La Marine royale canadienne participe à un exercice de l’OTAN avec des missiles

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Nouvelles de la Marine / Le 14 novembre 2017

Par le lieutenant de vaisseau Linda Coleman

Nous sommes au début d’octobre, dans l’Atlantique Nord, au large des côtes écossaises. Un groupe opérationnel naval de l’OTAN comprenant des navires de huit pays manœuvre de conserve. Pendant que les Canadiens célèbrent l’Action de grâce dans leurs foyers, la tension est forte dans la salle des opérations du NCSM (Navire canadien de Sa Majesté) Montréal. En effet, le navire est exposé à une menace imminente, car un pays ennemi factice a lancé un missile balistique et des missiles antinavires dans sa direction. Le groupe opérationnel maritime de l’OTAN est là pour neutraliser tous les missiles ennemis.

Opérateur d’équipement d’informations de combat (Marine) : «Attaque furtive! Relèvement 1-5-8, distance 20 milles ».

Officer de la salle des opérations : « Neutraliser tous les missiles menaçant le NCSM Montréal! »

Officier de guerre de surface : « Système A verrouillé. Lancez le missile ! »

Ce ne sont là que quelques-uns des commandements entendus dans la salle des opérations quand un missile ennemi est détecté et qu’il est pris à partie. Le lieutenant de vaisseau Anne Day, officier de guerre de surface du NCSM Montréal, lance les missiles évolués Sea Sparrow pour intercepter la menace simulée se dirigeant vers le navire. Elle atteint sa cible avec succès et protège ainsi son navire et ses camarades de bord.

Soyez les bienvenus à l’exercice FORMIDABLE SHIELD 2017.

Peu de personnes ont eu l’occasion d’accomplir ce que le Ltv Day vient tout juste de réussir à faire. Lancer des missiles depuis un navire de guerre est une tâche extrêmement complexe faisant intervenir des systèmes de pointe intégrant les toutes dernières technologies.

Immédiatement après le lancement, des experts techniciens civils embarqués fournis par l’Installation de maintenance de la Flotte Cape Scott et accompagnés d’entrepreneurs commencent à analyser les données provenant du système de gestion du combat, de radars et d’autres équipements techniques. Les données réunies sont envoyées au Centre de guerre maritime à Halifax qui les analyse pour valider ou parfaire les tactiques et la doctrine, de manière à trouver des façons nouvelles et améliorées de guider le navire au combat. La présence de ces experts joue un rôle important lorsqu’il s’agit de faire en sorte que la Marine royale canadienne (MRC) demeure une entité déployable partout dans le monde et capable d’accomplir de multiples missions.

Alors! Qu’est-ce que l’exercice FORMIDABLE SHIELD au juste et pourquoi la MRC y participait-elle?

L’exercice FORMIDABLE SHIELD est la première édition d’un exercice biennal planifié qui fait suite à la décision que l’OTAN a prise en 2010 d’élaborer une capacité pour défendre ses membres européens contre la menace des missiles balistiques. L’exercice fait fond sur les capacités manifestées pendant la Démonstration en mer de 2015, qui a compris les premières transmissions d’indices pour la défense antimissiles balistiques (BMD) entre un navire de l’OTAN et un destroyer porteur de missiles guidés de la Marine américaine.

L’exercice FORMIDABLE SHIELD, mené par des forces navales de frappe et de soutien de l’OTAN, au nom de la 6e Flotte de la Marine américaine, est conçu pour améliorer l’interopérabilité des Alliés dans un environnement de défense aérienne et antimissiles intégrée (DAAMI) en utilisant les structures hiérarchiques de commandement et de contrôle de l’OTAN, et pour entraîner les systèmes de défense antimissiles des pays. Des engagements de tir réel et de défense aérienne et antimissile intégrée sont introduits dans l’exercice pour simuler des opérations du monde réel. Dans le cadre de l’exercice de tir réel, les alliés se sont exercés, pour la première fois en Europe, à se défendre contre des missiles balistiques lancés contre leurs forces.

Pendant l’exercice, les navires alliés ont détecté et pisté toute une gamme de cibles qui simulaient des missiles antinavires et balistiques, et ils se sont défendus contre eux. Les équipages se sont ainsi exercés à partager une image commune de la situation tactique (grâce au système de communication Link 16), à planifier les missions conjointement et à coordonner les engagements.

