Des opérateurs subalternes de sonar apprennent à entendre et à suivre un sous-marin

Style de vie - La vie en mer / Le 19 décembre 2019

Par le Capt Jenn Jackson

Pour les opérateurs de sonar, l’écoute est une forme d’art. Ils doivent non seulement écouter, mais aussi interpréter ce qu’ils entendent pour déterminer ce qui se trouve dans les eaux environnantes – surtout si ce qu’ils entendent peut être un sous-marin ennemi.

« En tant qu’opérateur de sonar, je dois toujours regarder au-delà des apparences », a déclaré le maître de 1re classe (M 1) Joseph Rempel, opérateur principal de sonar à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Ottawa, et ancien instructeur.

« Il faut se préparer pour réussir. Il faut déterminer l’emplacement potentiel du sous-marin et, si vous le localisez, vous devez être capable d’anticiper ses mouvements pour le suivre. »

Le matelot de 3e classe (mat 3) Trent Smith et le mat 3 Donald Legg sont deux des opérateurs subalternes de sonar du NCSM Ottawa, et ont reçu leur instruction professionnelle de base avant de se joindre à l’équipage du navire.

Le déploiement de l’Ottawa dans le cadre des opérations PROJECTION et NEON leur a donné à tous les deux l’occasion de mettre en pratique leurs compétences au cours de trois déploiements multinationaux réalisés en coopération – qui comportaient tous d’importantes composantes de guerre anti-sous-marine.

« Les exercices durant ce déploiement m’ont permis de mettre ensemble toutes les pièces du casse-tête », a déclaré le mat 3 Legg.

« Je me suis rendu compte à quel point j’étais préparé quand tout à coup une ligne est apparue de nulle part sur mon écran. J’ai reconnu son importance et peu de temps après il a été confirmé qu’il s’agissait d’un sous-marin que nous recherchions. »

« Ce fut une grosse poussée d’adrénaline de passer de la recherche à la chasse et de savoir que mon travail a contribué au succès des activités. »

« Trouver quelque chose est très gratifiant et un énorme sentiment d’accomplissement », a ajouté le mat 3 Smith.

« Nous cherchons toujours une aiguille dans une botte de foin énorme, mais quand nous la trouvons, il est important de ne pas la perdre dans le foin – il faut la suivre. »

Tous les deux estiment que la partie la plus intéressante de leur instruction professionnelle de base était l’accent mis sur l’analyse acoustique, même s’il s’agissait de l’aspect le plus difficile.

« Il y a beaucoup de renseignements à assimiler quand on apprend l’analyse acoustique », a déclaré le mat 3 Smith.

« D’une certaine façon, c’est comme apprendre un langage codé – à partir des sons que vous entendez et voyez sur votre écran, vous apprenez à les analyser pour déterminer le type de navire dont il s’agit en fonction de facteurs comme le nombre d’hélices que vous entendez et même le type de moteur qui est utilisé. »

« L’analyse acoustique consistait à prendre tout un tas de lignes et à les transformer en une image de ce qui se trouve dans l’océan autour de vous » a ajouté le mat 3 Legg.

« C’est comme écouter une voix en particulier dans une foule. »

L’analyse acoustique commence par l’acquisition d’une compréhension de base de l’océanographie – un aspect peu connu du métier d’opérateur de sonar.

« L’écoute est importante, mais avant de pouvoir écouter, nous devons savoir et comprendre où placer nos capteurs, et quelles seront leurs limites », a déclaré le M 1 Rempel.

« Pour savoir comment le son se propage dans l’eau où nous sommes situés, il faut analyser des facteurs tels que le type de fond marin, la profondeur et la température de l’eau de mer. Pour un opérateur de sonar, il est avantageux de s’intéresser à l’océanographie. »

Au début de 2019, des mises à niveau de la suite logicielle de conduite de guerre sous-marine des frégates canadiennes de patrouille de la Marine ont été annoncées, et ce changement permettra d’améliorer davantage les capacités des opérateurs de sonar.

Comme le travail d’un opérateur de sonar est intimement lié aux tactiques de guerre sous-marine, la majorité des tâches sont classifiées, ce qui signifie que les militaires ne sont pas autorisés à donner les détails de leur travail à leurs amis ou à leur famille. Les opérateurs gèrent cette situation en partageant leurs connaissances et les leçons apprises avec ceux qui exercent leur métier.

« Nous sommes un petit métier, mais une grande communauté », a déclaré le M 1 Rempel.

Si vous voulez en savoir plus, ou si vous souhaitez devenir un opérateur de sonar, consultez le site https://forces.ca/fr/carriere/operateur-sonar/ ou communiquez avec votre Centre de recrutement des Forces armées canadiennes local.