Les membres du GOTN à bord du NCSM Calgary réalisent une saisie record d’héroïne

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Nouvelles de la Marine / Le 6 mai 2021

Par le capitaine Jeff Klassen, NCSM Calgary

Ce sont deux des gars les plus coriaces de la Marine royale canadienne (MRC). L’un devait être un archéologue sous-marin. L’autre, un joueur de clarinette basse.   

Le lieutenant de vaisseau (Ltv) Steve Dyck et le maître de 1re classe (M 1) Ryan Hart, tous deux de Winnipeg, jouent un rôle déterminant dans la lutte contre la criminalité et le terrorisme à l’échelle internationale, car ils dirigent une unité tactique spécialisée à bord d’un navire de guerre canadien actuellement déployé dans la mer d’Oman. Leur équipe d’arraisonnement, qui fait partie du Groupe des opérations tactiques navales (GOTN) et dont l’indicatif d’appel est Reef, est embarquée sur le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Calgary. Elle a directement contribué à la récente saisie de 1 286 kg d’héroïne effectuée par le navire, la plus grosse saisie d’héroïne de l’histoire de l'opération.  

Interrogés il y a quelques années, ni l’un ni l’autre ne se seraient vus dans cette situation.  

Le Ltv Dyck est né à Swan River, au Manitoba, mais a grandi à Eaglemount Crescent, dans le quartier Linden Woods de Winnipeg. Il a travaillé chez Toledo Food Service tout en poursuivant ses études à l’école secondaire Kelvin de River Heights. Après avoir terminé ses études secondaires, il a obtenu un diplôme d’anthropologie de l’Université du Manitoba et a ensuite travaillé dans des musées maritimes en Floride et aux Bermudes, puis comme plongeur professionnel chasseur d’épaves, effectuant des missions de recherche et de sauvetage. Il s’est enrôlé dans la Marine en 2013, car il avait un « plan de cinq ans assez solide » qui consistait à acquérir de l’expérience puis à prendre une retraite anticipée en tant qu’archéologue sousmarin. Or, à ses débuts, il a travaillé aux côtés des membres du GOTN et cette expérience l’a incité à changer de voie pour devenir membre du groupe en 2016.  

« J’étais pas mal fasciné par ce groupe de personnes très motivées qui travaillaient en équipe et qui offraient un nouvel ensemble de compétences à la Marine, ce qui pourrait avoir un effet direct partout dans le monde », a déclaré le Ltv Dyck, qui est maintenant le chef de l’équipe Reef du NCSM Calgary.  

Le M 1 Ryan Hart a grandi à Selkirk, au Manitoba, puis dans le quartier Saint-Boniface de Winnipeg. Son premier amour était la musique et, après l’école secondaire, il s’est inscrit à l’Université du Manitoba, où il s’est spécialisé en clarinette basse. Il lui a fallu un an pour se rendre compte que cette carrière n’était pas pour lui, alors il a pris une direction diamétralement opposée et est devenu grutier à l’aciérie Gerdau Ameristeel de Selkirk. Sept ans plus tard, ce travail ne lui suffisait plus. Il voulait voyager. Son grand-père avait servi dans la Royal Navy britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. En 2006, il a suivi ses traces et est devenu manœuvrier dans la MRC parce qu’il « aimait les tâches fastidieuses et les travaux difficiles ». Il a depuis fait le tour du monde avec la MRC et visité d’innombrables endroits à bord de divers navires.  

« Je pense encore beaucoup à Selkirk. Chaque année, je m’y rends et, sur le trajet depuis l’aéroport, je passe devant le laminoir, c’est ainsi que nous appelons l’aciérie. J’en garderai toujours un souvenir en moi », a-t-il déclaré.  

Le M 1 Hart est entré au service de l’unité tactique du GOTN comme premier patron d’embarcation de l’équipe en 2014, puis comme opérateur en 2017. Il est maintenant responsable en second de l’équipe Reef du GOTN à bord du NCSM Calgary.  

Les équipes du GOTN ne sont pas des forces spéciales, mais elles constituent un groupe tout à fait unique au sein de la MRC et sont spécialisées (en termes simples) dans l’utilisation des armes, le combat corps à corps, la descente en rappel, les arraisonnements de navires, les techniques d’enquête, la collecte de données de renseignement et la planification de missions tactiques. Contrairement à d’autres groupes professionnels de la Marine, les membres de ce groupe travaillent normalement sur divers navires, passant d’une mission à l’autre partout dans le monde. Ils constituent une nouvelle capacité pour la Marine, formée sous un autre nom en 2014.  

« Nous sommes une très petite unité qui se spécialise principalement dans la protection des navires et l’interdiction maritime. Je dois dire toutefois que nous sommes excellents dans notre domaine », a précisé le Ltv Dyck.  

C’est plutôt normal dans le monde militaire. On s’entraîne pendant des années, on se prépare, on perfectionne ses compétences, on participe à des exercices, on améliore ses capacités et celles de son équipe. Dans le cadre de la mission actuelle du NCSM Calgary, à savoir l’opération ARTEMIS, le Ltv Dyck et le M 1 Hart sont, pour la première fois, en mesure de montrer réellement ce dont est capable leur équipe le cas échéant.   

« L’opération ARTEMIS est le Saint-Graal des opérateurs du GOTN. C’est ce que chaque opérateur du GOTN se bat pour faire. Il s’agit en fait de mettre en pratique tous les efforts que chaque opérateur a déployés, depuis le processus de sélection jusqu’à l'entraînement, pour arriver au niveau où se trouve mon équipe en ce moment. C’est ce que le GOTN a été conçu pour faire : accomplir cette mission précise. Nous sommes vraiment prêts pour cela », a affirmé le M 1 Hart, un homme passionné par son travail.  

Le NCSM Calgary a connu un énorme succès au cours de son opération actuelle, qui s’inscrit dans le cadre des opérations de lutte contre la contrebande menées par la Force opérationnelle multinationale 150. Quelques jours après le début des patrouilles en avril, le navire a réalisé une saisie record d’héroïne, la plus importante de l’histoire des Forces maritimes multinationales. Le Ltv Dyck, le M 1 Hart et l’équipe Reef ont joué un rôle important dans ce succès, car ce sont eux qui ont procédé à la recherche et à la saisie des drogues.  

« C’est merveilleux de pouvoir agir pour un monde meilleur. Je n’insisterai jamais suffisamment là-dessus », a avoué le Ltv Dyck. Le M 1 Hart est du même avis.