Le processus de saisie de cocaïne dans le cadre de l’opération CARIBBE

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Nouvelles de la Marine / Le 16 mai 2019

Par le capitaine Annie Morin

Alors que le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Yellowknife navigue sous le soleil chaud de l’est de l’océan Pacifique, l’air est rempli d’humidité, ce qui porte la température à environ 45 °C avec l’indice humidex.

Il est presque impossible de rester au sec, même en limitant ses mouvements. Vos vêtements vous collent à la peau aux mauvais endroits et votre nuque est toujours moite. Inévitablement, la transpiration est une chose à laquelle il faut s’adapter.

La tâche du navire dans le cadre de l’opération CARIBBE consiste à trouver et à arraisonner des navires d’intérêt qui transportent des drogues illicites et, le 14 avril 2019, son équipage a effectué sa première saisie de drogue.

Début de l’action

Sur la passerelle du navire, tout était sombre, sauf les faibles lumières qui émanaient de l’équipement. De loin, le Yellowknife naviguait presque invisiblement dans sa zone de recherche lorsque le radar a capté le signal d’un navire voisin.

Le timonier a lancé un appel au sifflet pour les postes d’arraisonnement afin de signaler aux personnes qui participent à l’arraisonnement de se préparer. Les embarcations pneumatiques à coque rigide du navire ont été mises à l’eau avec le détachement d’application de la loi de la Garde côtière des États-Unis, qui allait procéder à l’arraisonnement.

L’équipage a placé le navire dans une position favorable, en utilisant le clair de lune de façon à ne pas être aperçu par l’autre navire le plus longtemps possible. Un drapeau costaricain a été repéré sur le navire. Outre les communications nécessaires avec la salle des opérations, la passerelle était silencieuse.

Dans l’obscurité totale, les embarcations pneumatiques à coque rigide ont commencé à avancer.

Alors que les embarcations pneumatiques à coque rigide arrivaient sur le côté du navire soupçonné de contrebande, son capitaine a été interpellé par les membres de la Garde côtière américaine. Les suspects ont été de toute évidence surpris par l’apparition nocturne soudaine, mais ils sont restés calmes.

Un par un, les membres de la Garde côtière américaine sont montés à bord du navire puisqu’ils avaient reçu l’autorisation de l’arraisonner par les autorités. Après avoir reçu le feu vert, les professionnels de l’application de la loi ont commencé le travail rigoureux de recherche des drogues, en utilisant l’information connue, leur expérience et leur vivacité d’esprit.

Ils ont travaillé toute la nuit sans se reposer, en tanguant au gré du mouvement des vagues, et en comptant sur l’eau et la nourriture limitée qu’ils avaient apportées avec eux comme source d’énergie. Quelques heures plus tard, les membres de la Garde côtière américaine avaient fait tout leur possible pour trouver les stupéfiants, mais ils n’avaient rien trouvé. Malgré cela, ils sont restés convaincus que la drogue était cachée hors de portée.

La deuxième fouille

La décision a été prise de ramener les membres fatigués de la Garde côtière américaine sur le Yellowknife. Cependant, la recherche des stupéfiants n’était pas encore terminée. Tous les signes indiquaient que le navire transportait quelque chose. Il y avait toutefois une autre possibilité de trouver les drogues : une fouille au quai.

Des dispositions ont été prises avec la Garde côtière du Costa Rica pour qu’elle vienne prendre la responsabilité du navire. À la radio, le bavardage est inintelligible, sauf pour les quelques membres d’équipage qui ont pu traduire l’espagnol pour le reste de l’équipage sur la passerelle.

Il a fallu quelques heures avant que la Garde côtière costaricaine puisse rejoindre le navire. L’attente a alors commencé. Le Yellowknife est demeuré à proximité pour dissuader le navire de s’éloigner. Si la proximité du navire de guerre n’était pas suffisamment dissuasive, les membres de l’équipage du navire armé portant des casques et des gilets pare-balles le seraient sûrement.

Le navire qui bourdonnait normalement d’activité était étrangement silencieux; tout le monde espérait que la Garde côtière costaricaine serait en mesure de trouver quelque chose lorsqu’elle effectuait une fouille destructive dans le port. La fouille vise à atteindre des zones du navire qui ont été délibérément dissimulées par les contrebandiers et inaccessibles autrement.

En fin d’après-midi, la Garde côtière costaricaine s’est placée à côté du navire, prête à prendre la relève du Yellowknife et à escorter le navire au port. Des membres de l’équipage du navire ont observé depuis la passerelle pendant que les nouveaux arrivants montaient à bord du navire et effectuaient un ratissage de sécurité.

Puis, avec l’information recueillie à bord du navire par le détachement d’application de la loi de la Garde côtière américaine, le Garde côtière costaricaine est partie, impatiente d’effectuer sa propre fouille. À sa demande, le Yellowknife a suivi les deux navires pendant un certain temps, puis s’est séparé du groupe pour continuer de patrouiller.

La deuxième attente commence

Alors que l’équipage du Yellowknife reprenait ses activités habituelles, l’arraisonnement de la nuit précédente et la possibilité d’une découverte de drogue par la Garde côtière costaricaine sont demeurées au premier plan des préoccupations de tous.

Moins de 24 heures après la rencontre de la Garde côtière costaricaine avec le navire, le Yellowknife a été récompensé par un message court et précis : « 1 040 kilos de cocaïne et un fusil semi-automatique trouvés à bord du navire ».

 

Avec ses 45 membres d’équipage, dont des membres de la Garde côtière des États-Unis, le Yellowknife poursuit son déploiement, avec le NCSM Whitehorse, dans le cadre de l’opération CARIBBE, qui constitue la contribution du Canada à l’opération MARTILLO, une opération de l’U.S. Joint Interagency Task Force South chargée de mener des opérations interorganisationnelles et internationales de détection et de surveillance, et de faciliter la répression du trafic illicite.