Début de la production des nouveaux NPEA

La Vigie - Automne 2015 / Le 3 novembre 2015

Le capitaine de corvette Tom Sliming, directeur adjoint de projet du programme de navires de patrouille extracôtiers/de l’Arctique, discute de la toute nouvelle classe de navires de la Marine royale canadienne et de leur importance pour le Canada.

1. Quel est l’état actuel du programme de navires de patrouille extracôtiers/de l’Arctique?

Le programme de navires de patrouille extracôtiers/de l’Arctique (NPEA) est récemment passé de l’étape de conception à l’étape de construction. Le découpage des tôles du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Harry DeWolf, premier navire de cette classe, a été entamé le 9 juin 2015, au moment où les Chantiers Maritimes Irving Inc. ont amorcé la construction des premières composantes. La pleine production a été lancée le 1er septembre 2015. On prévoit la construction de six navires, dont le premier devrait être prêt au printemps 2018. Le dernier navire devrait être livré d’ici 2022. La première patrouille dans l’Arctique devrait avoir lieu d’ici 2019.

2. De quel type de technologie de pointe et d’armement ces navires seront-ils dotés?

Le principal armement du Harry DeWolf est un canon de 25 mm automatisé et contrôlé à distance. Grâce à sa grande précision et à sa cadence de tir élevée,  ce canon satisfait aux exigences du mandat constabulaire intérieur du navire. Ce dernier est également doté d’une passerelle à la fine pointe de la technologie, à partir de laquelle on peut exploiter l’ensemble de l’équipement du navire. Le recours à la technologie de pointe et à l’automatisation permet à un équipage de taille inférieure d’exploiter de façons sécuritaire et efficace les systèmes complexes mécaniques, de navigation et de communications.

Outre la haute technologie impressionnante, d’autres caractéristiques lui permettront de mener un large éventail d’opérations. Grâce à sa capacité de transporter une variété d’embarcations, de véhicules et de cargaisons (notamment des conteneurs) ainsi que d’accueillir à son bord un hélicoptère, le navire fournira à la Marine royale canadienne (MRC) et au gouvernement du Canada une plateforme très polyvalente à partir de laquelle on peut mener une gamme de missions importantes.

3. Ces navires sont-ils dotés d’une capacité de briser la glace?

Selon la définition technique de la capacité de briser la glace du NPEA, il peut naviguer dans des glaces. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment? Cela veut dire que lorsque le navire se retrouvera devant une banquise ferme de glace de première année d’un mètre d’épaisseur, qu’il parviendra à traverser les glaces, tout en maintenant une vitesse de trois nœuds. La réponse est donc oui, il peut briser la glace. Cependant, la MRC ne lui donne pas le nom de brise-glace, car cette appellation est réservée aux navires dont le rôle principal est de briser la glace. Ce n’est pas le cas des NPEA. Ce navire mènera plutôt des missions à l’appui du mandat de la MRC, qui l’obligeront, à l’occasion, de naviguer dans des eaux recouvertes de glace.

4. Combien de navires ont été nommés et pourquoi a-t-on choisi ces noms?

La flotte de NPEA est constituée de navires de la classe Harry DeWolf, dont le premier portera ce nom. Harry DeWolf est un héros de la Marine canadienne de la Deuxième Guerre mondiale. Ce thème s’applique aux six navires de la flotte, qui portent le nom de Canadiens et de Canadiennes dont les actes distingués et héroïques pendant leur service dans la Marine sont une source d’honneur et de fierté pour les Canadiens et la MRC. Parmi les cinq navires restants, quatre ont été nommés : Margaret Brooke, Max Bernays, William Hall et Frédérick Rolette.

5. Quels types de rôles sont confiés à ces navires à l’intérieur et à l’extérieur de la région de l’Arctique?

Les principaux rôles des navires de la classe Harry DeWolf porteront sur les patrouilles de souveraineté, la connaissance du domaine maritime et l’appui à d’autres ministères gouvernementaux, au besoin. Bien qu’il s’agisse de rôles traditionnels de navires militaires, avant l’arrivée des NPEA, ces rôles ont été impraticables dans l’Arctique. La MRC sera maintenant en mesure de réaliser son mandat dans toutes les régions de la zone économique exclusive du Canada.

Outre ces rôles principaux, le navire est doté d’un niveau remarquable de flexibilité qui lui permet d’appuyer plusieurs autres missions essentielles, conformément au mandat de la MRC et au-delà de celui-ci. Par exemple, l’appui d’opérations d’aide humanitaire et de secours en cas de catastrophe à l’échelle de l’Amérique du Nord; de missions de recherche et sauvetage; d’opérations de lutte contre le terrorisme; de réponse à des demandes d’aide au pouvoir civil provenant de gouvernements provinciaux ou territoriaux; de contribution aux efforts du gouvernement fédéral à l’appui de collectivités dans le Nord du pays, au‑delà des rôles traditionnels assumés par la Marine; et de soutien aux sciences et aux recherches conformément aux politiques et protocoles du gouvernement du Canada.

6. Quels seront les ports d’attache des navires?

Les ports d’attache des navires seront ceux d’Halifax et d’Esquimalt (C.‑B.). Afin d’offrir un dépôt de ravitaillement en carburant et de réapprovisionnement pour répondre aux besoins des navires  qui mènent des opérations dans l’Arctique, on construit des installations navales à Nanisivik (Nunavut).

7. Quelle est l’importance de ces navires pour le Canada?

Le gouvernement du Canada reconnaît la nécessité d’accroître la présence des Forces armées canadiennes dans l’Arctique en vue de réaliser ses obligations nationales en matière de souveraineté et de sécurité. Bordé par trois océans, le Canada a le plus long littoral au monde. Même si la MRC est capable d’exécuter des patrouilles de souveraineté et de présence dans les zones d’opération de l’Atlantique et du Pacifique, la flotte actuelle de navires n’a pas été conçue en vue de missions dans l’Arctique, car même d’infimes quantités de glace de mer peuvent empêcher la Marine d’accéder à une région maritime importante de notre pays. L’arrivée des NPEA changera cette situation. De l’île de Baffin au passage du Nord‑Ouest, en passant par la mer de Beaufort, la MRC sera là, elle aussi, lorsque les conditions de glace saisonnière dans le Nord sont propices aux intérêts commerciaux, aux touristes, aux aventuriers et aux activités illicites.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les NPEA et les héros de la Marine canadienne dont ils portent le nom, rendez-vous au site Web http://www.navy-marine.forces.gc.ca/fr/flotte-unites/npea-apercu.page.