Salle des opérations : démystifier le fonctionnement du « cerveau du navire »

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Style de vie - La vie en mer / Le 24 décembre 2019

Par le capitaine Jenn Jackson

À deux ponts sous la passerelle du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Ottawa se trouve une salle à accès restreint entourée de mystère.

Il s’agit de la salle des opérations, qui ne cesse jamais ses activités.

Des marins dévoués sont au poste pour assurer des quarts en mer 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, afin que le navire soit toujours prêt à combattre.

« Lorsqu’on voit un navire comme un organisme vivant, la passerelle représente les yeux, la salle de contrôle des machines joue le rôle du cœur, et la salle des opérations est le cerveau », explique le capitaine de corvette Will Chong, officier des opérations du NCSM Ottawa.

« Toutes les données des capteurs et les communications sont acheminées à la salle des opérations pour être analysées, afin que des décisions puissent être prises sur la meilleure marche à suivre pour appuyer la situation tactique actuelle. »

L’officier de la salle des opérations (OSO) se trouve au centre de la salle. C’est lui qui a la responsabilité générale de gérer la salle des opérations. Il travaille en parallèle avec l’officier de quart pour maintenir le rythme des opérations.

« L’équipe autour de vous est là pour qu’aucun renseignement ne vous échappe, et le superviseur de la salle des opérations (SSO) s’assure que tout le monde est sur la même longueur d’onde », explique le lieutenant de vaisseau (Ltv) Eric Dignard, l’officier de tactique et un des OSO du NCSM Ottawa.

Aussi opérateur d’équipement d’information de combat (Marine), le superviseur de la salle des opérations, agit comme liaison entre les équipes de bâbord, de tribord et les rangées avant, pour assurer le maintien du portrait tactique, et pour voir à ce que l’intention de la rangée arrière (l’OSO et directeurs de conduite de la guerre) soit communiquée vers l’avant.

« En tant que superviseur de la salle des opérations, vous êtes au cœur de tout ce qui se passe. Vous relevez de l’OSO et de personne d’autre, pour vous assurer que tout le monde est, faute d’une meilleure analogie, sur la même feuille de route », souligne le maître de 2e classe Hugh O’Neill.

« Les directeurs fonctionnent avec leur équipe respective pour informer l’OSO de la prochaine mesure à prendre ou du prochain plan. » 

Les équipes sont divisées en deux côtés selon leurs fonctions. L’équipe de tribord (côté droit), se concentre sur la guerre sous-marine. Le directeur de guerre sous-marine contrôle le tir des torpilles et supervise les opérateurs de sonars. L’équipe de bâbord (côté gauche) est dirigée par le directeur de guerre de surface, et voit au contrôle du tir des canons, du système d’arme de combat rapproché ainsi que de la guerre électronique.

Aux opérations des systèmes à bâbord, les opérateurs de détecteurs électroniques (Marine) utilisent leur équipement pour garder l’œil dans les airs et à la surface de l’eau entourant le navire. Les opérateurs d’équipement d’information de combat (Marine) établissent et maintiennent le tableau opérationnel commun, pour veiller à ce que l’information affichée à l’écran sous les yeux de l’OSO, des directeurs, de la passerelle, et enfin du commandant du navire, reflète fidèlement la situation qui évolue souvent rapidement.

Le dernier morceau de la salle des opérations, le directeur de la gestion de l’information, exerce ses fonctions à l’extérieur des opérations tactiques et voit à la circulation de l’information sur le navire et vers l’extérieur de celui-ci. Ce rôle est encore plus important lorsque le navire évolue au sein d’un groupe opérationnel et que plusieurs navires doivent mener des opérations ensemble, ce qui nécessite un flux d’information constant.

« L’aspect le plus difficile du rôle d’OSO est de savoir équilibrer le tableau tactique actuel, tout en gérant le calendrier du navire, en préparant les étapes futures du déploiement, en produisant des rapports externes et en faisant progresser l’administration du service », souligne le Ltv Dignard.

Ces défis sont également exprimés par le superviseur de la salle des opérations.

« Il faut être calme, garder son sang-froid et pouvoir se discipliner dans des situations très tendues et voir à ce que l’information circule dans l’ordre », ajoute le M 2 O’Neill.

Un aspect de la salle des opérations manifeste pour tous ceux qui ont l’occasion de l’observer est l’ampleur de l’esprit d’équipe qui y règne et les multiples occasions de mentorat qui y sont offertes, ce qui contribue au perfectionnement professionnel. C’est également le cas à l’extérieur de la salle des opérations.

« En tant qu’OSO à bord de l’Ottawa, j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir profiter d’innombrables occasions de perfectionnement professionnel en matière de commandement, allant du contrôle de multiples ravitaillements en mer aux réapprovisionnements à quai, aux départs de ports étrangers, en passant par le contrôle de nuit pendant la poursuite de navires d’intérêt », raconte le Ltv Dignard.

« Mais en réalité, ce que je préfère de mon rôle d’OSO, c’est de faire partie de l’équipe des opérations de la bordée de bâbord du NCSM Ottawa. Nous sommes ensemble depuis le début du Programme de préparation opérationnelle échelonné d’avant le départ pour la mission de déploiement, et nous avons participé ensemble aux Op NEON et PROJECTION. »

Le NCSM Ottawa est rentré le 18 décembre 2019 de sa mission en Asie-Pacifique où il a participé à l’opération PROJECTION.

Le navire et son équipage menaient des opérations de présence navale avancée dans la région, en plus de mener des activités de déploiement de coopération et de participer à des exercices navals internationaux avec des pays partenaires depuis le 6 août 2019.

Pendant le déploiement, ils ont aussi appuyé l’opération NEON, contribution du Canada à un effort multinational coordonné visant à appuyer la mise en œuvre des sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies contre la Corée du Nord.