Le M 1 Bressette défend ses collègues contre un agresseur au couteau

Nouvelles de la Marine / Le 13 juin 2019

 Le M 1 Bressette défend ses collègues contre un agresseur au couteau

« Je n’y ai pas réfléchi longuement, j’ai réagi instinctivement. »

Le maître de 1re classe (m 1) Charles Bressette était à la réception du centre de recrutement des Forces canadiennes de North York, en Ontario, quand Ayanle Hassan Ali est entré dans l'immeuble à bureaux et a commencé à agresser un de ses collègues en le frappant à la tête.

« J'ai immédiatement crié après l’homme et lui ai dit d’arrêter, puis j'ai sauté par-dessus le comptoir de la réception », a expliqué le M 1 Bressette.

« Quand j'ai sauté par-dessus le comptoir de la réception, Ali avait sorti un couteau d’un pied d’une chemise et a commencé à poignarder le caporal (cpl) Kong. »

Le M 1 Bressette a saisi une chaise et a continué de s’approcher d’Ali, au moment où l’agresseur détournait son attention du Cpl Kong, qu’il avait immobilisé, pour la diriger vers lui. Le M 1 Bressette a réussi à tenir son agresseur à distance à l'aide de la chaise.

D’autres militaires qui travaillent au centre ont commencé à émerger de leurs bureaux. Ali a vu le sergent (sgt) Gerhardt sortir d’un poste de travail de la réception et a commencé à courir après elle.  

Le M 1 Bressette a demandé en criant aux autres militaires de composer le 911 et a poursuivi Ali avec le caporal-chef (cplc) Castillo qui était juste devant lui. À ce moment-là, le matelot‑chef (matc) Park, qui se trouvait dans la zone du Test d’aptitude des Forces canadiennes, avait déplacé les civils vers le bureau d’un recruteur principal et leur avait demandé de verrouiller la porte.

Ali a rattrapé le Sgt Gerhardt près du bureau du Matc Park et a essayé de la frapper avec le couteau à l’arrière de la tête. À ce moment précis, le Matc Park s'était penchée vers l'avant et la lame a manqué de peu l’arrière de sa tête.

« Ali s'est ensuite retourné et a poignardé le Cplc Castillo dans l'estomac. Celui-ci est tombé par terre. Passant devant le caporal-chef, Ali m'a attaqué de nouveau, mais il n'a pas pu me poignarder à cause de la chaise », a déclaré le M 1 Bressette.

L’agresseur s'est heurté à l'enclos du recruteur, qui n’avait pas une autre porte de sortie. Pendant que le PM 1 Bressette attendait qu’Ali sorte de l’enclos, il a attrapé une poubelle en métal.

« Quand il est sorti par la porte, j'ai lancé la poubelle sur lui, mais celle-ci l'a à peine touché, et il a continué à foncer sur moi avec le couteau comme si de rien n’était. J’ai alors saisi la première chose qui se trouvait à ma portée, une photocopieuse Xerox, et je l’ai lancée sur lui »,  a-t-il ajouté.

« Il est tombé, mais il n’a pas perdu la maîtrise du couteau. »

Pendant que le M 1 Bressette se servait de sa chaise pour tenter d’immobiliser l’agresseur au sol, le Sgt Karistinos, qui se trouvait derrière lui, a ramené Ali au sol. C’est alors qu’Ali avait perdu la maîtrise du couteau.

« J'ai lâché ma chaise, j’ai pris le couteau et je l'ai remis au Cplc Dar. J’ai ensuite maintenu Ali au sol avec le Sgt Karistinos. Le Cplc Dar a donné le couteau au capitaine Mausser pour le ranger dans son bureau. »

À ce moment-là, plusieurs personnes étaient arrivées et le Cplc Dar s'est chargé d’enfermer Ali, qui était doté d’une force surprenante. Ali a commencé à parler dans une langue étrangère que le Cplc Dar avait comprise. Il s’agit d’une prière que certains extrémistes ont l’habitude de réciter avant un attentat suicide.

« C’est la raison pour laquelle nous l’avons fouillé à la recherche de câbles et d’explosifs. Je me suis levé et on m'a passé sa veste et d'autres articles à fouiller », a expliqué le M 1 Bressette.

« Aucun explosif n'a été trouvé, alors on a arrêté Ali et attendu la police. »

En reconnaissance de leurs actions, le M 1 Bressette, le Cplc Dar, le Cplc Castillo et le Sgt Karistinos ont reçu la Médaille de la bravoure, l’une des plus importantes distinctions du Canada, des mains de la gouverneure générale Julie Payette, lors d’une cérémonie tenue le 13 juin.

Lorsqu'on lui a demandé ce que cela faisait d'être récompensé pour ses actions, le M 1 Bressette a répondu très humblement, comme à son habitude.

« Si la situation s’est déroulée de cette façon, c’est parce que beaucoup de gens ont fait ce qu'il fallait ce jour‑là. Je suis honoré de recevoir cette distinction. J'espère pouvoir être à la hauteur de la reconnaissance et des attentes. »