RIMPAC 2014

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La Vigie - Automne 2014 / Le 21 octobre 2014

Par les capitaines de corvette Desmond James et Jamie Cook

L’un des buts de la participation de la Marine royale canadienne (MRC) à l’exercice biennal Rim of the Pacific (RIMPAC) est d’établir des relations durables qui profiteront aux opérations futures.

La MRC participe à l’exercice RIMPAC, qui a lieu cette année du 26 juin au 1er août au large d’Hawaï et de San Diego, depuis son lancement en 1971. Ainsi, le Canada est l’un des pays qui y participe sans interruption depuis le plus longtemps.

« L’exercice RIMPAC, qui rassemble 49 navires de surface, six sous‑marins, plus de 200 aéronefs et environ 25 000 participants provenant de 22 pays, permet aux différents pays d’entretenir les relations de coopération nécessaires à la sécurité des voies maritimes et des océans du monde », affirme le contre-amiral (Cam) Gilles Couturier, commandant de la composante maritime pour l’exercice RIMPAC 2014.

« L’exercice RIMPAC regroupe des forces militaires de pays qui ont des territoires ou des intérêts importants dans l’océan Pacifique », ajoute-t-il. « Les relations établies aujourd’hui nous aideront dans le futur à nous réunir rapidement pour former une force maritime efficace prête en tout temps à réagir aux demandes de nos gouvernements. »

Établissement de relations

Puisque des militaires canadiens de pratiquement tous les grades ont su assumer d’importants rôles de leadership, d’officiers d’état-major et d’opérateurs, des relations ont été établies à tous les niveaux de l’exercice, des grades supérieurs aux grades inférieurs. Plus de 200 officiers d’état-major canadiens de la Marine, de la Force aérienne et de l’Armée travaillaient à différents endroits, dont aux centres des opérations maritimes et aériennes.

« La contribution maritime du Canada comprenait des plongeurs, des avions de patrouille maritime, des navires de guerre de surface,un sous-marins et leurs équipages connexes », explique le Cam Couturier. « Pour la MRC particulièrement, c’était une autre belle occasion de confronter nos bâtiments de guerre, nos équipages et nos plongeurs à des défis variés et complexes pour s’assurer que nous maintenons notre capacité à faire preuve d’excellence en mer. »

Le scénario complexe de cette édition supposait qu’un pays souhaitait en renverser un autre par une série d’actions déstabilisantes. À proximité se trouvaient d’autres pays neutres aussi touchés par ces actions. Les pays qui prenaient part à l’exercice devaient travailler ensemble, avec le soutien des Nations Unies, pour stabiliser la région et maintenir le commerce maritime tout en déployant une puissance de feu assez forte pour servir contre le pays belligérant si nécessaire.

La MRC a envoyé trois navires de surface, le NCSM Calgary, le NCSM Nanaimo et le NCSM Whitehorse, un sous-marin, le NCSM Victoria, et une équipe de plongeurs-démineurs de l’Unité de plongée de la Flotte (Pacifique) (UPF[P]). Il s’agissait de l’une des plus grandes contributions navales du Canada à l’exercice RIMPAC, et ce, même si la MRC s’active à moderniser ses frégates de la classe Halifax, les bêtes de somme de la flotte, et à amener ses sous-marins de la classe Victoria à un état opérationnel stable.

Essai des systèmes modernisés

Le NCSM Calgary a profité de l’exercice RIMPAC pour tester ses systèmes modernisés et pour former les nouveaux équipages sur la technologie de pointe dont seront dotées toutes les frégates quand le projet de modernisation des navires de classe Halifax (MCH) sera complété au cours des prochaines années.

« Pour le NCSM Calgary, la valeur de l’entraînement opérationnel était immense », a dit le capitaine de frégate (Capf) John Wilson, commandant du NCSM Calgary. « Nos marins ont acquis une solide expérience en travaillant avec les forces maritimes alliées au sein de larges groupes opérationnels. Je suis extrêmement heureux que le NCSM Calgary ait pu y participer. »

Après l’exercice, le navire de guerre a même réussi une série de tirs de missiles, un nouvel objectif atteint dans le cadre du programme de MCH.

« Dans l’ensemble, l’exercice RIMPAC fut une occasion exceptionnelle pour le NCSM Calgary qui a pu élaborer et solidifier des pratiques exemplaires nécessaires à la modernisation des frégates de la classe Halifax », ajoute le Capf Wilson. « L’équipage a acquis une précieuse expérience. Les leçons retenues nous aideront à aller de l’avant vers une plus grande disponibilité opérationnelle et nous continuerons d’offrir l’excellence à la MRC. »

Équipage bien entraîné pour un sous-marin silencieux

Pour le NCSM Victoria, travailler avec des sous-marins de différents pays était une occasion rêvée.

