RIMPAC 2014 de mon point de vue

Nouvelles du Pacifique / Le 18 août 2014 / Numéro de projet : 08-02-Couturier

Par le Cam Gilles Couturier, commandant de la composante maritime de la force multinationale, RIMPAC 2014

On pourrait demander ce que cela représente d’être le commandant de la composante maritime de la force multinationale (CCMFM) pour RIMPAC 2014. Mais, avant toute chose, il faut comprendre ce que je viens de dire.

L’exercice Rim of the Pacific (RIMPAC) est le plus vaste exercice maritime du monde. Il est mené dans les îles hawaïennes et aux alentours depuis 1971. Il rassemble les forces militaires armées de pays qui ont des territoires ou des intérêts importants dans l’océan Pacifique. La contribution maritime du Canada comprend des plongeurs, un avion de patrouille maritime, des navires et des sous-marins de guerre et leurs équipages.

Pour la Marine royale canadienne, ce fut une occasion formidable de faire faire à nos navires de guerre, nos équipages et nos plongeurs un éventail de tâches complexes et difficiles pour nous assurer de maintenir l’état de préparation élevé que les Canadiens attendent de nous.

Récemment, un grand nombre de pays ont décidé d’employer les ressources militaires, comme celles mises à contribution lors du RIMPAC, pour venir en aide aux pays dévastés par une catastrophe naturelle. Les forces militaires peuvent se révéler précieuses lors d’opérations de secours aux sinistrés et d’aide humanitaire.

L’exemple le plus récent est l’opération d’aide qui a suivi le passage du typhon Haiyan aux Philippines, le 8 novembre 2013.

Nous devons être prêts à tout ce que nos gouvernements pourraient nous demander de faire. Nous nous entraînons donc à mener des opérations de toutes sortes.

Par exemple, nous nous entraînons à mener des opérations d’interdiction maritime, des opérations antipiraterie et des opérations de neutralisation de mines et d’évacuation de zones dangereuses, comme un pays sur le point d’entrer en guerre. Sur les navires de guerre, nous faisons des exercices de tir et affinons nos capacités à repérer les sous-marins au moyen d’avions, de navires et d’hélicoptères et à nous défendre contre les missiles air-surface. C’est ce à quoi doit se préparer une force militaire. La sécurité des espaces communs mondiaux qui permettent la libre circulation des marchandises est chose sérieuse.

Maintenant que vous en savez plus sur RIMPAC, je vais vous expliquer ce que cela représente d’être le commandant de la composante maritime pour RIMPAC.

En bref, cela tient aux gens, les militaires qui travaillent sur les navires et dans les sous-marins, qui se déplacent en avion et en hélicoptère et débarquent sur les plages. La formation leur est destinée et ce sont les personnes les plus professionnelles que vous puissiez rencontrer. Pour s’assurer que les forces militaires de chaque pays reçoivent la formation à laquelle elles s’attendent, il nous fallait un plan et c’était là que j’intervenais.

Pendant près de deux ans, et sous la direction constante du vice-amiral Kenneth Floyd et de son état-major de la troisième flotte de la marine américaine, nous avons travaillé avec tous les pays participants à concevoir un plan qui répondait à leurs besoins et à leurs attentes. Puis, nous l’avons exécuté.

Nous avons commencé par des exercices de base, pour nous assurer que nous pouvions travailler ensemble en toute sécurité, puis nous en avons accru la complexité, en y ajoutant des éléments, des scénarios et des gens. Forts des conseils utiles de chefs hors pair et de l’état-major de tous les pays participants, nous avons exécuté et adapté nos plans et c’est cela le travail de l’amiral. Je déplace les forces dans un théâtre d’opérations pour accomplir la mission qui m’a été confiée. On ne peut y arriver qu’avec une excellente équipe et RIMPAC m’a offert la meilleure équipe de coalition qui soit!

Je travaillais en étroite collaboration avec des Chiliens, des Australiens, des Américains ainsi que des militaires de la plupart des 22 pays participants. Je considère comme un privilège d’avoir pu être le commandant de la composante maritime de RIMPAC 2014.

J’ai eu l’honneur de travailler avec la fine fleur de ces 22 pays. Ces militaires s’entraînent sans relâche, se serrent les coudes et apprennent les uns des autres. Ils le font avec le sourire, sachant que ce qu’ils apprennent et vivent durant RIMPAC feront d’eux de meilleurs professionnels. Ils savent aussi que cet entraînement se révélera inestimable lorsqu’ils seront envoyés à l’étranger, peu importe où dans le monde.

Je le sais, car je les connais. Être commandant, c’est donc tout cela. C’est aussi faire avec plaisir un travail qu’on adore. J’ai dit que les professionnels des 22 pays travaillaient le sourire aux lèvres. Vous pouvez donc imaginer à quel point j’ai pu sourire depuis le début de cet exercice.