Défilé en Hollande – Le moment-phare de la carrière d’un marin

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Nouvelles du Pacifique / Le 23 juin 2015 / Numéro de projet : 06-06-Holland

Rachel Lallouz
Rédactrice attitrée

Le M 2 Derrick Siska se souvient encore très bien avoir marché dans les rues bondées en cailloutis de Weinhagen, en Hollande, le drapeau canadien à la main.

Il y a un peu plus d’un mois, ce dernier s’est joint aux 150 membres de l’opération Distinction, à l’occasion d’un défilé pour souligner le 70e anniversaire de la libération des Pays-Bas. Le M 2 Siska, superviseur de l’entretien électrique du NCSM VANCOUVER, affirme qu’il s’agit du point culminant de sa carrière militaire.

En bordure des six kilomètres et demi du parcours, 150 000 Néerlandais acclamaient les militaires afin de montrer leur reconnaissance relativement à la libération de leur pays par les Canadiens, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Lorsque nous sommes arrivés dans les rues, nos émotions ont pris le dessus. Tout autour de moi, il y avait un océan de parents et de petits enfants agitant des drapeaux canadiens. »

À la mi-parcours, il y avait aussi le premier ministre Stephen Harper,  qui a manifesté son appréciation du défilé en affichant un grand sourire au passage des militaires. Après cette marche d’une heure et demie, le M 2 Siska affirme avoir ressenti une légère mélancolie. « Je voulais tout recommencer pour vivre cette expérience encore et encore », a-t-il déclaré. À la fin du défilé, des enfants néerlandais se sont approchés des participants pour être pris en photo avec eux.

À la mi-avril, la candidature de Derrick Siska a été proposée dans le cadre de l’opération Distinction, dont les participants sont sélectionnés en fonction du mérite. Il a été le seul représentant des forces maritimes de la côte ouest choisi. « Je crois qu’on a remarqué mon travail sur le navire, déclare-t-il. Tous les jours, j’essaie d’adopter une attitude positive et énergique dans l’espoir que d’autres fassent de même. » Derrick Siska s’est classé parmi les trois meilleurs candidats de la BFC Esquimalt, et il affirme que c’est après une entrevue avec le chef de la flotte qu’il a été choisi.

« Quand j’ai appris que je participerais à l’opération, je me sentais reconnaissant, fier et, évidemment, honoré, explique le M 2 Siska. Je n’aurais jamais pensé me rendre un jour en Hollande. »

En compagnie de 140 membres de l’armée, de cinq membres des forces aériennes et de quatre autres membres des forces maritimes, le M 2 Siska s’est rendu à la BFC Trenton, en Ontario, pour deux jours d’exercices. Il a vérifié maintes et maintes fois ses uniformes et a regardé sur YouTube des vidéos d’exercices du drapeau pour se familiariser davantage avec les manœuvres compliquées. « À Trenton, il y avait de l’excitation dans l’air, sans compter la nervosité, a-t-il affirmé. Tout le monde était prêt à saisir cette occasion unique. »

Le 29 avril, le groupe s’est rendu en Hollande dans un Airbus militaire et le voyage de 11 heures a donné au M 2 Siska amplement le temps pour se préparer mentalement. « Tout a déboulé tellement vite et avant de m’asseoir dans l’avion je n’avais pas encore eu le temps d’assimiler la situation. Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre et je m’aventurais en terrain inconnu. »

L’avion a atterri à la base des forces aériennes néerlandaises, en Hollande, et les membres de l’opération Distinction ont passé les quelques jours suivants à s’exercer en vue du défilé. Ils ont même réussi à visiter le Cimetière de guerre canadien de Holten, le 4 mai, à l’occasion du jour du Souvenir en Hollande.

C’est au cimetière que le M 2 Siska a discuté avec un préposé à l’entretien, Edwin van der Wolf, qui était âgé de quatre ans lorsque son village a été libéré par le Scottish Regiment de Victoria pendant la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, lors de la cérémonie du jour du Souvenir organisée dans le cimetière, M. van der Wolf a rejoint son « fils canadien », le M 2 Siska. Lorsque l’hymne national a commencé, M. van der Wolf a tiré de sa poche un bout de papier avec les paroles d’Ô Canada. Il les a prononcées aussi bien que possible accompagné par le chant de centaines d’anciens combattants, de Hollandais et de membres de l’opération Distinction.

Le M 2 Siska affirme que cette expérience l’a beaucoup ému en tant que membre des forces maritimes. « Il est facile de se laisser emporter par le côté politique et opérationnel de l’armée et on peut en oublier pourquoi on s’est initialement enrôlé. Mais lorsqu’on oublie ces bonnes raisons – notre contribution à l’histoire – il devient alors impossible de les faire connaître à nos subalternes ce qui met à risque la transmission de la tradition militaire. Une occasion comme celle-ci nous rappelle l’importance de ce que nous faisons au quotidien. »