidence de Brossard (Québec) avec ses reproductions détaillées et a parlé aux élèves de l’histoire des sous-marins au Canada. « J’ai été très bien reçu », dit-il. «  À deux occasions, on m’a demandé si je pouvais rester pour faire des présentations à d’autres classes durant la journée. »

Les maquettes sont des répliques parfaites de leurs prédécesseurs pleine grandeur construites à partir de véritables plans de navires jusqu’au plus petit détail; celles qui sont télécommandées font aussi les mêmes choses que les vrais sous-marins faisaient, plonger, remonter en surface et lancer des torpilles, mais dans des plans d’eau beaucoup plus petits.

La collection de M. Hill a commencé il y a 30 ans avec le sous-marin USS Tang. Il ne le savait pas à l’époque, mais le Tang appartenait à la même classe de navire que le NCSM Rainbow, qui était à l’origine un sous-marin américain vendu au Canada en 1968. Lorsqu’il a découvert cela en 2003, il a apporté les modifications nécessaires, il a repeint le sous-marin, et le Tang est devenu le Rainbow.

Bien qu’elle ait été la plus difficile à construire, il s’agit de sa maquette favorite. Il lui a fallu trois essais pour bien former la coque avec de la mousse de polystyrène et de la fibre de verre, et reproduire diverses pièces à partir de dessins et de photographies.

« Si j’avais à choisir parmi les 19 que j’ai, le Rainbow serait mon favori. C’est vraiment un superbe bâtiment. Il fonctionne très bien et peut passer beaucoup de temps dans l’eau », dit-il.

Après le succès de sa première maquette, M. Hill a perfectionné ses compétences de constructeur avec l’aide d’un autre passionné de modèles réduits, Ted Scrivens. Les deux hommes ont ensuite commencé à construire en duo, et à produire des maquettes de navires jumeaux appartenant à diverses classes de bâtiments de la Marine canadienne.

En plus de construire 12 navires de surface du Canada, des États-Unis et de la Grande-Bretagne, M. Hill a produit des maquettes des sous-marins NCSM Windsor (classe Victoria), NCSM Okanagan (classe Oberon) et U-190, un sous-marin allemand de la Deuxième Guerre mondiale qui avait été capturé par le Canada et mis en service ici après la guerre.

En 2010, durant le 100e anniversaire de la MRC, il a mis en montre ses maquettes lors de diverses expositions, et c’est là que quelqu’un a mentionné le centenaire à venir du service sous-marinier. « J’ai pensé, j’ai déjà quatre des cinq classes, pourquoi ne pas construire une maquette d’un bâtiment de la cinquième? »

La tâche s’est avérée plus difficile que prévue. Il a passé des mois à chercher les plans des deux premiers sous-marins du Canada, le CC-1 et le CC-2, qui avaient été achetés en 1914. M. Hill a consulté toutes les ressources, mais n’a pas trouvé ce qu’il cherchait.

Construit à l’origine pour le Chili dans un chantier naval de Seattle, les deux sous-marins ont plutôt été vendus au Canada. « Lorsque les bâtiments ont été vendus au Canada, c’est comme si les plans s’étaient évanouis », explique M. Hill. « Lorsque j’ai commencé à chercher les dessins originaux, je suis allé à Seattle, au Puget Sound, au Connecticut, en Angleterre et à Montréal, pour constater que personne ne savait où se trouvaient les plans. J’ai finalement trouvé un homme âgé de 93 ans qui a pu produire les plans à partir de dessins. [Les sous-marins] ont été construits au même chantier naval où il travaillait jadis. Il m’a envoyé les plans en décembre 2013, et il m’a fallu quatre mois pour construire la maquette. »

Sans ces plans il aurait eu besoin de beaucoup plus de temps pour construire le CC-2, et les résultats n’auraient pas été aussi exacts.

Parce qu’il s’agit de sous-marins entièrement fonctionnels, leur structure et les composantes de télécommande doivent être tout à fait étanches. M. Hill dit qu’il en fait un peu plus qu’il en faut pour assurer la robustesse de ses bâtiments, ce qui leur permettrait de survivre pendant quelques jours au fond d’un lac si quelque chose n’allait pas.

« J’ai perdu quelques sous-marins pendant environ une semaine. Lorsque je les ai finalement ramenés à la surface, ils étaient en parfait état. Il n’y avait que la pile à recharger », explique-t-il.

Ses sous-marins sont télécommandés au moyen d’un dispositif qui fonctionne à  72 ou 75 MHz, de façon à ce que le signal puisse franchir l’eau. La trousse inclut un module émetteur portatif et un récepteur qui tient tout juste dans un compartiment étanche à bord de chaque bâtiment. Chaque dispositif de télécommande coûte de 400 $ à 500 $, et la mousse de polystyrène, la fibre de verre, le plastique et le laiton nécessaires à la fabrication de chaque sous-marin coûtent de 400 $ à 500 $ en sus. C’est un investissement considérable, mais c’est ce que dépensent la plupart des gens pour leur passe-temps.

M. Hill a toujours été passionné par les navires de la Deuxième Guerre mondiale. « J’adorais lire les histoires portant sur ce qui s’était passé durant la guerre, ce qu’ont fait ceux qui y ont pris part. Ils étaient passionnés par ce qu’ils faisaient, et comprenaient ce qu’ils avaient à faire contre l’Allemagne pour défendre notre liberté. »

Au début de son adolescence, il a acheté et assemblé de nombreux modèles réduits en plastique. Mais à l’âge de 25 ans, lorsqu’il a découvert les maquettes télécommandées qu’il construit maintenant, elles sont devenues ses favorites.

Sa maison est maintenant un hommage à sa passion, où il conserve plus de 1 000 livres et 600 vidéos sur la Première et la Deuxième Guerres mondiales, la guerre de Corée et la guerre du Vietnam, ainsi que sur d’autres conflits plus contemporains. « Lorsque je construis mes maquettes, si l’une de ces vidéos ou l’un de ces livres traite du bâtiment ou le montre, c’est ce que j’utilise pour traiter les détails », dit-il.

La collection de M. Hill a impressionné plusieurs musées, et étant donné que son fils de 14 ans préfère l’action du hockey plutôt que les maquettes, il dit qu’il leur fera à terme don de ces dernières.

Mais pour l’heure, M. Hill, qui a 55 ans, a deux autres projets en marche, et il a hâte à sa retraite à la fin de 2015. Il a déjà construit les coques de la corvette de classe Castle NCSM St. Thomas et de la frégate de classe River Thetford Mines, deux projets qui le tiendront occupés et heureux pendant au moins quelques années.