Des sous-mariniers, un équipage, une collectivité : cette vie est-elle pour vous?

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Nouvelles de la Marine / Le 9 juin 2021

Ens 1 Joshua Ehnisz

QG FMAR(P)

La collectivité des sous-mariniers compte parmi les groupes les plus intimement liés de toutes les Forces armées canadiennes. Ils sont les seuls professionnels appelés à prendre la mer qui mènent des opérations sous l’eau, dans un tube d’acier pendant des semaines.

Certains points m’ont semblé évidents après quelques contacts avec des sous-mariniers.

L’air n’est pas toujours exactement frais, on fait sa lessive à la main, les lits sont petits et le travail est exigeant, mais tout de même gratifiant. Il n’y a pas de fenêtres par lesquelles jeter un coup d’œil à l’extérieur, sauf deux périscopes, et les sous-mariniers travaillent fréquemment plus de 16 heures par jour quand ils sont en mer, mais en fin de compte il y a avec eux 58 autres sous-mariniers qui sont là les uns pour les autres.

Invité à parler de la collectivité des sous-mariniers, le lieutenant de vaisseau (Ltv) Nathan Haylett, officier de la navigation à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Victoria, a répondu : « Je me suis joint à la Force des sous-marins parce que je voulais être de la chose la plus effrayante des océans. J’y reste à cause des sous-mariniers ».

Un sous-marinier doit s’entraîner pour être capable d’exercer non seulement ses propres fonctions, mais aussi connaître celles de ses compagnons d’équipage, et il doit être en mesure de s’acquitter des tâches communes du bord. Chacun veille sur l’autre. Ces tâches ne sont pas aussi simples que l’apprentissage de l’emploi d’une imprimante. Il faut tout savoir du sous-marin pour garantir qu’il continuera de fonctionner comme prévu et il faut être en mesure d’appliquer ces connaissances dans des situations d’urgence, sous forte pression, tout en gardant son calme et son sang-froid.

L’avantage de la fonction tient au fait que l’équipage d’un sous-marin devient véritablement une famille. Les sous-mariniers forgent entre eux des liens qui ne se comparent à nul autre et, d’autre part, ils jouissent de plus de privilèges que leurs collègues des navires de surface et de quelques avantages que ceux-ci n’ont pas.

« Comme nos contacts avec nos proches peuvent être limités, des choses comme le Centre de ressources pour les familles des militaires ont beaucoup d’importance », remarque le Ltv Haylett. « Ces services permettent de voir à ce que nos familles ont un réseau de soutien quand nous ne sommes pas là. »

Les sous-mariniers sont ordinairement recrutés parmi les membres de la flotte de surface existante. Les marins qui ont déjà acquis des compétences en mer ont le plus de chances de devenir sous-mariniers.

Devenir sous-marinier n’est pas une mince affaire. Pour arriver à l’état de sous-marinier au plein sens du terme, un candidat doit réussir un bloc d’instruction rigoureux qui exige de multiples signatures de sous‑mariniers chevronnés. Au terme de cette instruction, le sous-marinier obtient ses « dauphins », insigne et symbole propre à la profession qu’un sous-marinier porte fièrement pendant toute sa carrière. Les dauphins indiquent clairement que le sous-marinier a réussi l’un des programmes les plus difficiles et les plus exclusifs que proposent les Forces armées canadiennes.

Interrogé sur le sens des dauphins, un sous-marinier a proposé la citation suivante :

« Ces dauphins, une fois que vous les avez portés sur votre poitrine, sur votre cœur, y laissent des marques profondes, encore là longtemps après que vous ayez rangé pour de bon votre uniforme ». Bud F. Turner, USS Stonewall Jackson

Le capitaine de corvette Dave Hendry, commandant actuel du NCSM Corner Brook, m’a donné à l’intention de quiconque envisage une carrière à bord d’un sous-marin le conseil suivant : « Travaillez dur. Étudiez assidûment. Devenir sous-marinier est un parcours de carrière dans la Marine gratifiant, mais extraordinairement difficile. Vous aurez plus de responsabilités, mais aussi beaucoup plus de liberté que vos collègues de la flotte de surface ».

Le NCSM Corner Brook est présentement en cale sèche et devrait regagner la flotte de la Marine royale canadienne au début de 2022. Il a été doté d’une gamme d’équipement nouveau, dont la torpille lourde Mark 48 Mod 7AT, un mât modulaire universel et une nouvelle suite sonar fondée sur le BQQ-10. Ces ajouts placent le NCSM Corner Brook à la fine pointe de la technologie des torpilles et l’harmonisent à un certain nombre de sous-marins des alliés du Canada.

Historiquement parlant, le Corner Brook a pris part à plusieurs exercices et opérations en mer, dont l’opération Nanook et l’exercice Noble Warrior. Il a contribué aux quelque 2 300  jours en mer accumulés par les sous-marins de la classe Victoria et devrait subir ses essais en mer menés par l’entrepreneur vers la fin de 2021.