Le NCSM Haida, navire amiral de la flotte canadienne, incarne le lien profond qui unit la MRC aux peuples autochtones du Canada

Nouvelles de la Marine / Le 21 mai 2020

La Marine royale canadienne (MRC) entretient de longue date des liens avec les peuples autochtones du Canada, comme l’illustrent les deux classes différentes de bâtiment, les navires de guerre de la classe Tribal et les destroyers de l’après-guerre de la classe Iroquois, qui leur doivent leur nom, ainsi que bon nombre d’autres bâtiments, y compris trois sous‑marins de la classe Oberon.

En fait, le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Haida, qui tient son nom de la Première nation maritime Haida de Colombie‑Britannique, a été désigné navire amiral de la MRC en 2018, en hommage au courage de ce légendaire destroyer et à tous ceux qui ont fièrement servi à son bord. Seul destroyer de la classe Tribal de la Deuxième Guerre mondiale toujours en existence, le Haida est amarré à Hamilton, en Ontario, et constitue désormais un lieu historique national géré par Parcs Canada. Les visiteurs désireux d’en apprendre davantage sur la remarquable histoire navale du Canada y sont accueillis toute l’année.

Le NCSM Haida est l’incarnation même des 110 années de fier service de la MRC envers le Canada, ainsi que de la vaillance et de l’intrépide loyauté des femmes et des hommes qui, en mer, servent la patrie. Il témoigne de la longue histoire de la MRC à titre de force de combat et de marine de destroyers et sert maintenant de rappel permanent des sacrifices, de la détermination et du courage des marins canadiens ainsi que des importants liens entre le Canada et ses peuples autochtones.

Le NCSM Haida, en service dans la MRC de 1943 à 1963, a participé à des campagnes de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre de Corée. Il est l’unique survivant des vingt‑sept destroyers de la classe Tribal construits avant et pendant la Deuxième Guerre mondiale. Comme l’illustre et l’incarne le NCSM Haida, la MRC s’enorgueillit d’associer à ses navires, depuis des décennies, le nom de peuples autochtones du Canada.

Destroyers de la classe Tribal

La classe Tribal était une classe de destroyers construits pour la Marine royale britannique, la MRC et la Marine royale australienne; ces navires ont été en service dans presque tous les théâtres d’opérations de la Deuxième Guerre mondiale. Dans la MRC, ils portent fièrement le nom de divers groupes autochtones de tout le Canada.

NCSM Iroquois : deux navires de la MRC ont été baptisés Iroquois, tous deux en l’honneur des peuples de la Confédération des Premières nations. Le premier Iroquois, mis en service en 1942, était le premier destroyer canadien de la classe Tribal. Il a assuré l’escorte de convois entre Gibraltar et la Russie et a été mis à contribution avant et après les opérations du jour J; il a d’autre part escorté les croiseurs allemands Prinz Eugen et Nürnberg à Kiel, en Allemagne, pour leur ultime reddition. Bien qu’il ait été mis retiré du service en 1946, l’Iroquois a été remis en service en 1949 et a effectué deux périodes de service dans le théâtre coréen. Il a été définitivement mis hors service en 1962.

NCSM Athabaskan : trois destroyers de la MRC ont été baptisés Athabaskan, tous trois en l’honneur du groupe linguistique des Premières nations canadiennes. Le premier Athabaskan est entré en service en 1943 et a été mis à contribution pendant la Deuxième Guerre mondiale; torpillé, il a coulé dans la Manche en 1944. Le deuxième Athabaskan, dernier des navires de la classe Tribal à être construit, est entré en service en 1948 et a effectué trois périodes de service dans le cadre de la guerre de Corée. Il a été converti au rôle de destroyer d’escorte en 1954, puis mis hors service en 1966.

NCSM Haida : un seul navire de la MRC a été baptisé Haida, en l’honneur de la Première nation du même nom. Mis en service en 1943, il sert aujourd’hui de navire amiral moderne de la MRC. Le Haida a la réputation d’être le « navire le plus combatif » du Canada, car il a coulé plus de tonnage de surface que tout autre navire de la MRC pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il a par la suite fait partie du groupe de navires chargés de bombarder les voies ferrées le long de la côte ennemie, le « Trainbusters Club », pendant la guerre de Corée. L’histoire du Haida est semée d’honneurs de bataille remportés dans l’Arctique entre 1943 et 1945, dans la Manche, en Normandie et à Biscaye en 1944, et en Corée en 1952 et 1953.

NCSM Huron : deux navires de la MRC ont été baptisés Huron, tous deux en l’honneur de la Première nation huronne. Le premier Huron, mis en service en 1943, a été en service pendant la Deuxième Guerre mondiale et était sur place le jour J. Il a aidé à couler le torpilleur T 29 et le destroyer Z 32. Le Huron a été retiré du service en 1946, puis remis en service en 1950, effectuant deux périodes de service dans le théâtre coréen avant d’être mis hors service en 1963.

NCSM Micmac : un seul navire de la MRC a été baptisé Micmac, en l’honneur des Premières nations de Nouvelle‑Écosse. En service de 1945 à 1964, il a été le premier navire de guerre moderne et sophistiqué construit au Canada et le premier des quatre destroyers de la classe Tribal construits aux Chantiers maritimes Halifax.

NCSM Nootka : deux navires de la MRC ont été baptisés Nootka, celui de la classe Tribal (deuxième du nom) ayant été nommé expressément en l’honneur des Premières nations de Colombie‑Britannique (le premier du nom était un dragueur de mines de la classe Fundy qui tenait son nom de la baie Nootka). Ce deuxième Nootka a été mis en service en 1946 et a été converti en destroyer d’escorte en 1949‑1950 avant de partir effectuer deux périodes de service dans le cadre de la guerre de Corée. Il a été mis hors service en 1964.

