Le rôle d’un commandant de groupe opérationnel naval

Nouvelles de la Marine / Le 16 février 2021

Le capitaine de vaisseau (Capv) Scott Robinson, commandant adjoint de la Flotte canadienne du Pacifique à Esquimalt, en C.-B., est commandant de groupe opérationnel à l’occasion de l’exercice de groupe opérationnel (TGEX) 21-01, qui se déroulera jusqu’au 19 février et porte principalement sur la préparation des navires et équipages de la côte Ouest aux déploiements à venir.

À titre de commandant de groupe opérationnel pour le TGEX, le Capv Robinson est responsable de cinq navires canadiens, d’un sous-marin canadien, des aéronefs de deux escadrons de l’Aviation royale canadienne et de plusieurs ressources aériennes et maritimes de la United States Navy et de la United States Coast Guard, qui effectuent tous des exercices et des manœuvres complexes simultanées dans un environnement maritime en constante évolution.

Le navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Calgary se prépare pour un déploiement prochain à l’occasion des opérations (Op) ARTEMIS et PROJECTION dans la région Indo-Asie-Pacifique et dans les eaux du Moyen-Orient, et les NCSM Brandon et Saskatoon se préparent pour les déploiements à l’occasion de l’Op CARIBBE dans l’Océan Pacifique Est.

Un groupe opérationnel naval est un groupe de navires et d’aéronefs maritimes qui travaillent ensemble afin d’atteindre un objectif commun. Le Canada, par exemple, a envoyé un groupe opérationnel dans le cadre des secours humanitaires après l’ouragan Katrina en 2005 et le séisme de 2010 en Haïti.

Le responsable du groupe est le commandant de groupe opérationnel. Pour le Capv Robinson, ce rôle comprend la coordination des différents scénarios, arraisonnements et manœuvres pendant le TGEX.

« Les capitaines des navires sont les principaux responsables de leur équipage, et le personnel du groupe opérationnel et moi assurons la coordination au niveau de la flotte pour veiller à ce que tout soit synchronisé et ainsi atteindre nos objectifs, explique le Capv Robinson. Le personnel du groupe opérationnel joue un rôle essentiel en surveillant les systèmes, les fournitures, la maintenance et l’horaire des vols de nos navires et en communiquant avec le sous-marin. Nous nous assurons essentiellement que les activités courantes de la flotte se déroulent sans accroc. »

Le TGEX 21-01 se tiendra au large de la côte ouest de l’île de Vancouver, à Constance Bank et dans le détroit de Georgia. Le Capv Robinson et la vingtaine de membres du personnel du groupe opérationnel sont à bord du NCSM Regina.

Le personnel du commandant de groupe opérationnel centre ses efforts sur l’intégration des diverses capacités maritimes et aériennes pour que l’effet du groupe opérationnel soit plus grand que la somme de ses parties. Cette équipe se compose du chef d’état-major, de l’équipe de veille de combat, des officiers des plans actuels et futurs, de deux équipes de spécialistes des communications et des officiers de la logistique, du service technique et des affaires publiques au niveau du groupe.

Parmi ses objectifs, l’exercice permet de faire progresser le programme de préparation opérationnelle du sous-marin NCSM Victoria et donne l’occasion aux équipages des navires de lancer des missiles SeaSparrow évolués vers des cibles aériennes sans pilote.

L’exercice vise aussi le maintien des relations avec les partenaires des États-Unis.

« Nous aimons les accueillir ici pour le travail. On m’a toujours répété qu’on ne peut pas précipiter la confiance. Il faut travailler avec les partenaires souvent, apprendre à connaître les capacités et les limites de chacun et développer cette relation à l’avance. Lorsqu’un scénario opérationnel ou un scénario de temps de guerre se présente, il faut que les deux parties aient déjà acquis ces connaissances et établi un lien de confiance, précise le Capv Robinson. »

Comme c’est le cas pour tous les aspects de la vie en ce moment, la pandémie de COVID‑19 a une incidence sur les opérations, mais puisque la flotte est exploitée loin du grand public, cette incidence est gérable. Parmi les nombreuses précautions prises, les équipages de tous les navires canadiens participants ont été mis en quarantaine avant l’appareillage. Ainsi, le personnel peut passer des aéronefs aux navires canadiens, comme dans les scénarios d’équipe d’arraisonnement. Cependant, il ne peut y avoir d’interaction en personne avec les partenaires des États-Unis.

« Oui, nous sommes privés de l’aspect personnel de la collaboration, mais nous parlons tout de même à nos partenaires américains à la radio et interagissons avec eux par d’autres moyens, raconte le Capv Robinson. Nous avons vécu cette situation pendant l’exercice Rim of the Pacific cet été. À cette occasion, même quand nous nous sommes rendus à Pearl Harbor, à Hawaï, nous avons dû rester à bord du navire ou étions mis en isolement sur la jetée – nous ne pouvions interagir avec autrui. »