Le nouveau commandant des FMAR(P) se relève les manches dans le cadre du RIMPAC

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Nouvelles de la Marine / Le 25 juillet 2018

Par Peter Mallett

Le premier geste du contre-amiral Bob Auchterlonie en sa qualité de commandant des Forces maritimes du Pacifique (FMAR[P]) a consisté à s’envoler vers Hawaï pour assumer ses fonctions de commandant adjoint de la Force opérationnelle multinationale de l’exercice militaire Rim of the Pacific (RIMPAC).

Le RIMPAC, qui se déroule actuellement, est un exercice militaire bisannuel terrestre, aérien et maritime mené dans les eaux d’Hawaï et du sud de la Californie et des alentours, qui réunit 25 000 militaires de 25 pays. Les Forces armées canadiennes investissent des ressources et un effectif substantiels dans cette 26e édition de l’exercice, notamment les Navires canadiens de Sa Majesté Vancouver, Ottawa, Yellowknife et Whitehorse, tous des navires de guerre de la Flotte du Pacifique sous le commandement du Cam Auchterlonie.

« C’est très stimulant de participer à ce déploiement. Il s’agit du plus grand exercice maritime au monde, souligne-t-il. Le Canada, les États-Unis et l’Australie sont les pays fondateurs du RIMPAC, et ce dernier constitue pour les Forces armées canadiennes une chance exceptionnelle de collaborer avec des partenaires du monde entier. »

Dans le cadre de son rôle au RIMPAC, le Cam Auchterlonie travaille étroitement avec le vice-amiral John Alexander, commandant de la 3e Flotte des États-Unis, à la coordination des multiples composantes de la Force opérationnelle multinationale. L’un des principaux objectifs du RIMPAC consiste à favoriser et à maintenir des relations de coopération visant à contribuer à la sécurité des couloirs de navigation et des océans du monde, qui sont interreliés.

Le thème du RIMPAC cette année est « Des partenaires compétents et polyvalents ». Faisant fond sur ce thème, les exercices menés s’étendent sur toute la gamme des opérations, allant des secours en cas de catastrophe à la sécurité maritime, en passant par le contrôle de l’espace maritime dans le milieu complexe des guerres modernes.

« Pour les jeunes marins à bord d’un navire, comme je l’ai déjà été, l’expérience est formidable. Ils y acquièrent beaucoup d’expérience de la mer tout en apprenant à coordonner les activités dans un environnement multinational », explique le Cam Auchterlonie.

Le programme d’entraînement est vaste : marins, soldats et aviateurs de tous les pays affinent leurs compétences en artillerie, en tir de missiles, en lutte anti-sous-marine et en défense antiaérienne et en font autant pour leurs habiletés en matière d’opérations amphibies, de lutte contre la piraterie, de déminage, de neutralisation des explosifs et munitions, de plongée et de récupération.

Le navire à moteur Asterix, qui vient d’arriver dans la Marine royale canadienne grâce à un contrat de location, fait ses débuts cette année dans le cadre du RIMPAC.

Quelque 170 membres du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment, qui sont eux aussi de la partie, se sont joints au Corps des Marines des États-Unis au Camp Pendleton, en Californie, pour se familiariser avec le véhicule d’assaut amphibie AAV-P7/A1.

« Découvrir les capacités et les limites de ce véhicule d’assaut et comprendre comment la 15e Unité expéditionnaire maritime, qui se spécialise dans les opérations amphibies, l’utilise dans son environnement, tout en ayant la chance de profiter des procédures et de l’expertise de ses membres représente pour moi, ainsi que pour ceux qui ont participé à l’entraînement, une expérience extraordinaire », rapporte le lieutenant Jacob Simard, de l’Armée canadienne.

Le contingent canadien comptait 75 membres de l’Aviation royale canadienne, un aéronef de patrouille maritime CP-140 et un centre de soutien de mission, ainsi que d’autres membres des Forces armées canadiennes qui formaient une équipe de commandement et de soutien national.

D’après le Cam Auchterlonie, la coordination du RIMPAC a commencé en douceur. Par contre, dans le cas des exercices militaires, tout ne se déroule pas nécessairement comme prévu. Apprendre à réagir rapidement et correctement aux surprises est un élément essentiel de l’exercice, souligne-t-il.

Il ajoute que l’éruption du volcan Kilauea, à quelque 185 kilomètres, sous le vent des opérations menées à Pearl Harbor, pourrait fort bien devenir un facteur décisif imprévu de l’exercice. Bien que le volcan n’ait pas de répercussions sur les opérations normales, les éruptions et l’activité sismique sont suivies quotidiennement.

Le Cam Auchterlonie est d’avis que s’il survenait une urgence réelle dans la région, les participants à l’exercice seraient compétents pour y réagir et auraient sous la main le matériel nécessaire.

Postes clés du RIMPAC occupés par des Canadiens

Parmi les autres Canadiens occupant des postes clés dans l’équipe de direction du RIMPAC : le capitaine de vaisseau Matthew Coates, commandant adjoint de la composante maritime multinationale; le colonel Michael Atkins, commandant adjoint de la composante aérienne multinationale; le colonel Dennis O’Reilly, directeur du Centre multinational d’opérations aériennes et le capitaine de vaisseau Matthew Bowen, directeur adjoint de l’exercice pour la 3e Flotte (États-Unis).

Les trois étapes du RIMPAC

L’étape portuaire a pour but d’établir des relations professionnelles et personnelles entre les militaires des divers pays participants. Ceux-ci se réunissent dans le cadre de séances d’information et d’entraînement, ainsi que pour dresser des plans détaillés. L’objectif de cette étape consiste à aider les participants à apprendre à connaître leurs collègues dans le cadre de l’exercice, d’apporter la dernière main aux plans et de jeter les bases en vue d’opérations professionnelles et couronnées de succès.

L’étape d’intégration des forces comprend un programme d’entraînement structuré et détaillé visant à développer les compétences des unités participantes. Elle permet aussi aux participants de travailler au niveau de la force opérationnelle, et chaque pays s’exerce alors à fonctionner dans un contexte de commandement et de contrôle multinational robuste. Cette étape comprend toute une gamme de manœuvres maritimes de surface, sous-marines, terrestres et aériennes.

L’étape de libre action met à l’épreuve les compétences des unités au moyen d’un scénario. Les commandants de composante et les unités subalternes réagissent à des scénarios de plus en plus intenses, y compris des situations réalistes auxquelles les pays de la ceinture du Pacifique pourraient faire face. Ainsi, les unités et les militaires participants sont confrontés à des opérations difficiles, dans l’ensemble du spectre, au cours desquelles ils doivent composer avec des menaces aériennes, terrestres, sous-marines et maritimes de surface.

L’exercice prend fin le 2 août 2018.

 

Article publié avec l’autorisation du journal Lookout