Restructuration des groupes professionnels de la MRC pour mieux appuyer la flotte de l’avenir

Galerie d'images

La Vigie - Printemps 2017 / Le 26 avril 2017

Par Darlene Blakeley

Comme la Marine royale canadienne (MRC) entreprend le plus important renouvellement de sa flotte de son histoire moderne en temps de paix, une restructuration des groupes professionnels militaires (GPM) s’impose pour préparer l’arrivée des nouveaux navires.

La Stratégie nationale de construction navale entraînera l’ajout de trois nouvelles classes de navires à la flotte actuelle (les classes Kingston, Victoria et la classe Halifax modernisée). L’intention et les directives du commandant de la MRC révèlent qu’il faudra des groupes professionnels modernes et souples. Il faut donc remanier les GPM des militaires du rang (MR) pour préparer l’effectif de la flotte de l’avenir.

Avant le remaniement, une analyse de professions (AP) des techniciens des systèmes de combat a commencé, à l’automne 2003, conjointement avec une étude plus vaste portant sur la mise en œuvre de domaines professionnels à la MRC. L’analyse visait à réunir en un seul GPM les professions suivantes : technicien d’armes navales, électrotechnicien naval (Acoustique), électrotechnicien naval (Communications), électrotechnicien naval (Tactique) et électrotechnicien naval (Gestionnaire).

Le groupe professionnel de technicien en génie des armes a été mis en service le 1er septembre 2011.

L’analyse suivante a restructuré les GPM du génie des systèmes de marine (ingénieur naval et électrotechnicien), à l’automne 2014. Le GPM d’opérateur de systèmes de mécanique navale a été analysé en janvier 2015 et celui de technicien de coque, en septembre de la même année.

« L’analyse visait à concevoir une structure professionnelle appuyant les priorités du commandant de la MRC : assurer l’excellence des opérations en mer, favoriser la transition vers la flotte de l’avenir, faire progresser les activités et dynamiser l’institution », selon le capitaine de frégate Luc Tremblay, directeur – Personnel et instruction de la Marine 3.

Dans le cadre de l’AP, on a tenté de cerner les tâches accomplies par les GPM traditionnels et d’évaluer les points communs.

« Les tâches communes ont donné lieu à plusieurs options de restructuration. On a retenu l’option d’un GPM commun appelé technicien de marine (Tech Mar), qui comprend les sous-groupes professionnels d’électricien et de spécialiste des systèmes mécaniques », explique le Capf Tremblay.

L’AP a ensuite permis de préciser les exigences du nouveau groupe professionnel, notamment les descriptions de poste, la structure des emplois et les changements à l’effectif, à la base du Plan de mise en œuvre de la structure des emplois militaires.

Le Capf Tremblay ajoute : « Le nouveau GPM de technicien de marine sera en principe mis en service le 1er mai et tous les GPM seront transférés à la nouvelle structure. Au cours des mois qui suivront, ce sera au tour de la Réserve, lorsque tous les postes de la Réserve auront été établis afin de compléter l’effectif. La Direction - Personnel et instruction de la Marine supervisera la mise en œuvre afin d’assurer la bonne gestion, à la formation adéquate et la présence de personnel compétent pour appuyer les opérations du nouveau groupe. »

Volet de la Réserve navale

Le volet de la Réserve navale a été retardé par l’examen de l’effectif de la Réserve. Après la conception du cadre de base du volet de la Réserve (technicien de marine), les détails de la structure définitive ont été précisés par un groupe de travail, lors d’une réunion d’une semaine au quartier général de la Réserve navale, en juillet 2016.

Le commandant adjoint de la MRC a approuvé ces détails en octobre 2016. Le nouveau GPM, qui s’inspire du sous-groupe des systèmes mécaniques et appuie la mission de la Réserve navale, jouera un rôle de renfort stratégique et sera composé de mécaniciens pouvant participer à la mise sur pied d’une force et à un large éventail de missions en mer et à terre. Les techniciens de marine dans la Réserve seront employés dans le soutien des équipes de sécurité navale, du Groupe des opérations tactiques maritimes (petites embarcations) et des patrouilleurs de la classe ORCA.

Approche multidisciplinaire

Le Capf Tremblay indique que la nouvelle structure forcera les marins à adopter une approche multidisciplinaire pour gérer les technologies complexes et pour se plier à la taille réduite des équipages proposés pour la flotte de l’avenir. Les techniciens de marine multidisciplinaires appuieront la flotte grâce à des compétences se rapprochant de celles de l’Organisation maritime internationale (OMI).

