Opération NANOOK 2018 : Les Forces armées canadiennes renforcent leurs capacités interarmées dans l’Arctique

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Nouvelles de la Marine / Le 7 septembre 2018

Par le lieutenant de vaisseau Linda Coleman

Au début du mois d’août, Halifax était en pleine canicule. Des membres des équipages des Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Kingston et Charlottetown se préparaient à naviguer vers le nord, et bon nombre d’entre eux étaient impatients d’échapper à la chaleur. Pendant ce temps, les troupes du Royal Canadian Regiment (RCR) à Petawawa (Ont.) emballaient leur équipement pour temps froid en attendant qu’un aéronef C-130J Hercules les transporte jusqu’à Iqaluit (Nunavut).

Plus de 300 membres des Forces armées canadiennes (FAC) ont été déployés en août dans le cadre de l’opération NANOOK 2018, la plus importante opération militaire annuelle du Canada dans le Nord, afin de renforcer la capacité des FAC de fonctionner dans des environnements austères et difficiles.

Pour la version de cette année de l’opération, la Marine royale canadienne (MRC) et l’Armée canadienne étaient responsables de mener un exercice de défense et de sécurité du domaine maritime dans le Nord du Labrador, au Nunavut et au Groenland, afin d’intégrer les capacités interarmées et les partenaires multinationaux pour favoriser une plus grande interopérabilité.

À la mi-août, le NCSM Charlottetown s’est joint au navire de guerre KDM Vaederren de la Marine royale danoise, dans la mer du Labrador pour mener un exercice de ciblage de véhicule de surface sans équipage Hammerhead, un exercice d’arraisonnement et une opération anti-sous-marine avec l’aide d’un aéronef P-8 Poseidon de la Marine des États-Unis et d’un aéronef CP-140 Aurora de l’Aviation royale canadienne.

Entre-temps, le NCSM Kingston a servi de « navire d’intérêt » suivi par le NCSM Charlottetown, la Marine danoise et les ressources de l’aviation. En réponse au navire d’intérêt, le NCSM Charlottetown a fait embarquer 20 membres du 1er Bataillon du RCR et deux Rangers canadiens à Iqaluit dans le but de les débarquer à un endroit stratégique pour démontrer leur présence et occuper le territoire par la force.

« Nous participons à l’Op NANOOK pour maintenir la capacité de mener des opérations dans l’Arctique, un environnement hors du commun qui présente de nombreux défis », a déclaré le capitaine de frégate Nathan Decicco, commandant du NCSM Charlottetown.

Et des défis, il y en a eu. Le NCSM Charlottetown devait se rendre dans l’Extrême-Arctique et faire débarquer les militaires sur l’île Devon. Le fort volume de glace dans le détroit de Lancaster a empêché le NCSM Charlottetown de naviguer jusqu’à ce point au nord. Les plans ont rapidement changé et l’exercice s’est déroulé plus près d’Iqaluit, où les troupes embarquées ont été déployées à Porter Inlet, au Nunavut, par des vents de 50 nœuds et sans arbres pour les protéger des intempéries.

« L’entraînement de nos membres dans le cadre de l’Op NANOOK avec nos partenaires et alliés est inestimable, a déclaré le Capf Decicco. Il est important que nous continuions d’exposer les planificateurs et les opérateurs à cet environnement arctique difficile pour comprendre ses complexités. La réussite repose sur la capacité de planifier, d’exécuter et de transmettre les leçons apprises ».

L’intervention en cas de crise ou de situations d’urgence dans l’Arctique exige une approche d’équipe coordonnée. Les exercices pangouvernementaux menés dans le cadre de l’opération NANOOK fournissent les outils nécessaires pour développer et améliorer notre capacité d’intervention collective rapide et efficace concernant des enjeux de sécurité et de sûreté dans l’Arctique.

« Les troupes ont besoin de vivre de telles expériences pour pouvoir mener des opérations interarmées », a déclaré le major John Doig, commandant de la composante terrestre de l’Op NANOOK 2018. « L’intégration avec l’équipage du navire, la conduite d’un atterrissage sur la plage dans des conditions météorologiques difficiles et la compréhension de la façon dont les autres travaillent sont essentielles à la pleine interopérabilité des opérations interarmées. »

La perte du moteur diesel de propulsion du NCSM Charlottetown a également posé un autre défi : le ravitaillement en carburant dans l’Arctique. « La nécessité d’utiliser nos turbines à gaz signifie que nous avons perdu notre économie de carburant pour nos activités courantes », a déclaré le Capf Decicco.