NCSM Cayuga : ainsi baptisé en l’honneur des peuples Cayuga de la Confédération de Haudenosaunis, il a été le seul à porter ce nom dans la MRC. En service de 1946 à 1964, il a effectué trois périodes de service dans le cadre de la guerre de Corée.

Destroyers de la classe Iroquois

La classe Iroquois comptait quatre destroyers lance‑missiles porte‑hélicoptères. À l’instar des navires de la classe Tribal ayant servi en temps de guerre, leurs noms leur ont été donnés en l’honneur de peuples autochtones du Canada. Lancés dans les années 1970, ils étaient à l’origine équipés pour la guerre anti‑sous‑marine et transportaient deux hélicoptères CH‑124 Sea King et d’autres armes.

Le NCSM Iroquois a été le premier destroyer de la classe Iroquois. Basé à Halifax et deuxième bâtiment à porter ce nom, il est entré en service en 1972. Les points saillants de sa carrière comprennent son service au sein de la force navale bloquante de l’ex‑Yougoslavie en 1993‑1994 et le soutien de coalitions contre le terrorisme international tant en 2001 qu’en 2008 en mer d’Oman. Il a été mis hors service en 2015.

Le NCSM Huron a été en service dans la MRC de 1972 à 2000. Il s’agit du deuxième bâtiment nommé Huron. Entre autres points saillants, il a été, en 1990, l’un des trois navires de guerre canadiens à mouiller à Vladivostok, en Russie, pour la première fois depuis la Deuxième Guerre mondiale. En 1991, il a relevé son bâtiment‑frère, l’Athabaskan, dans le golfe Persique et a participé à un déploiement dans l’Adriatique en 1993 pour appuyer le nouvel embargo de l’Organisation des Nations Unies contre l’ex‑Yougoslavie. La coque du Huron, après son désarmement, a été débarrassée de tous ses accessoires, compléments et gréements et a servi de cible d’exercice de tir pour finalement être coulée par un tir de canon de son bâtiment‑frère, le NCSM Algonquin.

Le NCSM Athabaskan, troisième du nom, a été en service dans la MRC de 1972 à 2017. Il s’agit du troisième bâtiment du nom. Les faits saillants de sa carrière comprennent sa participation à la guerre du Golfe, en 1990, et le transport de matériel d’aide humanitaire après l’ouragan Katrina, en 2006.

Le NCSM Algonquin a été en service dans la MRC de 1973 à 2015. Ainsi baptisé en l’honneur des peuples des Premières nations, il a été le deuxième bâtiment à porter ce nom (le premier était un destroyer de la classe V en service dans la MRC entre 1944 et 1970). En 1977, il a été le premier navire de sa classe à traverser l’équateur. Les autres points saillants de sa carrière comprennent son ralliement aux navires de l’Organisation du Traité de l'Atlantique Nord dans l’Adriatique, où ce groupe faisait respecter le blocus de l’ex‑Yougoslavie en 1993, et son déploiement dans le golfe d’Oman en 2002, où il a été de la contribution du Canada à la campagne contre le terrorisme.

Sous‑marins de la classe Oberon 

Les sous‑marins canadiens Ojibwa, Okanagan et Onondaga ont été construits en Angleterre et mis en service en 1965 et 1968. Ce sont les premiers sous‑marins véritablement opérationnels du Canada; chacun d’eux porte le nom d’un peuple autochtone du Canada.

NCSM Ojibwa : ainsi nommé en l’honneur des peuples Anishnaabe, il a été l’unique navire de la MRC nommé Ojibwa. Destiné à l’origine à la Marine royale britannique, il est devenu la propriété du Canada et est entré en service dans la MRC en 1965. L’Ojibwa a été exploité, principalement, par les Forces maritimes de l’Atlantique jusqu’à son désarmement en 1998. En 2010, l’Ojibwa a été désarmé à Halifax, en attente de son aliénation. Le Musée militaire Elgin prévoit en faire un navire‑musée. En 2012, il a été remorqué jusqu’à Port Burwell, en Ontario, et a accueilli ses premiers visiteurs en 2013.

NCSM Okanagan : ainsi nommé en l’honneur de l’Alliance des Premières nations, il a été l’unique bâtiment de la MRC à porter ce nom. L’Okanagan, entré en service en 1968, a passé toute sa vie utile sur la côte est. Mis hors service en 1998, il a été vendu à la ferraille en 2011.

NCSM Onondaga : ainsi nommé en l’honneur de la Confédération des Premières nations, il a été l’unique bâtiment de la MRC à porter ce nom. Le NCSM Onondaga a été construit au milieu des années 1960. Il a principalement été exploité sur la côte est jusqu’à son désarmement, en 2000, en tant que dernier sous‑marin canadien de la classe Oberon. Le Lieu historique national du Phare‑de‑Pointe‑au‑Père, à Rimouski, au Québec, a fait l’acquisition du bâtiment pour le conserver en tant que navire‑musée. Le sous‑marin a été installé à Rimouski en 2008 et est ouvert au public.

Autres navires et unités

Depuis des décennies, la culture autochtone inspire également le nom d’autres navires de la MRC, dont plusieurs destroyers de la classe River, dragueurs de mines de la classe Bangor et corvettes de la classe Flower, de même que d’unités à terre dont des divisions de la Réserve navale. Cette tradition se poursuit de nos jours avec des navires comme les NCSM Yellowknife et Toronto. Le nom de ces bâtiments honore des emplacements géographiques canadiens, comme des villes et des rivières, dont le nom est de langues autochtones. Il est intéressant d’explorer la riche histoire que partage la MRC avec les peuples autochtones du Canada en parcourant l’Historique des navires en service dans la MRC depuis sa création, en 1910.