Les déploiements simultanés de sous-marins canadiens connaissent un franc succès

Nouvelles de la Marine / Le 12 octobre 2018

La force sous-marine de la Marine royale canadienne (MRC) a vécu une année exceptionnelle, marquée par le franc succès de deux déploiements hors zone simultanés.

Les déploiements prolongés des Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Chicoutimi et Windsor, pendant 197 et 133 jours respectivement, soulignent la capacité de la MRC de déployer simultanément ses sous-marins et de fournir un soutien inestimable aux alliés du Canada. Ils démontrent également la capacité de grande envergure de la flotte sous-marine du Canada, ainsi que le professionnalisme et le dévouement des marins canadiens.

« Ces déploiements appuient véritablement la politique de défense du Canada, Protection, Sécurité, Engagement », déclare le Capf Mike Mangin, commandant adjoint des opérations de la Force sous-marine canadienne. « Le travail que les deux sous-marins ont accompli avec nos plus proches alliés établit que nos sous-marins sont prêts à assurer une défense en profondeur du Canada. En ayant exécuté des scénarios de lutte antisurface offensive et défensive, l’équipage des deux sous-marins est mieux préparé à remplir ses fonctions s’il est appelé à le faire. »

Les sous-mariniers canadiens sont extrêmement bien entraînés et, avec la furtivité des sous‑marins de classe Victoria, ils constituent une force redoutable. Tout au long de leur déploiement de plusieurs mois, le Windsor et le Chicoutimi ont fait leurs preuves en tant que moyen d’affirmer la puissance du pays dans un contexte international, et ils ont montré à nos alliés et à nos ennemis que le Canada est un acteur crédible, fiable et efficace dans le domaine sous-marin.

« Ces deux déploiements représentent certainement notre capacité de combattre à l’étranger, mentionne le Capf Mangin. Les exercices, les opérations et les escales ont permis de renforcer des relations essentielles avec nos alliés. »

La région du Pacifique occidental

En septembre 2017, le NCSM Chicoutimi a commencé son déploiement dans le Pacifique occidental, visitant au passage Pearl Harbor à Hawaii, Yokosuka et Sasebo au Japon, et Guam.

Le déploiement était un signe manifeste de l’engagement du Canada à l’égard de la paix et de la sécurité dans la région. La multiplication des sous-marins diesels-électriques dans la région Indo-Pacifique témoigne de la capacité considérable que constituent ces plateformes. Pour simplifier, la présence de l’un de ces sous-marins modifiera la dynamique d’un théâtre d’opérations en raison de sa létalité et de sa furtivité.

Pendant son déploiement, le Chicoutimi a participé à l’exercice ANNUALEX, un exercice d’engagement bilatéral entre la United States Navy (USN) et la Force navale d’autodéfense du Japon, marquant la première fois où un autre pays a été invité à y participer. Ce voyage a également marqué la première visite d’un sous-marin canadien au Japon depuis celle du NCSM Grilse dans les années 1960.

Le Chicoutimi a travaillé en étroite collaboration avec la USN, acquérant une expérience commune de défense contre une menace sous-marine. Les aéronefs de patrouille maritime de la USN ont participé à de nombreuses missions contre le Chicoutimi pendant les voyages entre l’Amérique et le Japon, ainsi que dans le nord-ouest du Pacifique. Ces missions ont permis au personnel navigant des États-Unis de perfectionner des compétences qui s’avéreront essentielles si un sous-marin inconnu s’approche du continent nord-américain.

Le Chicoutimi a également pu s’entraîner avec d’autres partenaires du Pacifique, notamment lors d’un court événement avec les navires de la Marine française et pour des engagements de guerre anti-sous-marine avec des aéronefs australiens. En outre, l’intégration d’un officier de liaison de la MRC au sein du quartier général de la Septième flotte des États-Unis a joué un rôle essentiel dans la réussite du déploiement, et elle a permis de renforcer nos liens avec nos alliés régionaux.

La force sous-marine a franchi une autre étape importante, soit la première période de repos et de maintenance (PREM) prolongée en déploiement effectuée par du personnel de l’Installation de maintenance de la flotte (IMF) Cape Breton à Esquimalt (C.-B.).

La région de la Méditerranée

Pendant tous ces événements dans la région Indo-Pacifique, le NCSM Windsor était déployé dans la mer Méditerranée pour soutenir l’OTAN. Le déploiement du Windsor exprimait clairement l’importance du lien transatlantique qui renforce l’engagement du Canada à l’égard du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

À cet endroit, le Windsor a exécuté un programme d’attestation dans le cadre d’un engagement important de l’OTAN appelé DYNAMIC MANTA, avant de participer à l’opération SEA GUARDIAN de l’OTAN, soit une opération de sécurité maritime visant à travailler avec des intervenants de la Méditerranée pour maintenir une connaissance de la situation maritime, décourager et combattre le terrorisme, et favoriser le renforcement des capacités.

Pendant le séjour du Windsor dans la Méditerranée, du personnel de l’IMF Cape Scott de Halifax a soutenu la PREM en déploiement du sous-marin à la baie de Souda, en Grèce.

