La bataille de Kapyong, 70 ans plus tard

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Nouvelles de la Marine / Le 22 avril 2021

Cette année marque le 70e anniversaire de la bataille de Kapyong, et les cérémonies auront lieu du 21 au 23 avril 2021. La bataille, qui a eu lieu du 23 au 25 avril 1951, est reconnue comme l’un des événements les plus importants ayant contribué à la fin de la guerre de Corée (1950‑1953) avec la signature d’un armistice. Le 21 avril 2021, un livre commémoratif sera lancé au Monument commémoratif de guerre de Corée, à Séoul, en Corée, en l’honneur du KAPYONG 70, Hommage aux anciens combattants canadiens de la guerre de Corée. Un lancement de livre similaire est prévu au Canada le 23 avril 2021.

La vallée de Kapyong, à environ 60 km de Séoul, était un endroit stratégiquement important pour les forces des Nations Unies qui combattaient les forces nord-coréennes et chinoises envahissantes. Le plan connu sous le nom d’offensive du printemps visant à envahir la Corée du Sud a été contrecarré grâce aux actions héroïques des soldats canadiens au cours de cette bataille. Le 2e Bataillon, Princess Patricia’s Canadian Light Infantry (2 PPCLI), commandé par le lieutenant-colonel Jim Stone, était la principale force de l’ONU engagée dans la bataille après que les forces chinoises eurent chassé les alliés de l’ONU. Des soldats canadiens du 2 PPCLI, nommé Compagnie B, ont été rassemblés en vue de surplomber la vallée de Kapyong sur la colline 677, un endroit crucial, car il s’agissait d’une route clé vers Séoul.

Les Canadiens étaient nettement moins nombreux que les Chinois. Il y avait environ 700 soldats canadiens au sommet de la colline qui combattaient une force chinoise d’environ 5 000 personnes qui était mieux équipée. Toute la nuit, des soldats canadiens ont été bombardés de mortiers pendant qu’ils se mettaient à l’abri. Le point tournant de la bataille a été lorsque les Canadiens ont ordonné à l’artillerie de tirer « à proximité du danger », ce qui signifie que l’ennemi était si près de leur position qu’il risquait d’être frappé par des tirs amis. Ce ne fut toutefois pas le cas, et le tir d’artillerie précis a réussi à arrêter les forces chinoises qui avançaient. Les soldats ennemis ont reculé au milieu des obus qui arrivaient.

À la fin de la bataille, 10 soldats canadiens avaient été tués. Pourtant, compte tenu de la taille de la force ennemie, on pensait que toute la compagnie allait périr. Le lendemain matin, les soldats canadiens de la Compagnie B, ayant gagné la bataille, ont reçu un réapprovisionnement par largage aérien. La victoire a sans doute empêché les forces nord-coréennes et chinoises de prendre le contrôle de Séoul et de continuer à conquérir toute la péninsule. Après la bataille, il y a eu de longues périodes d’impasse entre les deux parties jusqu’à ce que l’ONU et la Corée du Nord signent un armistice en 1953.

Bien qu’elle n’ait pas participé directement à cette bataille, la Marine royale canadienne (MRC) s’est concentrée, pendant la guerre de Corée, sur les tâches d’escorte, le ravitaillement, le transport et les patrouilles côtières. Elle a également effectué des tâches comme la détection et la destruction des mines, la formation de barrages pour empêcher les navires ennemis de manœuvrer dans les eaux et le réapprovisionnement des navires alliés au sein de la coalition de l’ONU. Les trois premiers destroyers canadiens envoyés en eaux coréennes étaient les Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM)* Cayuga, Athabaskan et Sioux. Parmi les autres navires canadiens qui ont participé à la guerre de Corée, mentionnons les NCSM Crusader, Haida, Huron, Iroquois et Nootka.

Plus de 3 600 Canadiens ont servi dans les eaux au large de la Corée avant la signature de l’armistice, le 27 juillet 1953. Cependant, les forces navales de l’ONU ont continué de servir en évacuant les îles qui devaient revenir en Corée du Nord et en effectuant des patrouilles de routine. Ce n’est qu’en septembre 1955 que le dernier destroyer canadien a quitté la région.

Parmi les nombreuses tâches accomplies par la MRC pendant la guerre de Corée, mentionnons le bombardement de voies ferrées le long de la côte ennemie. Les destroyers canadiens qui ont servi au large de la côte est de la Corée faisaient partie du Trainbusters Club. Le terrain dans cette partie du pays obligeait souvent les voies ferrées à être près de la côte, ce qui faisait des trains des cibles tentantes. Les tirs de la Marine canadienne ont empêché de nombreux trains ennemis de livrer leur cargaison.

C’était un travail difficile et le danger était toujours à proximité. Le 2 octobre 1952, le NCSM Iroquois échangeait le feu avec une batterie de tir ennemie à terre lorsque le navire a été frappé directement. Trois marins canadiens sont morts et dix ont été blessés dans l’explosion.

*Fait à noter, le 6 février 1952, la reine Elizabeth II accéda au trône, après le décès de son père, le roi George VI (1895-1952). Au moment de son accession, le préfixe utilisé par les navires de la Marine canadienne a été modifié en anglais de His Majesty’s Canadian Ship à Her Majesty’s Canadian Ship (navire canadien de Sa Majesté).

Dossiers d’Anciens Combattants Canada.