Les frégates modernisées continuent de fournir un effet stratégique pour le Canada

La Vigie - Automne 2014 / Le 28 octobre 2014

Par Darlene Blakeley

L’une des frégates de la classe Halifax de la Marine royale canadienne est dans la mer Méditerranée avec les forces de l’OTAN. Une autre a pris part cet été au plus grand exercice maritime international dans le monde. Même durant l’un des programmes de modernisation les plus intensifs de l’histoire de la MRC, des navires de guerre sont toujours en mer en train de fournir un effet stratégique pour le Canada.

Les 12 frégates de patrouille polyvalentes construites au Canada sont considérées comme l’épine dorsale de la Marine et peuvent être déployées partout dans le monde – auprès de l’OTAN ou auprès de nations alliées individuelles. Mis en service de 1992 à 1996, les navires de la classe font à l’heure actuelle l’objet d’une modernisation planifiée de mi-vie qui comprend un nouveau système de gestion de combat (le CMS 330), de nouvelles capacités radar, un nouveau système de guerre électronique, des dispositifs de communication et des missiles modernisés et un nouveau système de contrôle de la plate-forme.

État d’avancement du projet

Il y a à l’heure actuelle 11 navires qui sont à l’une ou l’autre des étapes du radoub de mi-vie, selon Geoff Simpson, directeur du Projet de modernisation des navires de la classe Halifax/Prolongation de la vie de l'équipement des frégates (MCH/FELEX). Le dernier navire, le NCSM Toronto, qui est maintenant déployé à l’étranger, entrera dans la phase de pré-radoub de mi-vie en janvier 2015.

« Il est prévu qu’en date d’octobre 2014, quatre navires – le Halifax, le Calgary, le Fredericton et le Winnipeg – auront été retournés à la Marine en état de déployabilité, malgré certains essais de moindre niveau qui restent à faire », de dire M. Simpson. « Trois navires en seront à l’étape des travaux de l’entrepreneur du radoub de mi-vie : le Ville de Québec et le St. John’s aux chantiers Irving, et l’Ottawa aux chantiers Seaspan – Victoria. Des quatre autres navires, le Regina vient tout juste d’entrer dans la phase de pré-radoub, et le Montréal, le Charlottetown et le Vancouver en sont à la phase de l’après-radoub. »

M. Simpson dit que le projet progresse à l’heure actuelle selon les échéanciers, et il s’attend à ce que toutes les 12 frégates soient entièrement opérationnelles d’ici janvier 2018. Il est convaincu que les travaux entrepris durant le radoub de mi-vie permettront à la MRC de pouvoir compter sur des navires à la fine pointe de la technologie qui sauront répondre à ses besoins.

« Le projet de la MCH/FELEX gère à la fois la modernisation des systèmes de combat et un programme planifié de carénage de mi-vie afin de régler des questions d’amélioration des capacités et d’obsolescence, ce qui permettra de voir à ce que les frégates demeurent efficaces jusqu’à la fin prévue de leur durée de vie utile », explique‑t-il. « Ce radoub couvrira la modernisation des systèmes de contrôle des plates-formes ainsi que de plusieurs autres systèmes des navires, ainsi que l’installation de nouvelles capacités des systèmes de combat telles que des dispositifs de communication améliorés, des changements de radars et de suites de capteurs et l’intégration de tous les aspects des opérations des navires en un système de gestion du combat amélioré. »

Le premier en ligne

Le NCSM Halifax a été la première frégate à achever le radoub de mi-vie, et le commandant du navire à l’époque, le capitaine de frégate Christopher Peschke, dit qu’il est fier de ce que son navire et son équipage ont accompli. « Nous avons tenu nos croisières d’endurance de disponibilité opérationnelle standard [une série d’exercices menés à bord des navires de guerre pour mettre à l’essai et certifier les systèmes et l’équipage des navires], et le navire a obtenu d’excellents résultats. La plate-forme en soi a très bien fait en ce qui a trait à l’équipement modernisé. C’était donc un véritable plaisir. Cela montre que nous sommes sur la bonne voie pour ce qui est de la modernisation de la classe Halifax. »

Le Halifax a entrepris son programme de radoub de mi-vie en octobre 2010 et en est revenu en juin 2012. Les croisières d’endurance ont eu lieu en mars et en avril de cette année. « Le fait d’être le premier de la classe est extraordinairement difficile, étant donné que c’est vous qui découvrez où sont les problèmes du radoub de mi-vie, y compris toutes sortes de surprises », explique le Capf Peschke. « Mais le grand avantage est d’avoir un groupe de gens dévoués qui deviennent très rapidement des experts de ce qu’ils font. »

Les croisières d’endurance sont conçues de façon à intégrer l’instruction des membres de l’équipage afin de voir à ce qu’ils puissent effectuer le travail en question », ajoute le Capf Peschke. « Il s’agit de nous faire passer d’une plate-forme d’essai à une unité de combat capable d’exécuter toutes les tâches de mise sur pied de la force et d’emploi de routine que le commandant des Forces maritimes de l’Atlantique nous demande de faire. »

Un projet commun

Durant le radoub du Halifax, l’équipage a travaillé en collaboration étroite avec plusieurs organisations, y compris les chantiers Irving, Lockheed Martin, l’Installation de maintenance de la Flotte de l’Atlantique et le bureau de projet de MCH/FELEX.