Le travail du Windsor avec l’OTAN a réitéré l’engagement du Canada envers l’alliance, et il a contribué directement aux tâches principales de l’OTAN : la défense collective, la gestion des crises et la sécurité commune.

Le point de vue de l’équipage

Selon le Capf Mangin, l’équipage considère que les déploiements ont été « d’énormes succès ».

« Nous nous entraînons tellement pour ce type de missions qu’il était très agréable de partir et de mener ces activités dans un contexte réel, c’est-à-dire de procéder à la collecte de renseignements, à la surveillance et à la reconnaissance pour appuyer la connaissance de la situation maritime. Cette occasion de mettre en pratique notre entraînement et nos exercices au cours d’une véritable opération semblait susciter un grand enthousiasme. »

Les longs déploiements permettent également de former et d’entraîner de nouveaux sous‑mariniers qualifiés. Par exemple, durant le déploiement du Chicoutimi, 25 nouveaux sous‑mariniers ont obtenu leur qualification; cela représente près de la moitié d’un équipage de sous-marin de classe Victoria.

En outre, cela donne aux membres de l’équipage suffisamment de temps et d’expérience pour perfectionner leurs qualifications en vue d’occuper des rôles supérieurs au sein de l’équipage.

Le souci de la famille

Dans le cas de tous les navires militaires en déploiement prolongé, le bien-être de la famille restée au pays est une source de grande préoccupation. Les membres de l’équipage doivent savoir que quelqu’un prend soin de leur famille pendant leur absence. Les centres de ressources pour les familles de militaires (CRFM) sur chaque côte offrent une grande diversité de programmes pour les familles des militaires déployés, y compris des soirées pizza ou café, la garde d’enfants en cas d’urgence, un suivi psychologique, et des ateliers de réadaptation en vue du retour à la maison de l’équipage.

Les CRFM, en collaboration avec le personnel d’état-major de la force sous-marine, organisent des rencontres régulières de mise au point. Ces séances permettent aux familles de poser des questions directement à la haute direction en ce qui concerne le déploiement et les services offerts par les CRFM.

Enfin, tout comme l’équipage des sous-marins, les familles ont tendance à être très soudées. Grâce aux médias sociaux, de nombreuses familles s’entraident pendant l’absence de leurs proches.

La voie à suivre

Le Capf Mangin mentionne que les prochains mois seront un peu plus calmes pour la force sous-marine. Les activités sont axées sur le renvoi en mer du NCMS Victoria à la fin de 2018, après l’exécution des travaux d’entretien au chantier maritime d’Esquimalt. Il est prévu que le Victoria effectue le travail important de former de nouveaux sous-mariniers tout au long de 2019.

Le Windsor est sur le point d’entamer une période de transition en cale sèche qui comportera des travaux d’entretien et certaines modernisations de la plateforme.

Le Chicoutimi connaît une période de transition de mise à quai après déploiement, et à la fin de celle-ci, il sera envoyé sur la côte est pour une période de transition en cale sèche.

Le Corner Brook est dans la dernière ligne droite de sa période en cale sèche prolongée dans l’industrie à Esquimalt, et il devrait être prêt pour les opérations vers la fin de 2019 ou le début de 2020.

« Ces périodes transitoires de travaux permettront de prolonger le cycle de fonctionnement des navires de la classe Victoria, et il devrait être possible d’entamer les travaux de modernisation de la classe simultanément », déclare le Capf Mangin.

Le travail assidu et le sacrifice

Le Capf Mangin affirme qu’il « ne pourrait pas être plus fier de la réussite des officiers et de l’équipage du Chicoutimi et du Windsor » au cours de cette remarquable période d’opérations prolongées.

Il ajoute que « les 18 derniers mois ont comporté des heures innombrables de travail assidu et de sacrifices pour garantir la réussite de ces déploiements ».

Il souligne les efforts considérables déployés par les équipes de soutien aux sous-marins sur les deux côtes, qui ont joué un rôle essentiel au succès de ces déploiements.

« Ces petits détachements de spécialistes techniques et logistiques étaient des points de référence à terre pendant le déploiement des navires. Bien entendu, les deux IMF soutenues par l’équipe du Directeur général – Gestion du programme d’équipement maritime à Gatineau, au Québec, ont également contribué de façon importante à la réussite des sous-marins. Les travaux considérables d’ingénierie, souvent effectués dans l’ombre, ont appuyé les deux PREM en déploiement, ainsi que les travaux de résolution de problèmes et de réparation courante menés au cours des déploiements. La capacité d’intervention du personnel d’ingénierie a permis aux deux sous-marins de tenir leurs engagements tout au long des déploiements. »

Au moment de prévoir la continuité de la réussite opérationnelle de la force sous-marine canadienne au pays et à l’étranger, le Capf Mangin est convaincu que les sous-mariniers sont bien entraînés et outillés pour perpétuer la longue tradition des marins canadiens incarnant les meilleures valeurs canadiennes partout dans le monde.