Naviguer dans les Prairies jusqu’au Pacifique

Nouvelles du Pacifique / Le 3 juin 2015 / Numéro de projet : 06-02-Terry

Rachel Lallouz
Rédactrice attitrée

Transporter des bottes de foin et enlever des roches dans les champs de céréales de sa famille étaient pratiquement les seules choses à faire pour la préadolescente Tracy Terry dans la petite ville de 1 000 habitants de Smoky Lake en Alberta. Ce n’était pas une ville riche, ce qui signifie qu’il n’y avait pas beaucoup de programmes récréatifs gratuits pour les jeunes à cette époque (1984), sauf un, les Cadets de la Marine royale canadienne.

Tracy Terry, qui souhaitait laisser derrière elle la poussière des champs présente sur ses pantalons et qui était séduite par la promesse de formation par l’aventure en plein air, les rencontres sportives, le maniement sécuritaire des petites armes à feu, le canotage et la voile, s’est enrôlée dans le programme gratuit.

Cette seule décision a déterminé son avenir. Sa première véritable introduction à la voile fut sur le lac Winnipeg à Gimli, au Manitoba. À l’âge de 13 ans, elle a été sélectionnée pour l’instruction d’été et a voyagé avec des cadets de partout au Canada jusqu’à cette ville rurale, où ils ont porté des gilets de sauvetage et embarqué dans des voiliers Code 40 pour la première fois.

Ce fut un sentiment magique pour elle de mettre à l’eau cette petite embarcation pour deux personnes et de sentir le vent faire avancer le bateau et l’eau froide du lac humecter son visage.

« J’étais un peu hésitante et nerveuse, a-t-elle déclaré. Quand on apprend pour la première fois à faire de la voile, il y a tellement de facteurs environnementaux qui semblent hors de son contrôle et on peut se sentir dépassé par les événements. Mais après avoir appris à gérer ces conditions, je suis tombée en amour avec ce sport. »

On a un sentiment de liberté après avoir appris à exploiter le vent et les vagues, a-t-elle déclaré.

« Vous êtes en mesure de contrôler l’environnement qui vous entoure pour vous propulser, peu importe les limitations que vous pourriez avoir en tant que personne. Cela nous donne un grand sentiment d’autonomie. »

Elle ne s’est pas limitée à la maîtrise du Code 40. Elle a gravi tous les échelons de l’Association canadienne de yachting, qui s’appelle maintenant Voile Canada, et est ensuite devenue une instructrice pendant dix ans au Kelowna Yacht Club. Mais parfois la vie nous ramène au point de départ, et pour Tracy Terry, elle s’est retrouvée de nouveau dans la communauté des cadets, mais cette fois-ci à titre d’officier régional des opérations maritimes des cadets pour l’Unité régionale de soutien aux cadets (Pacifique) à Victoria. Elle a reçu le grade de lieutenant de vaisseau et a consacré d’innombrables heures à faire du bénévolat comme vice-présidente et directrice de la formation en navigation à voile pour la B.C. Sailing Association.

« Il est tellement important que j’appuie ces programmes parce que je pense toujours au lien que les cadets peuvent avoir avec l’expression « Le sport, c’est pour la vie ». La voile n’est qu’une petite partie de la vie d’un cadet, mais elle représente tout ce que signifie le concept d’un être humain en santé, a déclaré le Ltv Terry. Et il s’agit donc d’une chose qui fait partie de vous pour toujours. »

Par l’entremise de son travail bénévole, qui amis en évidence un besoin en matière de sécurité de l’encadrement sur l’eau, elle a consacré deux années à la rédaction d’un manuel de sécurité. Son dévouement envers le sport, et les personnes qui y participent, n’est pas passé inaperçu. En mars, elle a reçu le prix du président de Sport B.C. pour la voile. Le prix du président est remis aux bénévoles d’organismes membres et partenaires de Sport B.C. qui représentent l’esprit du bénévolat et dont le dévouement, l’énergie et l’engagement contribuent au développement de leur sport en Colombie-Britannique.

« Si vous êtes passionné par ce que vous faites, vous souhaitez simplement le faire, a-t-elle déclaré. Je ne me lève pas le matin en pensant que « je dois aller au travail », je me lève le matin en pensant à quel point je suis chanceuse de pouvoir faire ce que j’aime. Si tous les citoyens du monde pouvaient faire ce qu’ils aiment, notre monde serait alors réellement merveilleux. »