La bataille de l’Atlantique fait l’objet d’une plus grande reconnaissance

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Nouvelles de la Marine / Le 2 mai 2017

Par le Ltv Paul Pendergast

Au cours des dernières décennies, le public reconnaît de plus en plus les contributions et les sacrifices du Canada en temps de guerre, et des milliers de Canadiens se réunissent le 11 novembre dans les différentes villes canadiennes afin de rendre hommage aux membres des forces armées qui sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions.

Une cérémonie commémorative moins connue, mais tout aussi importante fait l’objet d’une reconnaissance de plus en plus grande. Chaque année, le premier dimanche de mai, cette cérémonie a lieu afin de commémorer la bataille de l’Atlantique.

La bataille de l’Atlantique, dont l’enjeu était la suprématie de l’Atlantique Nord, a duré 2 074 jours. Elle opposait les forces navales et aériennes alliées aux sous-marins, aux navires et aux aéronefs allemands et italiens, dont la cible principale était les convois de navires marchands qui transportaient du matériel essentiel au maintien de la vie de l’Amérique du Nord à l’Europe.

La bataille de l’Atlantique a débuté au moment du torpillage du paquebot britannique Athenia par un sous‑marin allemand U-30. Le paquebot Athenia avait quitté Liverpool, en Angleterre, à destination de Montréal le 2 septembre 1939. Il a été torpillé sans avertissement le jour suivant, à environ 250 milles au nord-ouest de l’Irlande, ce qui a entraîné le décès de 93 passagers et de 19 membres d’équipage. La Grande-Bretagne a déclaré la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939.

Même avant le début de la guerre, le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) St. Laurent et le NCSM Fraser, des destroyers de la côte ouest, avaient quitté Vancouver le 31 août 1939 pour constituer l’épine dorsale de l’escorte de convoi qui se rassemblait dans l’Atlantique. Le 16 septembre, le NCSM St. Laurent et le NCSM Saguenay ont appareillé avec le premier convoi, HX 1.

Le fardeau de la bataille de l’Atlantique a pesé en grande partie sur la Marine royale du Canada (MRC) qui, au début de la guerre, ne comptait que six destroyers et quelques navires de petite taille.

À la fin de la guerre, la Marine canadienne s'est développée pour devenir l'une des plus importantes au monde et elle a grandement contribué à renverser le courant de la guerre. Durant la bataille de l’Atlantique, la MRC a détruit ou pris part à la destruction de 33 U-boots et de 42 bâtiments de surface ennemis. En revanche, elles ont subi plus de 2 000 pertes, dont 6 femmes, et ont perdu 33 navires. La Marine marchande a perdu 73 navires et 1 600 personnes, et l'Aviation royale a perdu plus de 900 membres d'équipage.

La Marine canadienne, bien qu’elle n’était pas vraiment prête pour la guerre en 1939, a grossi à un rythme sans précédent, pour finalement assurer 47 p. cent de l’accompagnement des convois. Le contre-amiral Leonard Murray qui, à titre de commandant en chef canadien de la zone nord-ouest de l'Atlantique, dirige, dès mars 1943, ces batailles de convois depuis Halifax, devient le seul Canadien à assurer le commandement d'un théâtre d'opérations allié pendant la guerre.

Même si les forces alliées sont parvenues à prendre le dessus sur la menace des U-boots allemands en 1943, les combats se sont poursuivis et les pertes ont continué d’augmenter durant deux autres années. Le NCSM Esquimalt est le dernier navire que la MRC a perdu, entraînant la perte de 44 vies, dans les approches d’Halifax, le 16 avril 1945. Après moins de trois semaines, la bataille de l'Atlantique prend officiellement fin le 8 mai 1945, jour de la Victoire en Europe, lorsque les forces navales allemandes ont officiellement capitulé devant les forces navales alliées.

Des cérémonies commémorant la bataille de l’Atlantique se tiendront partout au Canada le dimanche 7 mai, et la plus grande aura lieu au Monument commémoratif de guerre à Ottawa, à 11 h.