Des marins de la MRC tissent des liens lors d’une visite à Onagawa au Japon

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Nouvelles de la Marine / Le 27 juillet 2017

Par l’enseigne de vaisseau de 1re classe S.M. Anderson

Les montagnes abruptes couvertes d’arbres semblent s’ouvrir pour faire place à l’océan, révélant ainsi le bleu profond de la baie Onagawa, dans le Nord-Est du Japon. La route sinueuse descend jusqu’au port achalandé, rempli de bateaux de pêche commerciale et de parc à huîtres. Pourtant, la poussière dans l’air et la cacophonie de l’équipement de construction détournent l’attention de la beauté naturelle de la région.

Onagawa a été l’une des villes les plus gravement endommagées lors du séisme survenu sur la côte Pacifique de Tohoku (grand tremblement de terre de l’Est du Japon), le 11 mars 2011. C’est maintenant le berceau de formidables efforts de reconstruction. Le 14 juillet 2017, l’ambassadeur du Canada au Japon, Ian Burney, le contre-amiral Gilles Couturier, commandant adjoint de la Marine royale canadienne (MRC) et des marins des Navires canadiens de Sa Majesté (NCSM) Ottawa et Winnipeg, se sont rendus sur place dans le cadre de l’exercice POSEIDON CUTLASS 17.

Après son arrivée à Onagawa, l’équipe canadienne a rencontré le maire, Yoshiaki Suda, pour parler des efforts de reconstruction plus de six ans après le séisme. Le maire Suda a parlé des travaux visant à repenser la ville, plutôt que de se contenter de la reconstruire telle qu’elle. À l’aide d’un interprète, le maire Suda a parlé des projets conçus pour réunir les gens et le port et pour bâtir une ville durable pour les générations futures.

Le premier maître de 1re classe Mark Johnston, premier maître du génie des systèmes de combat NCSM Ottawa, a été épaté par les efforts de la ville. « J’ai été étonné par le travail accompli par les gens d’Onagawa, six ans après le tsunami, afin de rebâtir leur collectivité. C’était incroyable de voir que les traces physiques de la destruction provoquée par la force des eaux sont encore visibles aujourd’hui. »

De concert avec les survivants et les nouveaux membres de la collectivité, Onagawa a entrepris un projet de relance visant la création d’une nouvelle ville, axée sur la collaboration et le développement durable, qui pourra servir de modèle pour les autres régions ravagées par les catastrophes naturelles.

Après le tremblement de terre et le tsunami de Tohoku, le Canada a offert une aide financière à la région par l’entremise de nombreux organismes de charité. Or, la relation entre le Canada et Onagawa date de bien avant le terrible séisme de 2011. En effet, Onagawa abrite le seul monument commémoratif consacré à un soldat étranger en sol japonais. C’est une famille de la ville, les Kanda, qui s’est occupée, pendant trois générations d’organiser et d’appuyer la création du monument en l’honneur du soldat canadien, le lieutenant Robert Hampton Gray, V.C., D.S.C. En 1945, durant les derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale, le Lt Gray a perdu la vie dans une attaque aérienne contre les navires de guerre japonais dans la baie Onagawa.

Onagawa a érigé un monument commémoratif pour les 158 Japonais de la ville qui sont morts durant la guerre sur un promontoire qui surplombe la baie Onagawa. En 1989, la famille Kanda a participé à la création du monument réservé au Lt Gray. Plutôt que de se pencher sur l’histoire des parties adverses opposant les deux pays, Onagawa a choisi de nourrir le sentiment de paix et d’amitié avec le Canada.

« Dans une culture où l’honneur a une place de choix, c’est d’autant plus significatif de voir les honneurs qu’Onagawa accorde au Lt Robert Hampton Gray », souligne le capitaine de corvette Scott Kelemen, commandant en second du NCSM Ottawa

L’amitié qui existe entre la ville de pêcheurs et le pays qui se trouve à des milliers de lieues à l’autre bout de l’océan Pacifique a été renforcée par la visite de l’ambassadeur du Canada au Japon et des représentants de la MRC à Onagawa, à l’occasion de POSEIDON CUTLASS 17.

Le Cam Couturier a pris la parole devant des invités de marque de la région au monument du Lt Gray. « Il y a ici une sérénité paisible que nos deux pays peuvent partager. Il en va de notre devoir de veiller à ce que cette paix dure, pour nos enfants et nos petits-enfants… Je ne peux imaginer un meilleur symbole de l’avenir marqué par la paix qu’imaginait la famille Kanda que les exercices navals récents auxquels ont participé la Marine royale canadienne et la Force maritime d’autodéfense du Japon lors de POSEIDON CUTLASS 17. »

La visite au monument commémoratif en l’honneur des Japonais morts pendant la guerre, au monument en l’honneur du Lt Gray et au monument commémoratif en hommage aux victimes du tremblement de terre et du tsunami Tohoku de 2011 ont été de poignants rappels de l’importance de bâtir des relations, une priorité pour les équipages des deux navires de la MRC pendant POSEIDON CUTLASS 17.

L’autobus remontait les routes encore en construction tandis que les marins des NCSM Ottawa et Winnipeg rentraient vers leurs navires. Les marins ont échangé leurs impressions après une journée haute en émotions. Ils ont parlé de leur rôle d’ambassadeurs des valeurs canadiennes à des milliers de kilomètres de chez eux et de leur désir de servir le Canada et de renforcer la paix dans le monde.

Onagawa est un important symbole de la force de caractère nécessaire pour rebâtir en vue d’un avenir meilleur : rebâtir des relations internationales après une guerre et rebâtir une ville après une catastrophe naturelle.