Profil Invictus : Derek Speirs

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Nouvelles de la Marine / Le 18 octobre 2018

Même s’il n’a jamais officiellement appris à nager, Derek Speirs a toujours voulu être sous‑marinier. Il n’aurait jamais imaginé représenter son pays aux Jeux Invictus.

En 2006, il a subi une grave blessure au dos à la suite d’une crise causée par le trouble de stress post‑traumatique (TSPT).

« J’ai commencé à avoir des problèmes de TSPT, mais j’ai aussi commencé à avoir des moments d’absence. Je pensais que c’était lié au TSPT, mais j’ai appris, deux ans plus tard, en 2006, que j’avais eu des crises. Un mois après l’avoir découvert, j’ai eu une grave crise et je me suis blessé au dos. »

Mais M. Speirs était impatient de revenir faire ce qu’il aimait.

« Après les crises, tout ce que je voulais, c’était retourner en mer », a-t-il dit.

Lorsqu’on lui a demandé pourquoi il s’était enrôlé dans la Marine royale canadienne, M. Speirs a répondu ceci :

« J’avais 5 ou 6 ans quand j’ai vu Star Wars pour la première fois. J’avais tous les jouets et tous les vaisseaux spatiaux. »

« Puis, quand j’avais 7 ou 8 ans, j’étais à Montréal avec mon père. Un des vieux sous-marins était amarré dans le port et j’ai complètement capoté. Je me suis dit : Ouah! C’est un vaisseau spatial sous l’eau. C’est ce que je veux faire. Tout ce que j’ai fait dans l’armée visait cet objectif. »

Après s’être enrôlé en 1989, M. Speirs a finalement terminé sa formation de sous-marinier en 2002.

M. Speirs a depuis pris sa retraite des Forces armées canadiennes en raison de son TSPT et de problèmes de dos. Alors qu’il faisait la transition vers sa nouvelle vie après sa blessure, il a pris conscience de la façon dont ses pensées négatives l’affectaient.

« Ceux qui sont libérés pour raisons médicales, nous ne nous souvenons pas. Je ne me souvenais pas de tout le bien que j’avais fait. Je me souvenais seulement de toutes les conneries qui se sont passées. À un certain moment, je me suis senti déprimé parce que j’avais mal au dos. »

« J’ai dit quelque chose sur Facebook et un ami d’Halifax m’a dit : Derek, sais-tu que tu as influencé beaucoup de gens simplement par ton changement de style de vie? Tu as toujours été gentil avec moi, tu as toujours été bon avec moi et je t’admirais. J’ai été complètement époustouflé parce que je ne me souvenais de rien de tout ça. »

Le même ami a envoyé à M. Speirs le formulaire de candidature pour les Jeux Invictus environ un mois plus tard.

« Je me suis mis à rire parce que je me disais : Je ne fais pas de sport, je peux à peine marcher et je suis un vrai désastre », se souvient-il.

À sa grande surprise, il a été accepté comme compétiteur. Il ne pensait pas pouvoir rivaliser. Mais il a vu de quoi il était capable lors de son premier grand camp d’entraînement pour les Jeux plus tôt cette année à Halifax.

« Le premier matin, au début de l’entraînement, nous avons commencé à la piscine et je me souviens que l’entraîneur a dit : Fais 50 mètres aussi vite que tu peux. »

« J’ai fait 50 mètres et j’ai cru que j’allais mourir. »

« J’avais avalé de l’eau et j’étais épuisé et je me suis dit : Oh non! Dans quoi je me suis embarqué? »

M. Speirs a dit qu’au fur et à mesure que la semaine avançait, il a écouté et appliqué les instructions de son entraîneur et a commencé à voir des résultats. À la fin de la semaine, tout le monde, y compris l’entraîneur, a participé à une course de 25 mètres qu’il a gagnée.

« Partir de l’idée que j’allais me noyer pour finalement gagner une course, c’était fantastique, j’ai adoré. »

Après les Jeux en Australie cet automne, M. Speirs devra subir une chirurgie majeure au dos, une fusion vertébrale à plusieurs niveaux, qui sera suivie d’une période de réadaptation pouvant aller jusqu’à six mois. Il est optimiste quant à son rétablissement.

« Le chirurgien m’a dit que j’ai de la chance parce que je suis en forme maintenant, il faut six mois à une personne qui n’est pas en forme. Maintenant, je suis en forme, donc ça pourrait me prendre trois mois, voire deux mois. »

« J’ai des exercices à faire à la maison, mais j’ai beaucoup d’amis, ma copine est infirmière et elle va donc pouvoir s’occuper de moi. J’ai vraiment de la chance. »

Pour l’instant, M. Speirs se concentre entièrement sur ce qui l’attend en Australie et sur ce que cela signifie de représenter son pays à Invictus.

« C’est un sentiment formidable de porter les couleurs du Canada, en voyant d’où je suis parti et où je suis maintenant, je suis fier de représenter mon pays, ma famille, mes amis et mes camarades anciens combattants. »

« J’ai hâte d’aller en Australie. Ça va être incroyable. »