« Le système Link 16 est essentiel à l’exercice FORMIDABLE SHIELD », de dire le matelot‑chef Jeffrey Miller, opérateur d’équipement d’informations de combat (Marine) et coordonnateur du Link 16. « Il nous permet de construire une image commune de la situation maritime avec nos alliés de l’OTAN, ce qui débouche sur une interopérabilité fructueuse. »

Pendant l’exercice, le rôle du NCSM Montréal a consisté à « aider à protéger les navires lançant les engins BMD contre les missiles antinavires plus conventionnels », a déclaré le capitaine de frégate Chris Sherban, commandant du NCSM Montréal. « Ce qui a été formidable au sujet de cet exercice, c’est qu’il s’agissait de tirs de missiles exécutés sans que nous sachions d’avance où et quand la menace se manifesterait. Quand elle a été détectée et que le cri de guerre a été lancé, il a été fantastique de voir comment l’équipe et le système se sont comportés. Les résultats nous ont convaincus de la capacité du système d’être à la hauteur des circonstances et d’aider à défendre le navire dans un environnement opérationnel très dangereux. »

La MRC participe régulièrement à des exercices internationaux d’entraînement maritime avec les marines de pays ayant des vues similaires à celle du Canada. L’OTAN représente un des partenariats les plus durables auxquels le Canada soit partie, et la MRC s’est engagée à agir collectivement avec les membres de l’OTAN et avec la collectivité internationale pour garantir la stabilité et la sécurité maritimes. La participation de la MRC à l’exercice FORMIDABLE SHIELD n’a donc rien de surprenant.

« La participation aux exercices de tir réel de l’OTAN tels que FORMIDABLE SHIELD est importante pour la MRC, car elle nous permet de mettre à l’essai notre interopérabilité avec nos alliés et notre capacité de nous intégrer dans un groupe opérationnel dans un contexte de guerre complexe », a déclaré le capitaine de vaisseau Jeff Hamilton, commandant adjoint de la Flotte canadienne de l’Atlantique et directeur des essais embarqué à bord du NCSM Montréal aux fins de l’exercice FORMIDABLE SHIELD 17. « Des exercices comme celui‑là nous permettent de mettre à l’épreuve l’équipement évolué nécessaire dans la guerre navale moderne et d’évaluer la compétence de l’équipage relativement à la doctrine tactique et sa capacité de communiquer efficacement dans l’environnement le plus exigeant qui soit. »

Des parties de FORMIDABLE SHIELD ont chevauché l’exercice JOINT WARRIOR 17‑2 dirigé par le Royaume‑Uni, qui a eu lieu au large de la côte écossaise. Il s’agit d’un exercice multinational qui fait habituellement intervenir plus de 30 navires de guerre, de nombreux aéronefs, des fusiliers marins et des troupes; c’est le plus vaste exercice militaire en Europe. L’édition de cette année a mis l’accent sur la guerre anti-sous-marine, la guerre des mines et les tirs réels.

La MRC a dirigé l’entraînement à la guerre anti-sous-marine (ASM) pendant l’exercice JOINT WARRIOR 17-2. Le NCSM Montréal a lancé des cibles mobiles et non récupérables d’entraînement à la guerre ASM (EMATT) qui simulent les mouvements et les bruits caractéristiques d’un sous-marin et sert à entraîner les opérateurs de sonar. Profitant des EMATT mises à l’eau par le NCSM Montréal, sept autres navires de guerre de marines alliées s’en sont servis pour s’entraîner à la guerre ASM et s’exercer à détecter, repérer et suivre les sous-marins ennemis, tout en renforçant l’interopérabilité.

Il convenait que le NCSM Montréal soit choisi pour participer à l’exercice FORMIDABLE SHIELD. C’est lui qui est le navire expérimental – ou navire X – de la MRC. Le programme du navire X a été conçu pour parfaire des concepts maritimes novateurs et de pointe dans tous les domaines touchant le déploiement de navires de guerre, l’affectation des équipages et le maintien en puissance. Il profitera à la MRC à bien des égards, car la simplification des capacités et la réalisation de nouveaux gains d’efficacité permettent d’améliorer l’efficacité dans un vaste éventail d’opérations navales.

« Il existe une synergie certaine entre le rôle du NCSM Montréal et sa participation à FORMIDABLE SHIELD 17. Nous aidons à définir les capacités de la flotte du futur pour faire partie d’un groupe opérationnel de DAAMI et neutraliser les menaces maritimes actuelles et celles qui sont en devenir », a déclaré le Capf Sherban.

L’exercice FORMIDABLE SHIELD a duré du 24 septembre au 17 octobre 2017 dans le polygone de tir du ministère britannique de la Défense situé dans les îles Hébrides (Écosse). Quatorze navires, 10 aéronefs et environ 3 300 militaires de huit pays, soit l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les États-Unis, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Royaume‑Uni, y ont pris part.