William Bruce Wetherall

Héros de la bataille de l'Atlantique / Le 7 mai 2020

Dans le cadre de notre couverture du 75e anniversaire de la fin de la bataille de l'Atlantique, l'histoire suivante est l'une de celles soumises par des Canadiens pour honorer le service d’un individu qu'ils ont connu et qui a participé à la plus longue bataille de la Seconde Guerre mondiale.


Par Garth Wetherall

Mon père, William Bruce Wetherall, a servi dans la marine marchande du Canada de 1941 à 1945. Pendant six longues années, la Marine royale du Canada (MRC), la marine marchande du Canada et l’Aviation royale du Canada ont été des piliers de la campagne connue sous le nom de la bataille de l’Atlantique.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale a éclaté, mon père vivait à la ferme de sa famille, avec sa mère et son beau-père, à Waterdown, en Ontario. Selon lui, les seules difficultés auxquelles la famille était confrontée à l’époque étaient de nourrir et de vêtir tout le monde en temps de guerre.

À l’âge « mûr » de 17 ans, mon père a menti sur son âge pour tenter de s’engager dans la MRC à Hamilton, en Ontario.

À l’époque, la Marine ne semblait pas avoir besoin de nouvelles recrues. C’est alors qu’un ami de la famille lui a conseillé de tenter sa chance dans la marine marchande.

Il disait qu’il s’était enrôlé parce qu’il croyait que ce serait une aventure.

Quelques semaines plus tard, il se rendait à Hubbards, en Nouvelle-Écosse, à l’école d’entraînement naval de St. Margaret’s Bay. Après avoir obtenu son diplôme, il a été nommé pilotin de la marine marchande et inscrit au bassin des effectifs à Halifax, où il a été affecté à son premier navire, le navire à vapeur (N.V.) Dartmouth Park, puis ensuite au N.V. Point Pleasant Park.

Ces navires ont effectué plusieurs trajets vers des ports à divers endroits autour du continent africain pour livrer des fournitures.

Au début du mois de février 1945, il a été invité à suivre l’instruction de radiotélégraphiste. Il a immédiatement été envoyé dans une école de radiotélégraphie à Toronto.

Pendant que mon père suivait son cours, son navire se dirigeait vers l’Afrique. Le 23 février 1945, à environ 500 milles au nord-ouest de Cape Town, en Afrique du Sud, le N.V. Point Pleasant Park a été attaqué par le sous-marin allemand U-510. Une torpille lancée par l’U-510 a percuté le navire, tuant huit membres de l’équipage de 58 marins sur le coup. Un autre marin a péri par la suite dans une embarcation de sauvetage. Pendant que le Point Pleasant Park commençait à couler, les membres de l’équipage qui restaient ont abandonné le navire dans des embarcations de sauvetage, sur l’ordre du capitaine, Owen Owens. L’U-510 a remonté à la surface et achevé de couler le navire à l’aide de son canon antiaérien de 37 mm.

Mon père affirme que n’eût été son cours d’officier des transmissions, il aurait été tué dans cette attaque, puisque la torpille a frappé le secteur du navire où il travaillait.

Lors de son témoignage dans le cadre du projet Mémoire, M. Wetherall a souligné que peu de gens connaissent la marine marchande et le rôle que cette dernière a joué dans la bataille de l’Atlantique. Dans l’entrevue, il a précisé : « Même aujourd’hui, beaucoup de gens l’ignorent. Et nos pertes, en matière de pourcentage, pendant la guerre, étaient les pires de tous les services ».

Mon père a reçu l’Étoile de 1939-1945, l’Étoile de l’Atlantique, la Médaille canadienne du volontaire avec agrafe et la Médaille de la guerre (1939-1945).