Dès le début, il était prévu que la modernisation des 12 frégates allait être un projet commun. « Nous avons établi un partenariat avec l’industrie afin de créer un sens partagé d’appartenance du projet de modernisation des frégates », explique le vice‑amiral Mark Norman, commandant de la MRC. « Les travailleurs de chantiers ou les programmeurs de logiciels créent des capacités pour la MRC, les équipes de gestion de programme les livrent à la flotte, le personnel technique configure ces capacités pour qu’elles fonctionnent et les équipages des navires peuvent tirer avec succès sur des cibles. Grâce à eux tous, nous sommes en voie de mener à terme cette activité hautement complexe dans laquelle des milliards de dollars sont investis. »

Bien positionnée pour réussir

La première priorité de la MRC est l’excellence dans les opérations en mer. Selon le commodore Art McDonald, directeur général, Développement de la force navale, la modernisation des frégates du Canada est essentielle au maintien d’une capacité opérationnelle fructueuse qui est évidente depuis l’entrée en service de la classe Halifax au début des années 1990.

Il fait remarquer que ces améliorations apporteront aux hommes et aux femmes qui servent dans la MRC aujourd’hui les systèmes et les plates-formes dont ils et elles ont besoin en mer. « Cela permettra aussi de voir à ce que la MRC continue d’être bien positionnée pour réussir et même exceller dans toutes les missions qui lui sont assignées », dit-il. « De nouvelles armes et de nouveaux systèmes de capteurs permettront à nos navires de faire face aux menaces émergentes, et les dispositifs électroniques modernisés faciliteront une meilleure interopérabilité avec nos partenaires interarmées, alliés et des coalitions. »

L’interopérabilité est depuis longtemps au centre des efforts que la MRC déploie en matière de capacités, et elle continuera de sous-tendre toute la souplesse des options que la MRC offre en appui aux missions de la Stratégie de défense Le Canada d’abord tant au pays qu’à l’étranger. Les capacités améliorées livrées dans le cadre du radoub de mi-vie de la classe Halifax permettront de voir à ce que la MRC continue d’apporter une contribution pertinente à la défense du Canada et de ses intérêts en coordination étroite avec ses partenaires internationaux et ses alliés, d’ajouter le commodore McDonald.

Défis opérationnels

Il ne fait pas de doute que la modernisation d’un aussi grand nombre de frégates en même temps représente tout un défi. « Entreprendre un radoub de mi-vie pour la classe Halifax a posé des défis considérables, mais non insurmontables, des points de vue opérationnel, du matériel et de l’instruction », explique le Cmdre McDonald. « La MRC a dû planifier soigneusement l’ordonnancement du programme de modernisation de mi-vie afin de veiller à ce que la disponibilité de la flotte au plus fort du programme de la MCH soit suffisamment équilibrée pour permettre à la MRC de satisfaire ses engagements opérationnels et de tenir en même temps un entraînement efficace. »

Il ajoute que cela était particulièrement difficile, étant donné la petite taille de la MRC et le fait que l’efficacité du programme exigeait qu’une bonne proportion des principales unités de la flotte de la MRC allait soit entrer dans une importante période de radoub, être en plein dedans ou en sortir. « Une stratégie habilitante clé qui a facilité le succès du programme a été le passage stratégique d’un modèle d’instruction axé sur la plate-forme à un modèle d’instruction axé sur le marin, un changement qui a stimulé une grande innovation et donné lieu à l’élaboration de moyens plus flexibles de produire des équipages de navires hautement qualifiés et entraînés en peu de temps. »

Cela incluait l’instruction de certains marins à l’étranger en collaboration étroite avec des alliés dans le cadre d’un programme de coopération appelé Opération Regulus. « Grâce à une planification détaillée et à des processus innovateurs tels que ceux-ci, la MRC a été en mesure de satisfaire les engagements de défense qui lui sont assignés, comme le montre sa contribution continue à des engagements internationaux tels que l’Opération Artemis [mer d’Oman], l’Opération Caribbe [mer des Caraïbes] et, récemment, l’Opération Reassurance [mer Méditerranée], de dire le Cmdre McDonald.

Le programme s’est avéré un succès non seulement pour la MRC, mais aussi pour l’industrie, comme le montre l’acquisition récente du logiciel du système de gestion de combat CMS 330 (une composante importante du radoub de mi-vie) par une marine alliée qui mène parallèlement son propre programme de modernisation, explique le Cmdre McDonald.

À l’aube de ce qui est pour la MRC le plus important effort de recapitalisation en temps de paix de son histoire, les leçons apprises et les relations établies durant le programme de MCH/FELEX profiteront directement à la Marine, lorsque viendra le moment pour les grands programmes de construction navale tels que ceux du navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique (NPEA), du navire de soutien interarmées (NSI) et du bâtiment de combat de surface du Canada (BCSC) de commencer à tailler l’acier au cours des années à venir.

Article rédigé avec l’aide de dossiers de Virginia Beaton