Une carrière dans la marine

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Nouvelles de la Marine / Le 1 août 2019

Pour George Edward (Ted) Jamieson, rien n'avait d'égal que la vie dans la marine. Ce membre de la bande Upper Cayuga des Six-Nations est né à Toronto et il a été cadet de la marine au début de son adolescence. Quelques années plus tard, il fut clairon dans la Réserve des volontaires de la Marine royale canadienne. Au commencement de la Seconde Guerre mondiale, il avait 18 ans et il fit partie du premier groupe de réservistes à être appelé. Il était encore dans la marine lorsque la guerre de Corée éclata.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Jamieson, un matelot de 2e classe de la section de canonnage, servit à bord du navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Stadacona, du NCSM Drummondville et du NCSM Cornwallis. Affecté aux convois au cours de la bataille de l'Atlantique, il aida à escorter les navires alliés le long des côtes canadiennes et lors de la traversée de l'océan.

Jamieson servait à bord du destroyer de classe tribal NCSM Iroquois lorsqu'on assigna au navire son premier tour de service dans les eaux coréennes en 1952. L'année précédente, à l'occasion de ses douze années de service, on lui avait décerné la Décoration des forces canadiennes (CD), et on avait aussi prolongé de cinq ans son service dans la Marine royale canadienne (MRC). À cette époque, le premier maître de 2e classe (PM 2) devint l'un des 3 621 membres de la Marine canadienne à servir en Extrême-Orient.

À bord de l'Iroquois, Jamieson utilisa la formation spécialisée qu'il avait reçue dans la guerre anti-sous-marine, servant à titre d'instructeur-chef du maniement des torpilles anti-sous-marines (TAS). En Corée, les marins avaient des tâches plutôt inhabituelles à exécuter. Étant donné que la petite marine de la Corée du Nord avait été détruite au commencement de la guerre, les équipages de la MRC n'avaient rien à craindre des destroyers ennemis. Les sous-marins ne présentaient pas non plus de danger, même si leur présence était toujours possible.

En Corée, les navires de la MRC eurent principalement pour tâche d'assurer le blocus des côtes ennemies, d'attaquer les postes côtiers ennemis et de protéger les îles avoisinantes. Comme il n'y avait pas de navires de guerre ennemis, ce sont les mines et les batteries ennemies sur la côte qui posaient les plus grands dangers au personnel naval.

L'Iroquois fut le seul navire de la MRC à être atteint par le tir d'une batterie côtière le 2 octobre 1952. Posté dans la mer de l'est (mer du Japon) sur la côte est, le destroyer tirait sur une voie ferrée quand il fut attaqué. Trois hommes moururent, deux autres subirent des blessures graves et huit, des blessures mineures. Jamieson fut épargné. Le lendemain, le destroyer retourna quand même au combat et bombarda des cibles ennemies sur la côte.

Jamieson resta à bord de l'Iroquois jusqu'en janvier 1953. Lorsqu'il revint à Halifax, il devint premier maître de manoeuvre. Le marin expérimenté était aussi un spécialiste des manoeuvres aériennes anti-sous-marines. Au cours de l'été de 1953, il fit partie d'une équipe affectée à un appareil sonar au sein d'une escadrille américaine d'hélicoptères anti-sous-marins en poste en Caroline du Nord. Par la suite, Jamieson servit comme premier maître de deuxième classe, instructeur-chef, à la Section du matériel d'instruction à Halifax. Il supervisait les instructeurs et préparait le matériel des cours et les examens. Cette même année, il fut aussi choisi par la MRC pour recevoir la Médaille du couronnement de la Reine. En 1955, il fut promu au poste de premier maître de première classe (PM 1), le grade de sous-officier le plus élevé dans la marine.

Le PM 1 Jamieson prit sa retraite de la marine en 1960, mais il maintint ses liens avec la marine jusqu'en 1965 puisqu'il fit inscrire son nom sur la liste de réserve d'urgence. Il commença une nouvelle carrière dans les services sociaux et travailla à titre de sergent d'état-major dans un établissement correctionnel pendant 15 ans, et ensuite, pendant 11 ans, à titre de conseiller dans un centre de traitement contre les drogues et l'alcool dans la réserve des Six-Nations. Jamieson mourut à Brantford en 1987 à l'âge de 65 ans.

Aujourd'hui sa veuve, Ruby, parle des réalisations de son mari avec beaucoup de fierté :

“Il a commencé au bas de l'échelle et a pris sa retraite avec le grade de premier maître de première classe - un jeune Indien de la réserve des Six-Nations. ... Pour lui, c'était un honneur de servir son pays.”

Article offert par Anciens Combattants Canada