Harrison « Petit H » Stumpf

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Héros de la bataille de l'Atlantique / Le 29 avril 2020

Dans le cadre de notre couverture du 75e anniversaire de la fin de la bataille de l'Atlantique, l'histoire suivante est l'une de celles soumises par des Canadiens pour honorer le service d’un individu qu'ils ont connu et qui a participé à la plus longue bataille de la Seconde Guerre mondiale.


P. Kelly Stumpf, PM 1 (à la retraite)
NCSM
Quadra

Mon père, le matelot de 2e classe (Mat 2) Harrison « Petit H » Stumpf, est l'un des milliers de Canadiens qui ont répondu à l'appel pendant la Seconde Guerre mondiale et qui ont participé de diverses manières à la bataille de l'Atlantique.

Il s’est joint la Réserve des volontaires de la Marine royale canadienne avec son frère aîné et mon oncle, Harold « Grand H » Stumpf. Mon autre oncle, Bobby, s'est enrôlé plus tard, quand il est devenu majeur.

Mon père vivait à Kitchener-Waterloo, en Ontario, et était l'un de huit enfants. Il s'est joint à l’effort de guerre parce que sa famille n'avait pas les moyens de le soutenir. Avec quatre frères et soeurs encore à la maison, il envoyait de l'argent pour soutenir sa famille pendant la période financièrement difficile des années 1940.

Mais il n'y avait pas que l'argent. C'était aussi la possibilité du danger, de la romance et de l'aventure qui l'attirait, comme c'était le cas pour tant de jeunes à l'époque.

L'aventure qu'il cherchait, il l'a trouvé.

Lors de sa première traversée de l'Atlantique à bord du navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Mayflower, le navire était équipé d'un poteau téléphonique à la place du canon principal. Le Mayflower a ensuite été équipé d'un canon principal fonctionnel en Caroline du Nord après son voyage de retour.

Alors qu'il travaillait sur un remorqueur, il est tombé à l'eau à Halifax pendant l'hiver, ce qui a endommagé un de ses poumons. Une autre fois, il était au régloir du viseur du canon principal de 4 pouces de son navire lorsque le souffle arrière l’a frappé de plein fouet; il n'a pas pu voir ni entendre pendant des jours. Mon père a également eu l'honneur de porter le cercueil de l'un de ceux qui ont perdu la vie le 11 septembre 1942, après que le NCSM Charlottetown  a été détruit par un U-boot ennemi pendant la bataille du golfe du Saint-Laurent.

Mon père m’a parlé d'un remède utilisé pour aider les marins à lutter contre le mal de mer, qui consistait à attacher un morceau de graisse de bacon à une ficelle que l'on avalait puis que l'on remontait. C'était peut-être l'une de ces stratégies semblables à celle qui consiste à se pincer le bras pour ne plus penser à la douleur d'une brûlure.

Le Mat 2 Stumpf a également navigué à bord du NCSM Eastview et traversé le canal de Panama pour rejoindre les combats dans le Pacifique. Cependant, lorsque le navire a atteint San Francisco, les bombes atomiques avaient été larguées sur le Japon et la guerre était terminée. Par la suite, le navire a reçu l'ordre de retourner à Vancouver, où mon père a débarqué et a pris un train pour rentrer à Kitchener-Waterloo. Il a toujours été déçu de ne pas obtenir son Étoile du Pacifique.

Une fois de retour à la maison, mon père, ses amis et ses frères ont fondé l'Association navale de Kitchener-Waterloo et ont construit le bâtiment eux-mêmes. Mon père a servi à l'Association navale pendant 13 ans en tant que capitaine d'armes. J'ai rencontré et épousé la petite-fille d'un chauffeur avec qui il était ami dans le club de l’Association lorsque nous étions en même temps dans les cadets de la Marine, et je me suis même marié dans ce même club.