« Les grands navires commerciaux fonctionnent depuis des années avec un équipage minime, si on les compare aux navires de la MRC. Le GPM de technicien de marine suit les lignes directrices correspondantes de l’OMI sur les compétences, en matière d’effectif de la flotte actuelle et future. Nous sommes une organisation navale qui évolue dans un milieu maritime. Les techniciens de marine auront donc besoin d’une instruction spécialisée pour participer aux batailles internes et externes, éléments inexistants dans le milieu civil », rapporte le Capf Tremblay.

L’instruction des membres du GPM passera d’un processus global, soit un seul cours qui enseigne tout, à un processus modulaire. Le Centre de développement de l’instruction navale (Pacifique) concevra l’instruction complémentaire pour les techniciens de marine (n’ayant pas été donnée lors de l’instruction existante) et l’instruction continue pour les GPM traditionnels. Le processus d’instruction modulaire préviendra le dédoublement de l’instruction et permettra une formation plus efficace et en temps opportun pour les nouveaux membres. Une méthode a été élaborée pour cerner les besoins d’instruction complémentaire et à les rationaliser afin d’éviter de compromettre la sécurité de l’équipement, du navire ou du personnel.

Les gestionnaires de GPM et de carrières veillent à ce que les promotions continuent pour répondre aux besoins de la MRC et qu’elles aient lieu selon la méthode juste et transparente habituelle. L’avancement professionnel traditionnel se poursuivra dans les groupes professionnels traditionnels en 2017/2018. L’année prochaine, les gestionnaires de carrières du groupe de techniciens de marine prépareront une matrice pour qu’aucun des groupes professionnels traditionnels ne soit désavantagé en matière d’avancement professionnel et que l’ancienneté soit reportée de façon égale et juste. Cette matrice sera maintenue et modifiée au besoin afin de garantir l’impartialité, jusqu’à ce que tous les GPM traditionnels aient été entièrement intégrés au GPM des techniciens de marine.

Fierté chez les groupes professionnels traditionnels

Le Capf Tremblay indique qu’on a remarqué une certaine appréhension et différentes préoccupations chez les personnes touchées. « Les membres des groupes professionnels traditionnels sont fiers de leur groupe et ont indiqué sans réserve, dans leurs commentaires, qu’ils craignent que le nouveau groupe provoque une diminution de la spécialisation et qu’ils ont des doutes quant à leur place dans le nouveau mode de fonctionnement. Après de nombreuses assemblées générales et séances d’information, les marins commencent à voir les avantages d’une concordance avec les normes civiles. Ils savent qu’ils deviendront à la base des spécialistes de la maintenance accomplis possédant des connaissances générales des systèmes électriques, mécaniques et de la coque, un peu à l’instar de l’industrie maritime civile. »

Lorsque les marins seront spécialisés dans un des deux sous‑groupes professionnels, ils pourront effectuer seuls la plupart des réparations, sans avoir à faire appel au savoir-faire d’un membre d’un autre GPM comme avant et seront donc plus efficaces. Par exemple, un matelot de 1re classe du domaine mécanique ou électrique n’aura plus besoin de faire appel à un membre d’un autre GPM traditionnel pour enlever des fils avant de retirer une pompe; une seule personne effectuera ce travail, peu importe son sous-groupe professionnel.

« Le nouveau groupe professionnel, fort des compétences et des connaissances des GPM traditionnels, se rapprochera des compétences de Transports Canada et de l’OMI, afin de fournir l’efficacité et les compétences individuelles indispensables pour la flotte de l’avenir », précise le Capf Tremblay.

Après le GPM des techniciens de marine, l’examen complet des groupes professionnels des MR de la MRC se poursuit. On se penchera sur la structure des GPM responsables des opérations de pont afin d’accroître l’efficacité en harmonisant les GPM de steward et de manœuvrier, ainsi que certaines tâches de communicateur naval.

La prochaine AP commencera plus tard cette année et permettra d’étudier la possibilité de créer un nouveau GPM d’opérations de combat, regroupant les opérateurs d’équipement de combat naval, les opérateurs de détecteurs électroniques (Marine), les opérateurs de sonar et peut-être certaines fonctions du groupe de communicateur naval.

L’examen complet portait sur des groupes professionnels des militaires du rang; aucune directive n’a encore été communiquée au sujet de l’examen des groupes professionnels d’officier.

Avec des notes du premier maître de 2e classe Shaun Perry