À partir de ce moment-là, le NCSM Charlottetown a dû soigneusement tenir compte de sa consommation de carburant pour chaque déplacement effectué pendant le reste de l’opération. Le navire est demeuré à l’ancre près d’Iqaluit pour conserver le carburant et être prêt au cas où une situation de recherche et de sauvetage surviendrait et qu’il serait appelé à fournir de l’aide.

À l’heure actuelle, Nuuk, au Groenland, est le seul endroit viable où la MRC peut se ravitailler en carburant dans l’Arctique. Des travaux sont en cours pour achever l’installation navale de Nanisivik près d’Arctic Bay, au Nunavut, qui soutiendra les opérations des nouveaux navires de patrouille extracôtiers et de l’Arctique (NPEA) et d’autres navires maritimes gouvernementaux comme installation d’accostage et de ravitaillement en carburant. L’installation devrait être pleinement opérationnelle à l’été 2019 et améliorera la capacité de la Marine à mener des opérations dans le Nord canadien.

Renforcer les relations avec les alliés et les collectivités locales

En plus des opérations interarmées, un échange de nuit a eu lieu entre le NCSM Charlottetown et le KDM Vaederren. Deux marins de chaque navire ont participé à un échange de postes, un programme qui aide à établir des relations et à renforcer l’interopérabilité.

Les navires Kingston et Charlottetown ont également visité Nuuk, notamment le quartier général du Commandement interarmées du Groenland, afin de continuer à renforcer la relation importante entre la Force de défense danoise et la MRC.

Pendant que le NCSM Charlottetown était amarré à Iqaluit, l’équipage du navire a invité les dirigeants et les médias de la collectivité à bord en plus de leur offrir une visite guidée à la fin de l’Op NANOOK, donnant ainsi à la MRC l’occasion de tisser des liens et de renforcer les relations avec les collectivités du Nord. Comme la MRC affecte un ou deux navires à l’Arctique pendant quelques semaines chaque saison, les collectivités du Nord ne voient pas souvent la MRC, ce qui rend ces visites d’autant plus importantes.

L’arrivée prochaine des NPEA et l’achèvement des installations navales de Nanisivik amélioreront la capacité de la MRC de renforcer ses relations futures avec les collectivités du Nord.

Programme des leaders canadiens en mer de la MRC en Arctique

Pendant l’Op NANOOK, le NCSM Charlottetown a également été l’hôte du programme Leaders canadiens en mer de la MRC en Arctique. « Le programme expose les dirigeants et les décideurs nationaux aux opérations navales dans l’Arctique et donne à la Marine l’occasion de faire valoir ses activités aux chefs de file canadiens dans le Nord », a déclaré le capitaine de corvette Kray Robichaud, officier supérieur d’état-major – Sensibilisation stratégique (Atlantique et Arctique Canada) à la MRC.

Les participants au programme Leaders canadiens en mer profitent d’une occasion inouïe de goûter à la vie à bord de l’un des principaux navires de guerre du Canada et d’interagir avec les plus grands ambassadeurs de la MRC – ses marins – pour mieux comprendre la mission de ces derniers au service du Canada. Ils acquièrent également une perspective de la vie en mer et comprennent l’instruction que chaque marin reçoit en plus de son métier en tant que tel, en observant directement la complexité de chaque évolution et en comprenant comment chaque sous-équipe interagit avec les autres et dans l’ensemble pour opérer un navire de guerre.

Au bout du compte, les participants du programme comprennent mieux le travail important que les marins accomplissent en mer, sous la surface et au-dessus de l’océan, ainsi que les compétences et la technologie qu’emploie la MRC pour défendre le Canada et mener des opérations partout dans le monde.

L’Op NANOOK a lieu chaque année depuis 2007. Il s’agit de l’opération phare des FAC, qui consiste à offrir des possibilités d’entraînement en Arctique, à établir des partenariats et à améliorer la disponibilité opérationnelle de ses participants.