Document d’information : NCSM Oriole

Une force redoutable

Transcription

J’aime réellement lorsqu’un grain se produit inopinément; dans de telles situations, vous devez vraiment agir sur le moment. Évidemment, vous voyez le phénomène se développer à l’horizon et vous constatez les nuages bas de couleur foncée. Vous savez qu’ils viennent vers vous et vous voulez un peu faire avancer l’embarcation autant que vous le pouvez. Et puis, tout d’un coup, les nuages couvrent le ciel au-dessus de vous. Ce que vous ressentez lorsqu’une situation vous effraye et vous donne des sueurs froides, c’est ce sentiment que je cherche.

Bonjour, je m’appelle Vincent Nicolas MacLean. Je suis le maître de manœuvre adjoint à bord du NCSM Oriole. Avant de me joindre à l’équipage de l’Oriole, je n’avais aucune expérience de la navigation à voile du tout. Au départ, l’idée m’intimidait pas mal. Je ne savais pas… quoi que ce soit, en fait. C’est différent, une expérience brute. Vous savez que c’est sale, car il n’y a pas de douches. En plus, vous savez, vous puez un peu. Vous vous amusez, vous avez le mal de mer… c’est merveilleux. Indéniablement, je trouve l’expérience exaltante et, après tout, qui ne serait pas du même avis?

Quelques jours après le départ, nous avons atteint la côte de l’Oregon. Eh bien, tous disaient à quel point les conditions allaient être mauvaises, et j’avoue qu’elles étaient assez mauvaises. Nous nous dirigions vers le sud et luttions contre un vent du sud qui soufflait à environ 50 ou 60 nœuds. En fait, je mesure six pieds et le voilier est doté d’un franc-bord de six pieds; les vagues se dressaient tout de même six pieds au-dessus de ma tête.

Pour un marin qui n’a jamais navigué à bord d’un voilier, c’est, vous savez, pas mal… c’est une force avec laquelle il faut compter. Ce qu’il faut savoir sur la navigation à voile, c’est qu’il s’agit véritablement d’une lutte contre les éléments. Vous devez… vous n’allez pas être plus malin que Dame Nature. Vous n’allez pas la vaincre. La nature est omniprésente, et vous allez devoir composer avec elle lorsqu’elle se réveille. On me délègue beaucoup plus de responsabilités qui autrement ne me seraient pas confiées. En plus de hisser et d’amener les voiles, je suis essentiellement « officier de quart ». Et vous savez, j’ai des subalternes et je peux en prendre soin. Nous traversons ensemble les périodes difficiles et puis nous nous amusons. Lorsque je suis arrivé ici, je ne savais pas ce qu’était un spinnaker ni ce qu’était un gennaker, mais maintenant, j’ai la confiance en ma capacité de pouvoir naviguer moi-même le voilier.

Vous savez, j’aimerais avoir mon propre voilier un jour. En ce qui a trait à la façon dont je me sens, c’est… je ne sais pas. Je pratiquerais mon métier des années durant.

 

Histoire du NCSM Oriole

Le NCSM Oriole est le plus ancien navire de la Marine royale canadienne (MRC). Il a été construit en 1921 en tant que bâtiment amiral du Royal Canadian Yacht Club de Toronto, en Ontario, avant d’être mis en service dans la MRC en 1952. Ce voilier, dont le barrot fait près de 5,8 mètres, pèse environ 92 tonnes et compte 22 couchettes. L’Oriole est un ketch qui s’apparente à une goélette, à la différence que son mât d’artimon est plus petit que son grand mât et qu’il est plus surélevé vers l’arrière.

Toutes voiles dehors, le NCSM Oriole déploie quelque 1 220 mètres carrés de voile en Dracon. Le travail de déploiement de ces gigantesques voiles et de dégréement des mâts s’exécute manuellement; on ne trouve aucun treuil sur le bâtiment. La coque du NCSM Oriole est en acier, mais les ponts, la cabine, les claires-voies et les écoutilles sont tous en teck. L’Oriole est un solide yacht fort utile pour l’instruction axée sur le travail d’équipe et le matelotage. Sa participation à des courses a principalement pour objectif d’offrir à des équipages inexpérimentés d’autres possibilités d’instruction.

Notice biographique du commandant

Né dans une famille militaire à Summerside, dans l’Île-du-Prince-Édouard, le Capc Foran s’enrôle dans la Marine royale canadienne à Ottawa, à bord du NCSM Carleton, en 2003. Avant d’entreprendre sa carrière militaire en tant qu’officier de guerre navale, il œuvre pendant plusieurs années dans des programmes de formation à bord de grands voiliers hauturiers civils sur les Grands Lacs. À la fin de son instruction en 2006, le Capc Foran sert comme officier de pont sur le NCSM Moncton et le NCSM Shawinigan. Après avoir obtenu sa qualification d’officier navigateur de la flotte, il sert à titre de navigateur à bord du NCSM Glace Bay et du NCSM Moncton. En 2011, le Capc Foran se joint au Centre d’instruction des officiers de la marine à titre d’instructeur en navigation de la flotte. Il y donne également le premier cours sur les opérations dans l’Arctique. Il sert en tant qu’officier des opérations à bord du NCSM Summerside, puis à titre de second du NCSM Moncton dans le cadre de déploiements dans des théâtres d’opérations en Arctique, dans les Caraïbes, dans la mer Méditerranée et en Afrique occidentale. Parmi les missions terrestres auxquelles il participe, mentionnons la mission des Nations Unies au Soudan (opération SAFARI) et la Force opérationnelle multinationale 150 au Bahreïn, mission pour laquelle il reçoit une mention élogieuse du commandant. Avant de prendre le commandement du NCSM Oriole, le Capc Foran occupe la fonction d’officier de guerre côtière au sein du 5e Groupe des opérations maritimes. Il réside actuellement à Darmouth, en Nouvelle-Écosse, avec sa femme Lesley, où le couple s’adonne à la voile et à la marche avec leur chien Brisbane.