La Marine royale canadienne souligne le 75e anniversaire de la victoire dans le Pacifique

Nouvelles de la Marine / Le 14 août 2020

Le 15 août 1945, de grandes foules se sont rassemblées à divers endroits au Canada pour célébrer la fin de la Deuxième Guerre mondiale. La journée de la victoire dans le Pacifique a été déclarée et a mis un terme à plus de six longues années de combat à l’échelle mondiale.

Des semaines plus tôt, pendant que des millions de gens célébraient la Victoire en Europe, le Canada se prépare à participer au dernier élan visant à mettre fin au conflit dans le Pacifique, grâce à d’importantes contributions de la Marine royale du Canada (MRC). Près de 80 000 Canadiens se portent volontaires pour se joindre aux forces dans le Pacifique, dont 60 navires manœuvrés par 13 500 hommes.

La première force canadienne à faire sentir sa présence dans le Pacifique est la MRC, lorsque son croiseur, le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Uganda rejoint la Flotte britannique du Pacifique à temps pour participer aux opérations des Alliés près d’Okinawa, au printemps 1945.

Le NCSM Prince Robert, un croiseur auxiliaire qui a contribué au transport des troupes canadiennes visant la défense fatidique de Hong Kong en 1941, retourne dans le théâtre des opérations du Pacifique et a la satisfaction de participer à la libération des prisonniers de guerre à Hong Kong.

Parmi les efforts dignes de mention : le service du capitaine de corvette (Capc) William Lore, le premier officier canadien d’origine chinoise de la MRC et le premier officier d’origine chinoise à servir dans une force navale royale du Commonwealth britannique. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le Capc Lore sert en Angleterre, au Sri Lanka et au Myanmar, et il aide à libérer les prisonniers de guerre canadiens à Hong Kong. Le Capc Lore est le premier officier des Alliés à mettre le pied à Hong Kong depuis le début de l’occupation en 1941.

Les membres de la marine marchande du Canada servent également dans cette partie du monde pour le compte du Canada et des Alliés. On ne saura peut-être jamais combien de navires de la marine marchande canadienne ont circulé dans le théâtre des opérations du Pacifique pour transporter les troupes et les marchandises essentielles à la victoire mettant fin à la guerre. Cependant, les pertes, elles, sont connues.

Le Livre du Souvenir de la marine marchande recense la perte des marins du Longueuil, du Lianash et de 14 autres navires ayant subi une attaque directe des Japonais.

Cependant, avant que les forces navales du Canada ne puissent être déployées complètement dans le théâtre des opérations du Pacifique, les États-Unis larguent deux bombes atomiques sur le Japon. La première, sur Hiroshima, le 6 août 1945, et la seconde, le 9 août 1945, qui détruit le port de Nagasaki. Le 10 août, le gouvernement du Japon s’empresse de solliciter la paix et le 14 août, il signe une capitulation inconditionnelle et se rend aux Alliés.

Un rôle central pour les ports canadiens

Les ports canadiens jouent aussi un rôle essentiel dans les opérations du théâtre du Pacifique. Pendant la guerre, la MRC a deux bases sur la côte du Pacifique. La première, à Esquimalt, en C.-B., près de Victoria, et la seconde, à Prince Rupert, à près de 765 kilomètres au nord-ouest de Vancouver.

La base de Prince Rupert revêt une importance stratégique particulière, puisqu’elle est non seulement le terminal de l’ouest au point le plus au nord du chemin de fer transcontinental de l’Amérique du Nord, mais aussi parce qu’elle se trouve à environ 800 kilomètres plus près des îles Aléoutiennes et du Japon que Vancouver ou Seattle.

La valeur de Prince Rupert pour la défense de l’Alaska est immédiatement reconnue par les États-Unis : 35 jours après l’attaque sur Pearl Harbor survenue le 7 décembre 1941, le bateau de transport des troupes de l’Armée des États-Unis quitte ce port avec des hommes et des fournitures visant à renforcer les maigres défenses du nord-ouest du continent. En février 1942, l’Armée de terre des États-Unis choisit Prince Rupert comme base d’embarcation pour les troupes, les fournitures et l’équipement à destination de l’Alaska.

Des établissements terrestres canadiens sont également menacés par la guerre. Le soir du 20 juin 1942, le sous-marin japonais I-26 bombarde le phare isolé d’Estevan Point, sur la côte Ouest de l’île de Vancouver. Les artilleurs du capitaine de corvette M. Yokota manquent de précision; s’ils réussissent à encercler le phare et à casser des fenêtres de la tour, ils ne causent que peu de dommages aux installations. Il s’agit de la seule occasion lors de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale où des obus ennemis atteignent le sol canadien.

Commémoration du 75e anniversaire en 2020

Soixante-quinze ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les NCSM Regina et Winnipeg, accompagnés de leurs hélicoptères Cyclone, vont commémorer/ont commémoré l’anniversaire de la victoire dans le Pacifique, le samedi 15 août, avec une cérémonie de dépôt de couronne en mer. Afin de commémorer les contributions de la MRC à la Deuxième Guerre mondiale, en 2020, le Regina a arboré un dessin de camouflage de l’Amirauté de l’époque de la guerre.