Biographie : Premier-maître Max Leopold Bernays

Né à Vancouver (Colombie-Britannique) en 1910, le premier-maître (PM) Bernays entre dans la marine marchande à un jeune âge. Plus tard, au cours des années, il travaille à la Compagnie nationale de navigation du Canada. En 1929, il intègre la Réserve de volontaires de la Marine royale du Canada (RVMRC) et est mobilisé pour la Seconde Guerre mondiale en 1939.  

Travaillant à bord de petits navires, il devient en 1941 le capitaine d'armes de la corvette NCSM Matapedia, menant des opérations d’escorte de convoi dans l’Atlantique. En mars 1942, il est promu premier-maître intérimaire et désigné comme capitaine d'armes du destroyer NCSM Assiniboine de la classe River, qui participe également aux opérations d’escorte de convoi dans l’Atlantique, sous le commandement du capitaine de corvette John Stubbs, de la MRC. 

Le 6 août 1942, dans un intense combat de canon de surface contre le sous-marin allemand U-210, le NCSM Assiniboine profita du brouillard pour tenter d’éperonner et de couler le sous-marin ennemi. Les deux bâtiments lançaient des obus brisants à très courte distance, causant un incendie qui ravagea le pont et la timonerie de l’Assiniboine. Entouré par les flammes et la fumée, pendant qu’il pilotait le navire, le PM Bernays ordonna aux deux marins subalternes de quitter leur poste, le laissant seul à la barre et prisonnier de l’incendie. Assiégé par les flammes, il exécuta tous les commandements à la barre de manière à mettre l’Assiniboine en position contre l’U‑boot, ainsi que les tâches des deux télégraphistes, transmettant plus de 130 commandes par télégramme à la salle des machines. Plusieurs balles et obus atteignirent la timonerie, car l’ennemi concentrait ses tirs de canon et de mitrailleuse sur le pont. En fin de compte, l’Assiniboine éperonna et coula le sous-marin allemand U-210, dans ce qui fut considéré comme étant un combat âprement disputé, au cours duquel les Canadiens enregistrèrent une perte en vie humaine et 13 blessés.

Le PM Bernays reçut la Médaille pour actes insignes de bravoure (C.G.M.) pour le courage et le dévouement impavide au devoir dont il a fait preuve durant le combat. Cette distinction suscita une certaine controverse, car le Contre-amiral L.W. Murray de la MRC, Officier général, effectifs de Terre-Neuve, l’avait initialement recommandé pour la Croix de Victoria (V.C.). Si le comité des décorations et titres honorifiques de la MRC soutenait cette recommandation, les autorités britanniques estimèrent que la recommandation ne répondait pas aux critères rigoureux d’une V.C. et que le PM Bernays devait plutôt recevoir la Médaille pour actes insignes de bravoure (C.G.M.) – il fut l’une des deux personnes à recevoir la C.G.M. pendant la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, on reste encore convaincu qu’il méritait la distinction supérieure.

Après la guerre, le PM Bernays demeura dans la MRC et prit sa retraite comme premier maître le 20 février 1960. Il meurt à North Vancouver (Colombie-Britannique), le 30 mars 1974.