Biographie : Lieutenant Frédérick Rolette

Le lieutenant Frédérick Rolette fut un officier canadien ayant servi dans la Marine provinciale du Haut‑Canada. Il s'est distingué pendant la guerre de 1812, où il était reconnu comme un officier courageux et vif d'esprit. Le canton de Rolette (Québec), lieu historique situé sur la rive sud du fleuve Saint‑Laurent à environ 50 km au sud-est de Montmagny, tout près de la frontière américaine, a été nommé en son honneur, en 1868.

Frédérick Rolette (qui utilisait uniquement son prénom épelé « Frédérick » ou bien « Frédéric » dans certains documents de référence historiques, notamment son baptistaire) est né le 23 septembre 1785 dans la ville de Québec. C'est au début de l'adolescence qu'il s’enrôle dans la Marine royale comme aspirant de marine. Il retourne dans son pays natal en 1807 et obtient le grade de lieutenant dans la Marine provinciale, le service maritime du gouvernement sur les Grands Lacs d'Amérique du Nord britannique. Juste avant que la guerre éclate en 1812, Rolette se trouve à Amherstburg, dans le Haut‑Canada (maintenant l'Ontario), où il occupe les fonctions de lieutenant responsable du brick General Hunter. Lorsque la nouvelle du déclenchement de la guerre parvient à Amherstburg, le 3 juillet 1812, Rolette ne perd pas un instant et s'empare d'un vaisseau américain le Cuyahoga avant même que les membres de l'équipage ne sachent que leur pays avait déclaré la guerre à la Grande-Bretagne. La guerre de 1812 débuta ainsi sur cette importante prise, puisque des documents et des dépêches appartenant au général William Hull, un commandant américain, se trouvaient à bord du Cuyahoga, fournissant ainsi aux Britanniques une importante quantité de renseignements sur les forces américaines et leur déploiement.

Rolette est très actif durant la guerre. Il participe à des combats terrestres comme la bataille de Frenchtown (janvier 1813) et l’escarmouche de la rivière Canard. En plus de sa prise du Cuyahoga, Rolette serait l'artisan d'une douzaine d'autres captures pendant la guerre, dont celles de petites embarcations.

À une époque où il n'était pas coutume de décorer les militaires pour souligner leurs actes de bravoure (courage au combat), le nom du lieutenant Rolette figure pourtant à plusieurs reprises dans les dépêches d'officiers supérieurs pendant la guerre de 1812. À la prise de Détroit, le major-général Isaac Brock ne tarit pas d'éloges à l'endroit de Rolette : « Je vous ai observé en action. Vous rugissiez comme un vrai lion... je vais me souvenir de vous » [traduction], écrit le général. Le 11 octobre 1812, dans une lettre envoyée au lieutenant-général George Prevost pour lui raconter ce qu'il était advenu de deux navires britanniques, le Caledonia et le Detroit, Brock ajoute que le lieutenant Rolette possédait « le caractère d'un officier courageux et attentif » [traduction]. Lorsqu'il est blessé pendant la bataille de la rivière Raisin, Rolette refuse obstinément de quitter le champ de bataille. « On m'a confié cette arme, et ce serait pour moi un grand déshonneur si je devais l’abandonner » [traduction]. Le commodore Robert Barclay, qui dirigeait l'escadron britannique sur le lac Érié, en 1813, aura enfin affirmé ceci : « Tout le temps qu'il était sous mon aile, il [lieutenant Rolette] a eu un comportement exemplaire. J'ai eu de la chance de pouvoir compter sur un matelot aussi compétent » [traduction].

Le lieutenant Rolette est gravement blessé à Frenchtown et n'est pas en mesure de reprendre le service avant la fin de l’été cette année-là. Il occupe alors les fonctions de premier lieutenant (commandant adjoint) de la goélette britannique Lady Prevost lors de la bataille du lac Érié, le 10 septembre 1813. Lorsque le capitaine est blessé mortellement, le lieutenant Rolette prend les commandes et défend le navire « avec grand talent et bravoure » [traduction] avant d'être grièvement blessé à son tour, brûlé dans une explosion qui laisse le navire dans un état d'épave impossible à manœuvrer. Il abandonne son navire et le reste de la flotte britannique de Barclay, puis a le malheur d'être fait prisonnier de guerre jusqu'à la fin des hostilités.

À la fin de la guerre, Rolette rentre à Québec, où il est accueilli en héros. En reconnaissance de ses services, les citoyens de la ville lui remettent un sabre d'honneur de cinquante guinées. Rolette meurt le 17 mars 1831 à l’âge de 46 ans des suites de ses nombreuses blessures, dont il ne s'est jamais complètement remis. Il est d'abord enterré au cimetière de Saint‑Roch, puis le développement de la ville oblige le déplacement de dépouilles (y compris celle de Rolette) au cimetière Saint-Charles, en 1858. Il n'existe aucune photo ou peinture du lieutenant Rolette selon l'information disponible.