Un marin va au bout de ses rêves

Nouvelles de la Marine / Le 25 février 2019

Il s’agit peut-être d’un cliché, mais le matelot-chef Malisa Ogunniya s’est jointe à la Marine royale canadienne (MRC) pour voir le monde.

Afro-Canadienne, dont la famille prétend avoir un lien de parenté lointain avec Viola Desmond, la première femme née au Canada à apparaître seule sur un billet de banque canadien, le matc Ogunniya exerce actuellement les fonctions d’administratrice des ressources humaines auprès des Canadiens affectés au Western Air Defense Sector sur la base interarmées Lewis-McChord près de Tacoma (Washington).

Bien qu'elle soit née à North York (Ontario) et qu'elle ait ensuite déménagé à Ajax (Ontario) avec ses parents et sa sœur jumelle, le matc Ogunniya était déterminée à élargir ses horizons.

« Je n'avais jamais quitté ma ville natale en Ontario avant de m'enrôler dans la Marine, et j'ai toujours été fascinée par le large et la mer, a-t-elle déclaré. Je me suis dit que si je voulais me rendre sur l’une ou l’autre des côtes, me joindre à la Marine était la meilleure façon de le faire. »

Et elle ne s’était pas trompée. Après s'être enrôlée en décembre 2007, elle a reçu sa première affectation à la Base des Forces canadiennes (BFC) Esquimalt (C.-B.), où elle a travaillé dans les sections de la solde et des dossiers de la salle des rapports, après sa formation de qualification à Borden (Ontario). Peu après, elle s'est jointe à l'équipage du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Algonquin comme commis au bureau du navire, réalisant ainsi son rêve d'aller en mer.

« Pendant cette affectation, j'ai été promue matelot de 2e classe et j'ai mené des opérations pendant l'exercice RIM OF THE PACIFIC à Hawaii, a-t-elle expliqué. J'ai aussi navigué en appui à l’opération CARRIBE, la mission de lutte contre le trafic de drogue, qui m'a fait visiter plusieurs ports en Amérique du Sud. »

En 2011, elle a été réaffectée à la salle des rapports de la Base d'Esquimalt, où elle a travaillé dans la section des demandes de remboursement, avant d'être mutée à la section du service à l’étranger. Pendant qu'elle travaillait à terre, elle a été promue matelot de 1re classe et a reçu le prix de reconnaissance du commandant de la Base pour avoir fait preuve d'un leadership et d'un dévouement hors du commun compte tenu de son grade et de son expérience.

« Par la suite, j'ai exprimé le désir de retourner en mer et, en janvier 2013, j'ai été affectée à bord du NCSM Winnipeg, où j'ai rapidement participé à des essais à cadence élevée en mer après le carénage, la mise à niveau et la modernisation à mi-vie du navire », a expliqué le Matc Ogunniya.

Elle a ensuite été affectée de nouveau à l'Op CARIBBE, puis elle a participé en juin 2015 à un déploiement de neuf mois à l'appui de l'Op REASSURANCE en mer Méditerranée.

C'est ce service qui lui a valu trois médailles : la Médaille du service opérationnel - Expédition, la Médaille du service spécial (OTAN) et la Médaille de l'OTAN Article 5. Elle a été promue matelot-chef juste avant le retour au pays du NCSM Winnipeg en février 2016. Quelques mois plus tard, elle a été affectée à la base interarmées Lewis‑McChord à Washington.

« Ce qu’il y a de mieux dans mon travail, ce sont les excellentes relations que j'ai nouées avec mes homologues américains et le fait de vivre et de travailler aux États‑Unis, a-t-elle affirmé. C'est très gratifiant d’éprouver un sentiment d’appartenance à une unité opérationnelle et de travailler dans le cadre d’une mission principale dont le but est de protéger en tout temps l’espace aérien d’Amérique. »

Son lieu de travail à Tacoma est à environ deux heures de route d'Esquimalt, donc le climat est presque le même. Toutefois, le changement le plus important qu’elle a constaté dans son travail au sein d’une petite unité aux États-Unis, c'est le fait qu’elle a dû se familiariser avec un certain nombre de postes afin de gérer efficacement l'organisation.

La camaraderie entre les Américains et les Canadiens est évidente. Ensemble, ils participent à des activités spéciales, ainsi qu’à des parties de hockey et de baseball animées.

La matc Ogunniya a affirmé qu'elle avait eu une carrière enrichissante et passionnante jusqu'à maintenant et qu'elle n'hésiterait pas à recommander la MRC aux jeunes.

« Cette carrière ne correspond pas à tout le monde, et je respecte cela, car on passe beaucoup de temps loin de chez soi et le travail n’est pas de tout repos, a-t-elle précisé. Mais je ne regrette pas mes décisions ni les endroits où je suis allée. Les lieux que vous visitez et les liens solides que vous tissez ne vous quitteront jamais. »

En un peu plus de 11 ans de service, elle se dit « très choyée » d'avoir réalisé son rêve en mer et d'avoir été affectée au sein d’une unité à l'extérieur du Canada.

« J'avais une idée de la carrière que je voulais et j'ai toujours l'impression que je ne fais que commencer. Mais dans 20 ans, je voudrai pouvoir remémorer ma carrière et me dire que j'ai vu tout ce que je pouvais voir et appris tout ce que je pouvais apprendre. »