« Rares sont les entraînements avec autant de sous-marins. Nous manœuvrons avec savoir-faire un sous-marin diesel-électrique très performant. Nous sommes reconnus pour être silencieux et bien entraînés. Nous le faisons depuis longtemps », dit le Capf Alex Kooiman, commandant du NCSM Victoria. « C’est donc dire que nos alliés ont beaucoup de difficulté à nous trouver. »

Pour le NCSM Victoria, l’exercice RIMPAC était aussi une autre occasion de poursuivre le développement du programme canadien de sous-marins. En s’appuyant sur son succès à l’exercice RIMPAC 2012 quand il a coulé un navire américain mis hors service en lançant une torpille Mark 48, le NCSM Victoria a acquis une précieuse expérience en mer et a profité des leçons retenues au cours des deux dernières années de navigation.

« L’exercice RIMPAC de cette année a permis au NCSM Victoria de tirer profit du succès du programme canadien de sous-marins à un moment où la force sous-marine canadienne se rapproche d’un état stable », explique le Capf Kooiman. « Le vaisseau et l’équipage ont été mis au défi par quelques exercices anti-sous-marins difficiles, tandis que de nombreuses ressources de surface et aériennes tentaient de nous trouver avant que nous puissions simuler des tirs dans leur direction. »

Le NCSM Victoria s’est toutefois montré à la hauteur en utilisant des tactiques perfectionnées pour échapper aux forces qui tentaient de le repérer. « La performance de l’équipage était très bonne et je suis fier de dire que six marins ont reçu leur qualification de sous-marinier, une réalisation remarquable au sein de la MRC et dans le milieu des forces sous-marines », ajoute le Capf Kooiman.

Le scénario de San Diego

Hawaï n’était pas le seul pôle d’activités de la MRC lors de l’exercice RIMPAC 2014. Au large des côtes de San Diego, le NCSM Nanaimo, le NCSM Whitehorse et un contingent de l’UPF(P) étaient occupés par un scénario où des centaines de mines étaient dispersées afin d’empêcher les navires d’aller dans certains secteurs. Le NCSM Nanaimo et le NCSM Whitehorse sont des navires de défense côtière petits et agiles, parfaits pour le dragage de mines.

« Notre mission principale était de contribuer à la liberté de navigation, en sécurisant les routes maritimes et en garantissant l’accès au port de San Diego aux forces de remplacement et aux navires marchands », explique le capitaine de corvette (Capc) Jeff Hopkins, commandant du NCSM Nanaimo. « Nous utilisions notre sonar latéral pour détecter les objets au fond de la mer. L’équipe d’analyse du navire les classifiait avant que nous passions l’information au commandement du groupe opérationnel, qui s’en servait pour établir son tableau de la situation opérationnelle. »

Le mandat du NCSM Nanaimo était parfois de retrouver ces mines à l’aide de leur sonar pour qu’elles puissent être traitées. « Nous utilisions notre véhicule téléguidé (VTG) Seabotix, dirigé par une équipe de l’UPF(P) », fait savoir le Capc Hopkins.

Du point de vue du NCSM Nanaimo, l’exercice était une réussite totale, « offrant une occasion exceptionnelle de renforcer, de mettre en pratique et de développer les capacités de lutte contre les mines (LCM) de la MRC, dans un contexte multinational, interarmées et interalliés », déclare le Capc Hopkins.

Grâce à un rassemblement de militaires de la Force régulière et de la Réserve de différentes unités d’appartenance, le NCSM Nanaimo a intégré avec succès le concept de « Marine unique » et pour beaucoup de participants, il s’agissait d’une première participation à l’exercice RIMPAC et d’une première exposition aux opérations de lutte contre les mines.

Plongeurs clandestins et dauphins dressés

Les membres de l’UPF(P) étaient aussi occupés à bord de navires de pays partenaires. Pour mener des exercices de détection et de neutralisation de mines marines placées près des plages, les plongeurs-démineurs de la MRC sont montés à bord de l’USS Anchorage, un ponton de transport amphibie de la classe San Antonio récemment mis en service.

Les plongeurs faisaient partie d’une composante sous-marine de LCM qui travaillait dans des eaux très peu profondes et qui regroupait des plongeurs clandestins, des véhicules sous-marins autonomes et même des dauphins spécialement dressés pour détecter les mines sous-marines.

« Bon nombre de plongeurs-démineurs canadiens pourraient, de toute leur carrière, ne jamais voir tous les différents systèmes de LCM utilisés lors de l’exercice RIMPAC 2014 », affirme le lieutenant de vaisseau (Ltv) David Findlay, commandant en second de l’UPF(P). « En participant à l’exercice RIMPAC et en montant à bord de l’USS Anchorage, nous avons souvent été en contact avec des professionnels de la LCM provenant d’autres pays, et travaillant dans tous les domaines de cette lutte. »

Maintenant que l’édition de cette année est chose du passé, et que les participants ont acquis une précieuse expérience, la MRC se tournera vers l’exercice RIMPAC 2016.

Le Cam Couturier souligne l’importance d’opérations de collaboration comme l’exercice RIMPAC. « Aujourd’hui, aucun pays ne peut mener d’activités militaires d’envergure seul. Les coalitions sont la voie de l’avenir, voilà pourquoi nous devons nous entraîner maintenant, et l’exercice RIMPAC, c’est le plus grand cadre d’entraînement maritime. »