Héros de la bataille de l’Atlantique : Bill Wilson

Galerie d'images

Héros de la bataille de l'Atlantique / Le 24 juin 2020

Par le matelot de 2e classe (retraité) Bill Wilson, Réserve des volontaires de la Marine royale du Canada

Le matin du 8 mai 1945, le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Ottawa, de même que le destroyer NCSM Restigouche, se trouvaient à quai du côté de Dartmouth dans le port d’Halifax, après avoir escorté le navire de transport de troupes à vapeur Sithia jusqu’à Halifax, lequel avait transporté des membres des Forces canadiennes blessés qui rentraient au pays et un grand nombre d’épouses de guerre.

Vers 11 h 15, je travaillais sur mon canon Oerlikon sur le pont du pavillon de tribord quand j’ai entendu la corne d’un navire marchand qui se trouvait à proximité sonner à répétition. Nous savions tous que la guerre tirait à sa fin, mais lorsque j’ai entendu le signal incessant du navire, j’ai d’abord cru que c’était peut-être une urgence telle qu’une autre explosion à Halifax. Je me suis rapidement déplacé à bâbord et j’ai vu que le navire se trouvait entre l’arsenal maritime d’Halifax et le côté de Dartmouth, et qu’il se dirigeait vers la mer.

Au même moment, j’ai croisé le signaleur « Soup » Campbell, de Flin Flon, au Manitoba, qui tendait la main vers le câble contrôlant la sirène de notre navire en criant : « La guerre est finie! ».

En quelques secondes, tout le port s’est mis à faire du bruit et tous les navires marchands et les navires de guerre, petits et grands, ont fait retentir leur corne et leur sirène. C’était le jour de la Victoire en Europe, ou V.E.

Alors que nous nous précipitions tous en nous donnant des tapes dans le dos, l’appel a été sifflé pour annoncer une ration de rhum sur le gaillard d’arrière.

À cette époque, j’avais 20 ans, je n’avais pas l’habitude de prendre la ration quotidienne de rhum à laquelle j’avais droit. Je trouvais que deux onces de rhum à 11 h, c’était un peu trop et cela minait ma productivité tout l’après-midi. En outre, en refusant la ration, je recevais trois cents en échange, ce qui n’était pas négligeable puisque je n’étais payé qu’environ 1,50 $ par jour. Cependant, c’était le jour de la Victoire en Europe, la guerre était terminée en Europe, alors j’ai accepté de bon gré la ration supplémentaire du roi, qui, ma foi, se prenait bien.

Pendant que nous dégustions tous le rhum, le sifflet a annoncé que l’amiral avait ordonné l’ouverture de la passerelle. Cela signifiait que toute personne servant à bord du navire pouvait le quitter à tout moment, sauf si le navire est sous ordre d’appareillage, sans avoir à comparaître devant un officier pour l’« inspection » de routage.

Personne — homme ou femme, marin, soldat ou aviateur — n’oubliera où il était le 8 mai 1945.