La force opérationnelle dirigée par le Canada saisit 2,7 tonnes de drogues illicites

Galerie d'images

Nouvelles de la Marine / Le 24 février 2021

Par le Ltv Melissa Kia, OAP FOM 150

Le soleil passe langoureusement une ligne horizon à peine perceptible dans le nord de la mer d’Oman, sur une bande de mer connue sous le nom de « route du haschich », pendant qu’un navire suspect se dirige vers le sud, au large des côtes d’Oman. Le boutre est pris en filature par le Navire de Sa Majesté (HMS) Montrose, une frégate de la Royal Navy de type 23, qui a pour mission, sous le commandement de la Force opérationnelle multinationale (FOM) 150, d’arrêter les contrebandiers.

Il y a de fortes chances qu’une grosse saisie soit effectuée par l’équipage qui a intercepté plus de 275 kg d’héroïne il y a seulement 36 heures dans la même zone. La traque est lancée.

Au nord, à Bahreïn, se trouve le centre de commandement de la force opérationnelle navale FOM 150, qui relève du commandement du commodore (cmdre) Daniel Charlebois de la Marine royale canadienne (MRC). Dans ce centre, travaille l’équipe de l’opération ARTEMIS. La mission de la FOM 150 est de mener des opérations de sécurité maritime dans la mer d’Oman, le golfe d’Aden, l’océan Indien et la mer Rouge. 

Cette force opérationnelle relève des Forces maritimes multinationales (FMC), une coalition regroupant 33 pays qui se consacre à la sécurité, à la stabilité et à la prospérité de cette région.

Dans le centre de commandement, l’équipe de veille de combat de nuit travaille d’arrache-pied en coordination avec la frégate de la Royal Navy.

Les membres de l’équipe de veille de combat portent leur masque de protection contre la COVID-19 et adhèrent à de nouvelles habitudes de travail, notamment l’éloignement sanitaire et des mesures d’hygiène plus strictes pour assurer leur sécurité et maintenir une disponibilité opérationnelle élevée. L’objectif de l’état-major canado-australien est clair : empêcher les organismes terroristes d’utiliser la haute mer pour la contrebande d’armes, de marchandises et de drogues illicites, utilisés pour financer et soutenir toutes leurs activités illégales.

Le HMS Montrose, ainsi que d’autres ressources de la coalition, travaillent sous le commandement de la FOM 150 pour détecter, dissuader et, éventuellement, interdire les activités de contrebande. Après seulement une semaine sous la direction du Canada, la FOM 150 a intercepté plus de 500 kilogrammes de stupéfiants, ce qui les motive à en faire plus.

Dans le centre de veille de la FOM 150, le capitaine de corvette (capc) Trevor Robinson (MRC), officier chargé des opérations en cours de la force opérationnelle, reçoit un appel important concernant le navire filé qui se dirige vers l’Afrique orientale. Une série d’événements est alors déclenchée, et deux équipes d’arraisonnement sont à pied d’œuvre à bord du Montrose et attendent l’ordre d’aller de l’avant.

De tels ordres ne sont pas donnés à la légère par le Cmdre Charlebois et, pour cette raison, le major Angela Orme, avocate militaire de l’Armée canadienne, passe méticuleusement en revue une liste de contrôle pour confirmer que toute décision d’arraisonnement est conforme à la loi.

Pendant ce temps, le Capc Robinson dirige les différentes activités dans le centre de veille, s’assurant que des informations précises sont communiquées en temps utile entre le navire et son équipe. Une fois qu’il a reçu toutes les informations nécessaires, ainsi que le feu vert de l’avocate militaire, le Cmdre Charlebois prend sa décision pour que le Montrose procède à l’arraisonnement.

Après avoir reçu un briefing obligatoire sur les règles d’engagement en vigueur, les membres des équipes commencent à effectuer leurs préparatifs tactiques. Ils portent également leur masque et un équipement de protection supplémentaire pour pouvoir exercer leurs fonctions en toute sécurité dans un contexte de COVID-19 en mer. Une fois que le commandant a établi que son équipe est correctement informée et préparée, les équipes d’arraisonnement sont descendues à la mer dans des embarcations pneumatiques à coque rigide. Elles se glissent le long du flanc du navire de guerre et se fraient un passage dans les eaux nordiques de la mer d’Oman en direction du boutre.

Sous l’œil attentif du pilote de l’hélicoptère du navire, les équipes d’arraisonnement s’approchent prudemment du boutre. Ayant atteint leur objectif, elles remontent rapidement les plats-bords en bois munis de leurs armes et de leur équipement de protection. 

Avant de procéder aux perquisitions et aux saisies, et pour s’assurer qu’elles se conforment strictement aux conventions des Nations Unies, elles communiquent par radio avec le commandant du Montrose et attendent d’autres autorisations.

À Bahreïn, la demande du Montrose pour une autorisation de perquisition apparaît sur les écrans de l’équipe de veille de la FOM 150. Après avoir évalué les informations, les opérateurs transmettent leurs recommandations suivant leur chaîne de commandement et cherchent à obtenir un consensus juridique du commandant de la FOM. Après avoir effectué toutes les vérifications nécessaires conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, il envoie sa réponse à l’équipe de veille : « Allez‑y ».

Les équipes d’arraisonnement passent des heures sur le vieux boutre à saisir des cargaisons présumées illicites sac après sac. La quantité trouvée est si importante qu’elles ne peuvent pas tout faire passer sur les ponts supérieurs en même temps. Au cours d’une opération qui dure un peu plus de 10 heures, plus de 2,7 tonnes d’héroïne, de méthamphétamine en cristaux et de haschich sont interceptées avant qu’elles ne se retrouvent dans les rues; les produits saisis au cours de cette opération et des précédentes opérations d’interception menées par le Montrose sont d’une valeur en gros de 15 millions de dollars américains. Ces profits auraient fort probablement rempli les coffres d’un organisme terroriste ou criminel régional.

Après la réussite de cette opération d’interdiction et de la destruction des stupéfiants en mer, l’équipe du centre de veille de la FOM 150 et l’équipage à bord du Montrose reprennent la surveillance de leur zone d’opérations pour détecter d’autres activités suspectes. Leur mission consiste à empêcher les terroristes de financer leurs activités à même les profits provenant de la contrebande. La traque recommence.