Un matelot rend la pareille au Programme d’enrôlement des Autochtones

Nouvelles de la Marine / Le 4 juin 2018

Par Ryan Melanson

Lorsque le matelot de 2e classe Bridgett Doucett a choisi de participer au Programme d’enrôlement des Autochtones des Forces canadiennes (PEAFC), elle savait qu’elle s’intéressait à une carrière militaire. Or, elle ignorait tout du milieu et de la culture militaire. Une période d’introduction aux Forces armées canadiennes (FAC), sous la forme d’un programme rémunéré de trois semaines, était un moyen tout indiqué pour faciliter cette transition.

Quelques années plus tard, elle est opératrice de détecteurs électroniques de la Marine (OP DEM) et opératrice de conduite du tir. En plus d’avoir participé à des exercices de l’OTAN et visité Cuba et l’Amérique du Sud, elle a récemment obtenu sa première promotion au grade de matelot de deuxième classe. Il y a eu beaucoup de défis en cours de route, mais somme toute, l’expérience d’être payée pour voir le monde, acquérir de nouvelles compétences et nouer des liens avec ses compagnons de bord a été extrêmement positive, rapporte-t-elle.

« Tout revient à ce qu’on a la chance de voir et de faire, les beaux moments que l’on vit en mer. C’est impossible à vivre dans n’importe quel autre travail. »

Maintenant, elle donne à son tour au programme qui lui a fait découvrir les FAC en servant de mentor aux participants du PEAFC de cette année.

« Je suis très heureuse de participer au programme à nouveau, souligne le Mat 2 Doucett. Il m’a grandement aidée à me préparer à l’instruction élémentaire. Nous avons appris à faire les lits, à faire des exercices militaires et nous avons commencé à comprendre la vie militaire. »

Les participants visitent également différentes unités et ont un avant-goût de chaque élément des FAC, notamment grâce à des sorties en mer d’un jour, des vols en hélicoptère, des promenades en véhicules blindés légers, à une journée d’expérience des conditions de campagne, et plus encore. Dans le cas du Mat 2 Doucett, le fait de rencontrer des militaires en service dans le cadre du programme l’a aidée à arrêter son choix carrière, après avoir parlé avec un OP DEM.

« Il m’a expliqué tous les aspects du métier et nous en avons discuté, ce qui m’a aidé à prendre une décision éclairée. C’est un autre grand avantage offert par le programme. »

Le Mat 2 Doucett a grandi à Cap-Tourmentin, au Nouveau-Brunswick, et appartient à la Première Nation mi'kmaq de Lennox Island. Bien que ses racines autochtones n’aient pas toujours joué un grand rôle dans sa vie, l’occasion de renouer avec son bagage autochtone avec un groupe de pairs a également été l’un des points saillants du PEAFC.

« C’était vraiment agréable de rencontrer d’autres jeunes Autochtones d’origines différentes et d’établir un lien solide avec eux. Nous avons participé à des cercles de partage tous les deux jours, nous avons parlé d’une foule de choses et nous avons vraiment appris à nous connaître », mentionne-t-elle, en ajoutant qu’elle a gardé contact avec certains de ses collègues du PEAFC et qu’elle espère trouver d’autres moyens à l’avenir de faire le lien entre ses racines mi'kmaq et sa carrière dans les FAC.

Elle a également pu s’inspirer de l’histoire de sa famille. Son arrière-grand-père, Michael « Island Longboat » Thomas, a été le premier Prince-Édouardien à participer au marathon de Boston, en 1911. Il a fini la course malgré les injures et la discrimination raciale, un fait souligné par une statue de M. Thomas érigée sur l’Île, en 2014. Par ailleurs, sa grand-tante, Virginia Doucett, aujourd’hui septuagénaire, a servi comme officier naval, il y a près de 50 ans, ce qui est aussi une source de fierté pour le Mat 2 Doucett.

« J’ai toujours son histoire à l’esprit. Elle m’a inspiré à m’enrôler et elle m’inspire encore aujourd’hui. C’est une personne très forte. »

Le Mat 2 Doucett a aidé le groupe de participants de cette année à apprivoiser le milieu des FAC et a transmis ses conseils à ceux qui choisiront de s’enrôler dans les FAC après l’introduction de trois semaines.

« Je leur ai dit qu’ils doivent s’engager à fond dans ce qu’ils sont sur le point d’entreprendre, parce que ce n’est pas toujours facile, mais qu’ils auront aussi la chance de vivre des expériences formidables. »

Article publié avec l’autorisation du journal Trident.