Établir une relation de confiance avec les partenaires internationaux

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La Vigie - Hiver 2016 / Le 26 janvier 2016

Par Darlene Blakeley

Les opérations militaires fondées sur la collaboration au sein d’une coalition formée de pays idéologiquement proches sont devenues la norme. Voilà pourquoi l’instruction conjointe, dans le cadre d’exercices multinationaux à grande échelle, est primordiale pour assurer une interopérabilité fluide en temps de crise.

En octobre et novembre 2015, plus de 800 marins de la Marine royale canadienne (MRC) ont participé à l’exercice Trident Juncture, le plus grand exercice maritime de l’OTAN en plus de 20 ans. Dans le cadre de cet exercice, auquel ont participé plus de 60 navires de guerre et 120 avions militaires, les militaires canadiens ont collaboré avec des membres des forces armées de 34 pays.

Ce type d’exercice permet d’améliorer la préparation au combat des unités, de renforcer l’interopérabilité et de confirmer l’état de préparation opérationnel. Ces exercices renforcent également la capacité du Canada de collaborer avec ses alliés de l’OTAN et contribuent à réagir au contexte mondial changeant et difficile de sécurité. 

Le vice‑amiral Mark Norman, commandant de la MRC, explique que l’entrainement avec les alliés, dans le cadre d’exercices comme Trident Juncture, permet de voir les autres forces à l’œuvre – de déterminer quelles sont nos procédures communes – et d’établir un lien de confiance pour intervenir rapidement et collaborer de manière harmonieuse, en cas de besoin, dans le cadre d’une mission de combat ou humanitaire n’importe où dans le monde. Il est fier de l’excellent travail accompli par les marins de la MRC durant ces exercices multinationaux.

L’exercice Trident Juncture a testé diverses disciplines de combat en mer, notamment les débarquements amphibies dans quatre lieux, les activités des forces d’opérations spéciales, les sorties d’aéronefs de patrouille maritime, ainsi que des activités de formation côtières et de guerre sous‑marine.

Durant l’exercice, le NCSM Halifax a montré son savoir‑faire exceptionnel en mer en agissant comme plateforme de commandement. Il était le navire responsable de coordonner et de contrôler un groupe opérationnel pendant la durée de l’exercice – une première pour les navires issus du programme de modernisation de la classe Halifax.

Les NCSM Athabaskan, Halifax, Montréal, Goose Bay et Summerside, le sous‑marin CSM Windsor et le NCSM Winnipeg, provisoirement détaché de l’opération REASSURANCE, ont également participé à l’exercice.

Pour le contre‑amiral Tony Radakin, commandant de la marine britannique, ce fut un privilège de travailler avec la MRC dans le cadre de l’exercice Trident Juncture, notamment avec le groupe opérationnel commandé par le commodore Craig Baines, qui fut son commandant de lutte anti‑sous‑marine de la force. Durant l’exercice, le groupe opérationnel avait pour mandat de trouver, de suivre et d’attaquer les sous‑marins ennemis et de défendre les autres groupes opérationnels. Il avait également pour mandat de fournir un soutien direct et de concevoir l’espace de combat pour plusieurs assauts amphibies. Le contre‑amiral Radakin a ajouté que des officiers et des marins de la MRC ont travaillé sur son navire, le HMS Ocean, et qu’ils ont fourni un excellent soutien, que ce soit à titre de cuisinier, de logisticien, de membre du personnel de veille de combat ou de la salle des opérations, ou d’agent de liaison de la marine marchande. Il est impatient de collaborer de nouveau avec des personnes aussi professionnelles et enthousiastes.

Le NCSM Windsor fut le dernier bâtiment de la MRC à retourner au Canada au terme de l’exercice. Il est arrivé à Halifax à la mi‑décembre après avoir passé 101 jours – un record – dans les eaux de l’Europe occidentale, loin de son port d’attache. Le sous‑marin a participé, aux côtés de marines alliées, aux exercices multinationaux Joint Warrior et Trident Juncture.

Le vice‑amiral Norman a déclaré que ce déploiement est un jalon important pour la Force sous‑marine canadienne. Le NCSM Windsor a terminé avec succès le plus long déploiement jamais fait par un sous‑marin de la classe Victoria. L’exercice témoigne du soutien du Canada à l’OTAN, de la capacité importante de la Force sous‑marine du Canada à soutenir les Forces armées canadiennes et tous ses partenaires internationaux.

L’avantage d’avoir des frégates modernisées

Les avantages que procurent les nouvelles capacités de commandement, de contrôle et de défense aérienne, mises en place par le programme de modernisation de la classe Halifax, ressortent clairement dans des exercices comme l’exercice Trident Juncture.

Le vice-amiral Norman est d’avis que, dès que nos douze frégates de la classe Halifax auront été remises en service, le Canada aura plus de souplesse pour participer à des missions partout dans le monde.

Il ajoute que le radoub et la modernisation de sept des douze frégates sont maintenant terminés et ces dernières sont opérationnelles. Le projet respecte le budget et devrait se terminer au début 2018, grâce aux efforts des équipes des divers ministères et de l’industrie, notamment des centaines de techniciens et d’ouvriers hautement qualifiés. Il réitère que tous les intervenants – les hommes et les femmes qui se sont entraînés sans relâche sur ces nouveaux systèmes complexes pour mettre ces navires à l’épreuve – ont fait de l’excellent travail.

Maintenir de solides relations internationales

Le vice‑amiral Norman explique que les exercices multinationaux à grande échelle font également partie d’un objectif plus vaste du Canada, celui de maintenir de solides relations internationales avec d’autres pays.

Il ajoute que ces exercices permettent à nos marins de perfectionner leurs compétences, et de mieux collaborer avec nos alliés. Selon lui, ces exercices ouvrent également la voie à des relations constructives avec nos partenaires.

Le vice‑amiral Norman cite l’exemple du Chili, un pays avec lequel nous entretenons un partenariat productif dans le cadre d’exercices multinationaux, notamment le RIMPAC en 2014. Nous avions un besoin à combler et la Marine chilienne avait la capacité de nous aider. Voilà pourquoi nous avons entamé des discussions bilatérales qui ont mené à la conclusion d’une entente sur l’utilisation temporaire d’un ravitailleur chilien, l’Almirante Montt, pour assurer le réapprovisionnement continu de notre flotte en mer. Nous n’avons pas l’habitude de conclure ce genre d’entente, mais, dans ce cas‑ci, le Chili nous a réellement aidés. L’aide de nos alliés est précieuse et on ne sait jamais quand on en aura besoin.

Il ajoute que grâce au renforcement de l’expertise et de l’interopérabilité, nous avons noué des liens avec le Chili qui nous ont permis de combler rapidement notre besoin.

Le vice‑amiral insiste sur l’importance pour la MRC d’avoir la possibilité et le personnel nécessaires pour continuer à participer à ces exercices, afin de renforcer nos liens existants et d’en tisser de nouveaux.

Les exercices à grande échelle, comme l’exercice Trident Juncture, reflètent la visée plus ambitieuse de l’OTAN en matière de guerre moderne interarmées et prouvent que l’alliance est capable de répondre aux défis actuels et futurs en matière de sécurité et qu’elle est à l’avant‑garde. Le vice‑amiral Norman assure que la MRC continuera de participer aux missions interarmées alliées à l’avenir. Nos marins et aviateurs excellent lorsqu’ils se préparent pour les missions futures. Ils sont vraiment « Toujours là, toujours prêts ».