Sept marins néo-zélandais à bord du navire de guerre canadien le Calgary

Nouvelles de la Marine / Le 4 août 2016

Technicien maritime-chef Quaid Hunwick, Marine royale de la Nouvelle-Zélande

C’était par un temps froid, mais vivifiant, du 20 janvier 2016, que six de mes camarades de la Marine royale de la Nouvelle-Zélande (RNZN) et moi-même sommes arrivés à Victoria. Nous avions quitté le Navire néo-zélandais de Sa Majesté (HMNZS) Philomel, notre « frégate de pierre » (il s’agit en fait d’une base d’instruction de la Nouvelle-Zélande, et non d’un navire ordinaire) afin de participer au programme d’échange REGULUS entre la RNZN et la Marine royale canadienne (MRC). Le programme REGULUS donne l’occasion aux marins des pays partenaires de travailler et de s’entraîner aux côtés de leurs alliés internationaux sur des navires dans le monde entier.

Quand nous avons reçu l’ordre de nous rendre sur le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Calgary, nous étions plus qu’enthousiastes à l’idée de travailler avec les marins canadiens et de commencer à remplir nos carnets de tâches. Permettez-moi de revenir sur les six mois de mon retour à la maison à bord du NCSM Calgary.

Un carnet de tâches est une trousse d’instruction remise à chaque marin. On y retrouve une liste de tâches que le marin doit accomplir et de compétences qu’il doit acquérir au cours de l’instruction. Quand nous maîtrisons une nouvelle compétence et menons à bien une tâche (p. ex. dessiner le schéma technique du collecteur d’air comprimé à basse pression du navire), notre supérieur le note dans notre carnet. Une fois toutes les signatures requises obtenues et le carnet rempli, nous pouvons être promus au titre de technicien maritime-chef.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que mon séjour à bord du Calgary a été marquée par de bonnes histoires. Ce fut un séjour plein d’excitation, d’émotions, d’aventure et d’amitiés – vieilles et nouvelles. Le bon temps avait pris le pas sur le travail.

Le voyage d’échange a connu un départ mouvementé. À notre première soirée à Victoria, nous sommes allés manger au Sticky Wicket, un restaurant du coin. Alors que nous prenions l’apéritif, une voiture a percuté le côté du restaurant, faisant tomber tout ce qu’il y avait sur le mur près de nous. Il en a fallu de peu!

Quelques jours plus tard, j’étais à bord du Calgary. Nous avons été accueillis chaleureusement et tout le monde tenait à nous faire goûter à la vie au Canada. Dès les premiers instants, j’ai senti que j’étais un membre à part entière de l’équipage. L’un de mes meilleurs souvenirs du Canada restera mes baignades dans les plans d’eau de Sooke (C.-B.). Je m’y suis rendu quelques fois, toujours avec des compagnons formidables, pour y nager et y plonger du haut des falaises.

En mer, nous travaillions au service d’ingénierie en vue de faire nos preuves comme rondiers de la salle des machines. Nous devions faire le tour des locaux et salles des machines afin de surveiller les machines en fonction. Les rondiers font démarrer les appareils qui ne peuvent être contrôlés à distance et en assurent le fonctionnement. Par exemple, ils ouvrent et ferment manuellement les soupapes. Les rondiers sont « les yeux et les oreilles » des officiers supérieurs d’ingénierie et sont habituellement les premiers à voir qu’un appareil ne fonctionne pas correctement. Quand on voit, entend ou sent quelque chose d’étrange, on doit en aviser les officiers supérieurs du service d’ingénierie qui, de leur côté, examineront la situation de plus près. Si le problème est mineur, l’officier supérieur montrera au rondier comment le régler.

Être autorisé à faire des rondes est la première étape dans la carrière d’un ingénieur subalterne. Pour obtenir cette qualification, il faut donner une visite guidée des salles des machines à un officier supérieur du service et répondre à ses questions. Si l’officier est satisfait de la visite, l’officier subalterne sera autorisé à devenir rondier.

Avant même de larguer les amarres, nous avons vécu une belle aventure à Whistler (C.-B.). C’était le congé de Pâques et nous avions décidé, quelques amis néo-zélandais et moi, de nous rendre à Whistler pour prendre d’assaut les pentes toute la fin de semaine. Nous avions préparé notre équipement pour être prêts à partir dès la journée de travail terminée. Malheureusement, j’avais souffert d’une intoxication alimentaire la veille, alors voyager pour moi était un projet périlleux. J’en suis toutefois sorti gagnant et je me souviendrai toujours du moment où je suis sorti de l’autobus et j’ai crié : « Salut Whistler! »

Revenons aux choses sérieuses. Comme ma mère me l’a toujours dit, si tu ne supportes pas la chaleur, reste loin de la cuisine ou, dans mon cas, de la salle des machines. Le travail qu’on nous confiait nous permettait d’appliquer notre savoir-faire et d’acquérir de nouvelles connaissances, car nous devions comprendre comment fonctionnaient les divers systèmes et appareils. Même si c’était un travail salissant, j’aimais réparer, avec mon ami McArthur, la « machine à rondelles », brisée depuis des lustres. La machine à rondelles est un appareil utilisé à bord du navire afin de faire fondre le plastique pour lui donner une autre forme. Comme l’espace est restreint sur un navire et que nous ne pouvons pas jeter le plastique par-dessus bord pour des raisons environnementales, nous faisons fondre tout le plastique recyclé et lui donnons la forme de gros disques, ou rondelles. De cette façon, nous pouvons entreposer une plus grande quantité de plastique avant de le recycler une fois au port.

Nous avons pu nous approprier cette tâche et, à mon humble avis, nous avons fait un sacré bon travail! J’ai pu remplir mon premier carnet de tâches à bord du NCSM Calgary, ce qui était mon but, et donc être nommé technicien maritime-chef. J’ai aussi reçu l’autorisation de faire des rondes et j’ai pu faire une contribution notable au fonctionnement du navire. J’ai survécu aux essais de disponibilité opérationnelle et répondu à l’appel de la mer. J’espère que les liens d’amitié que j’ai noués subsisteront et que j’aurai l’occasion, un jour, de faire visiter mon pays à mes nouveaux compagnons.

Malheureusement, toute bonne chose doit avoir une fin. Cependant, je garderai mon uniforme de navire afin de toujours pouvoir me sentir comme un matelot du Calgary.

En avant!

 

Les marins de la Nouvelle-Zélande se sont rendus jusqu’à Hawaï à bord du NCSM Calgary, qui devait participer à l’exercice Rim of the Pacific (RIMPAC) 2016. Il n’était pas prévu, lorsqu’ils étaient à bord du Calgary, qu’ils participent au RIMPAC. Quatre de ces marins, dont le TMC Quaid Hunwick, ont pris l’avion pour retourner en Nouvelle-Zélande. D’autres ont rejoint le HMNZS Te Kaha à Pearl Harbor. Le HMNZS Te Kaha et le NCSM Calgary sont deux des 45 navires de surface provenant de 26 pays qui devaient participer au RIMPAC. Le RIMPAC est le plus grand exercice maritime au monde; il a pour but de favoriser et de consolider les relations de réciprocité militaire et l’interopérabilité dans la région Asie-Pacifique.