Sous pression

Nouvelles du Pacifique / Le 2 octobre 2014 / Numéro de projet : 10-01-Pressure

Par Shawn O’Hara
www.lookoutnewspaper.com

À première vue, le caisson hyperbare de l’Unité de plongée de la flotte (Pacifique) (UPF (P)) ressemble à une machine à voyager dans le temps, ou même à une cellule de prison futuriste; mais les stagiaires du cours de plongeur-démineur ont vite appris que c’est le meilleur moyen de sauver la vie d’un plongeur.

 Réunis autour des nombreuses manettes, boutons et vannes protubérant des consoles, ils sont instruits sur les procédures pour traiter un plongeur dont le corps est acclimaté à diverses profondeurs et pressions.

La condition atmosphérique normale sur la terre ferme est appelée pression normobarique. Quand les plongeurs descendent sous la surface, la pression de l’eau et de l’air au-dessus d’eux augmente avec la profondeur. Cette pression supplémentaire provoque plusieurs changements dans la façon dont le corps humain traite les gaz dans leur sang tels l’oxygène et l’azote. Si un plongeur remonte trop vite à la surface, ces gaz peuvent former des bulles dans son sang et provoquer une situation très dangereuse appelé la maladie de décompression, ou maladie des caissons. Le caisson hyperbare peut ramener un plongeur à l’équivalent de la même profondeur et pression subies au cours de sa plongée. Cette procédure dans la chambre hyperbare permet à l’azote des bulles de s’échapper naturellement, ne laissant que de l’oxygène absorbable.

« Ça peut être un processus assez compliqué, mais c’est absolument essentiel de bien faire les choses, » explique le Mat 1 Mathew Kyte, instructeur à l’UPF(P). C’est juste une partie du cours plongeur-démineur, mais bien importante, et nous voulons nous assurer que tout le monde est prêt à tout. »

 Lorsqu’un plongeur fait surface et est considéré à risque de subir des blessures liées à la décompression, il est transporté au caisson hyperbare, qui fonctionne en pompant de l’air sous pression dans un récipient métallique. Le plongeur reste dans la chambre de quatre à huit heures, parfois plus, jusqu’à ce que la pression à l’intérieur puisse être réduite lentement à la normale.

 « Ne pas prendre les précautions appropriées en revenant à la surface peut causer toutes sortes de problèmes. La maladie de décompression et l’embolie gazeuse artérielle sont des problèmes pouvant être traités avec la chambre hyperbare », dit le Mat 1 Kyte. C’est un outil essentiel en situation d’urgence, et il constitue une partie très importante de l’instruction de plongeur-démineur. »

Les stagiaires rassemblés autour de la chambre, le Mat 1 Kyte explique la sensation que ressentent les plongeurs sur ​​la terre ferme dans la chambre.

 « Sentir cette pression sur la terre ferme est étrange, explique le Mat 1 Kyte aux stagiaires réunis. L’air devient très épais à cause de toutes les molécules d’air qui y sont entassées. Une tonne de choses étranges surviennent alors. »

Ces choses peuvent inclure un ton de voix plus aigu, comme quand on respire de l’hélium en raison des cordes vocales réagissant à la densité de l’air, de la chaleur provenant de la friction des molécules, et même le ralentissement des objets qui tombent en raison de la résistance de l’air lourd.

« C’est comme d’être assis dans de la soupe, dit le Mat 1 Kyte. Tout le monde est assis dans cette salle humide, les voix deviennent plus aigues et le taux élevé d’azote dans le sang fait que l’on se sent un peu ivre. On peut alors passer quelques heures bien étranges. »

La Chambre même a les dimensions d’une mini-fourgonnette, mais ses différents composants sont répartis dans plusieurs bâtiments des installations de l’UPF(P), chacune faisant l’objet d’un drill bien précis pour les stagiaires.

 L’air est amené par un apport sous pression et pompé dans le bâtiment de la chambre hyperbare, où son débit est alors contrôlé. En fonction de la pression à laquelle le corps du plongeur est acclimaté, les commandes peuvent être utilisées pour recréer la pression relative à l’intérieur de la chambre.

 L’instruction en médecine hyperbare et de décompression ne constitue qu’une petite partie de l’ensemble du cours de plongeur-démineur dans lequel les participants effectuent de l’entraînement physique et mental, de même que des opérations de forte intensité pendant un an.

Ceux qui réussissent à la fin seront des plongeurs-démineurs pleinement qualifiés, chargés de désamorcer et de démanteler des munitions explosives en surface et sous l’eau.

 « C’est un cours difficile. Vous devez être au sommet de vos capacités, dit le Mat 1 Kyte. Je pense que nous avons des gars formidables cette année, et j’en verrai beaucoup d’entre eux encore dans un an. »