Héros de la bataille de l’Atlantique : matelot de 3e classe Fraser McKee

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Nouvelles de la Marine / Le 14 juillet 2020

Je me suis enrôlé dans la Réserve de volontaires de la Marine royale du Canada (RVMRC) comme matelot de 3e classe en 1943, parce que mon père a fait partie de la Milice active non permanente (MANP) toute sa vie; le service militaire était une tradition familiale. L’oncle de mon père avait commandé le 48th Highlanders pendant la Première Guerre mondiale.

J’avais beaucoup navigué et j’avais passé la majeure partie de ma jeunesse sur des bateaux près d’un chalet à Pictou, en Nouvelle-Écosse, et j’avais été impressionné par la visite annuelle du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Saguenay lors d’un festival chaque été.

Je n’ai pas joint les rangs des Transmissions, le même groupe que mon père, puisque si je réussissais bien, les gens allaient croire que c’était grâce à mon père, qui était rendu colonel.

Le début de mon instruction a été facile, car j’avais été membre des cadets, puis sergent instructeur du corps des cadets à l’école, ce qui m’avait bien plu. Ces expériences ont donc facilité mon instruction navale. 

Après l’entraînement de mars 1943 à février 1944, j’ai pris la mer comme matelot de 3e classe à bord du yacht armé NCSM Vision, à partir de Digby, en N. -É., puis j’ai été affecté à une mission d’escorte anti-sous-marine aller-retour pour le traversier Princess Helene du Canadien Pacifique, de Digby à Saint John, au N.-B.

J’ai effectué un trajet à bord d’un destroyer entre Halifax à Cornwallis (N.-É.) lors d’une tempête en février. Je pensais que tout était perdu lorsque l’alarme a été déclenchée par un court-circuit. J’ai pensé : « Nous allons sans doute tous nous noyer, mais c’est un risque à prendre. Ma pauvre mère, mon père qui passe quatre ans au combat en Italie et moi qui me noie en mer! »

Pendant la guerre, je recevais des lettres de ma mère, de mon frère ou de ma sœur une ou deux fois par semaine, et de mon père environ une fois par mois. J’ai aussi reçu des colis d’encouragement contenant du chocolat, des collations et des vêtements comme des chaussettes, des chandails, des écharpes et d’autres articles tricotés par ma grand-mère laborieuse qui vivait avec nous. De temps en temps, j’y trouvais des cigarettes pour échanger (je ne fumais pas) ou plus tard du tabac quand je fumais la pipe en mer. Ma mère a écrit à mon père deux fois par semaine pendant plus de cinq ans.

Ma mère s’inquiétait pour ma santé et ma sécurité, bien qu’elle n’en ait jamais parlé pour éviter que cela ne me dérange.

À la fin de la guerre, en mai 1945, j’étais dans le navire-escorte, le NCSM Wallaceburg, à Halifax. Nous avons accompagné le dernier convoi de la guerre vers l’ouest jusqu’à New York, après l’avoir récupéré en mer au milieu de l’océan. J’ai encore le drapeau blanc que nous avons déployé.

Je suis resté dans la Réserve jusqu’en 1978, me spécialisant dans la lutte anti-sous-marine, et j’ai pris ma retraite en tant que capitaine de frégate après 35 ans de service.

Je suis auteur et coauteur de six livres sur l’histoire de la Marine royale canadienne et de la marine marchande, et j’écris des critiques de livres et des articles pour plusieurs revues du domaine naval. J’ai été président national de la Ligue navale du Canada et rédacteur en chef de plusieurs bulletins d’information.