Dévoilement du buste du Contre-amiral Leonard Murray

Nouvelles de la Marine / Le 22 avril 2013

Durant le diner gala commémorant la Bataille de l`Atlantique au Musée canadien de la guerre, le 2 mai, la Marine royale du Canada dévoilera un buste du Contre-amiral Leonard Murray.

L`amiral Murray fut le seule officier canadien à avoir commandé un théâtre de guerre durant la Seconde Guerre mondiale. En septembre 1942, il est nommé commandant de la côte Atlantique et, en avril 1943, commandant en chef de l'Atlantique nord-ouest canadien et commandant adjoint de la Force opérationnelle américaine 24. Il demeure commandant en chef de l'Atlantique nord-ouest canadien jusqu'à la fin de la guerre en Europe.

Né à Granton, aux abords du havre de Pictou (N.-É.) le 22 juin 1896, le contre-amiral Murray s'enrôle dans le Service naval canadien, qui deviendra plus tard la Marine royale canadienne (MRC), en tant qu'élève-officier en janvier 1911, et se joint à la première classe du Royal Naval College of Canada.  Suite à l'obtention de son certificat en 1913, sa classe part en mer pour de l'entraînement avec la Royal Navy (RN) à bord du croiseur NSM Berwick jusqu'en 1914. Au début de la Première Guerre mondiale, il est envoyé au Quartier général de la Marine à Ottawa, où il acquière de l'expérience dans les domaines de l'administration et des opérations navales – particulièrement la défense du commerce – en tant qu'officier du chiffre. De retour à Halifax en 1914, il sert à bord du croiseur NCSM Niobe et plus tard du navire auxiliaire NCSM Margaret pour mener des patrouilles de défense du commerce maritime nord-américain, et passe ensuite une courte période sur la côte ouest à bord du croiseur NCSM Rainbow. En 1916, il se joint au NSM Leviathan à la Base navale de l'Amérique du Nord et des Antilles, puis participe à l'organisation des premiers convois transatlantiques, qui était à l'époque la défense la plus efficace contre les sous-marins. En 1918, à titre de lieutenant qualifié, il sert au sein de la Grande Flotte britannique, à bord du cuirassé NSM Agincourt, et assiste à la reddition de la flotte allemande en 1918. Il sert ensuite à bord des NSM Hercules et Crescent.

En 1919, il reste en Grande-Bretagne et se spécialise en navigation. Il suit le cours des officiers de navigation de la Royal Navy au NSM Dryad, puis est nommé officier de la navigation à bord du croiseur  NSM Calcutta commandé par le capitaine (à l'époque) Percy Noble, qui plus tard, en tant que commandant en chef, Western Approaches, dirigera les efforts de guerre anti-sous-marine des Alliés dans le cadre de la bataille de l'Atlantique. En 1920, il revient au Canada en tant qu'officier de navigation à bord du croiseur NCSM Aurora, jusqu'à ce que des réductions budgétaires forcent la MRC à désarmer le navire en 1922.  De 1923 à 1929, il sert au sein de la Royal Navy, initialement à bord des cuirassés NSM Revenge et NSM Queen Elizabeth, et après avoir suivi le cours de navigation avancé de la Royal Navy, à bord du cuirassé NSM Tiger. En 1927, il fréquente le Royal Naval Staff College, où il est initié à l'organisation des convois.

À sa promotion au grade de capitaine de frégate en 1929, il revient au Canada et est nommé commandant du NCSM Naden et officier supérieur de la Marine à Esquimalt. En 1931, il a une brève affectation d'état-major au Quartier général de la Marine et, en 1932, il assume le commandement du destroyer NCSM Saguenay, puis est ensuite affecté à titre d'officier supérieur de la Marine et commandant responsable à Halifax en 1934. En 1936, il est prêté à la Royal Navy et sert à la Division des opérations de l'Amirauté et, plus tard au cours de l'année, exerce les fonctions de commandant en second à bord du cuirassé NSM Iron Duke.  En 1938, il fréquente le British Imperial Defence College et, à son retour au Canada en 1939, il est promu au grade de capitaine de vaisseau et est nommé directeur, Opérations et Instruction navales au Quartier général de la Marine, où il joue un rôle important dans une grande partie de la planification d'avant-guerre et, ensuite, de la mobilisation navale.

Au début de la mobilisation navale en août 1939, il est nommé sous-chef de l'État-major de la Marine et plus tard, en 1940, représentant de la Marine canadienne à la Commission permanente mixte de défense Canada-États-Unis, où il joue un rôle de premier plan dans l'élaboration d'arrangements secrets permettant aux forces de la US Navy de mener des opérations à partir de bases de la MRC. En octobre 1940, suite à sa promotion au grade de commodore (deuxième classe), il est affecté au poste de commodore commandant la Force d'Halifax. Peu après, en janvier 1941, il est promu au grade de commodore (première classe), et il est envoyé au Royaume-Uni en tant que commodore commandant les navires et établissements canadiens au Royaume-Uni, où il se rend rapidement compte que la guerre contre les U-boote se prête mal au commandement en mer et nécessite une infrastructure à terre. En consultation avec le commandant en chef, Western Approaches, il s'installe à terre au Haut-commissariat du Canada à Londres (NCSM Dominion), situé de façon très pratique près de l'Amirauté.  Cependant, en raison de l'importance stratégique de Terre-Neuve dans la bataille de l'Atlantique en tant que base de préparation des escortes, il est ensuite nommé commodore commandant la Force de Terre-Neuve en juin 1941. À sa promotion au grade de contre-amiral en décembre 1941, il devient officier général de la Force de Terre-Neuve, où l'intensité de son engagement envers sa mission a peut-être causé des frictions avec le Quartier général du Service naval à Ottawa, mais lui a mérité l'admiration des marins citoyens du Canada et la confiance du leadership de la US Navy.

De retour au Canada en septembre 1942, il est nommé commandant de la côte Atlantique et, en avril 1943, commandant en chef de l'Atlantique nord-ouest canadien et commandant adjoint de la Force opérationnelle américaine 24, où son « instinct de l'offensive » continue de rapporter des dividendes avec des ressources limitées dans un théâtre géographique immense. Il est à noter qu'il est le seul officier canadien à avoir commandé un théâtre de guerre durant la Seconde Guerre mondiale. Il demeure commandant en chef de l'Atlantique nord-ouest canadien jusqu'à la fin de la guerre en Europe, et part prématurément en 1945, suite à l'enquête sur les émeutes du jour de la Victoire en Europe à Halifax, qui mettait la faute des émeutes sur une préparation inadéquate des autorités navales sous son commandement. Il se rend en Angleterre en 1947 pour étudier le droit et, en 1949, est admis au barreau en tant que spécialiste du droit de l'amirauté. Il décède soudainement à Buxton, en Angleterre, le 25 novembre 1971.