Communication des résultats de l’étude de surveillance de la santé à bord du NCSM Chicoutimi lors d’une assemblée générale

Nouvelles de la Marine / Le 11 juillet 2019

La Marine royale canadienne (MRC) et le Groupe des Services de santé des Forces canadiennes ont mis la touche finale à la première phase d’une étude sur la santé dont le but était de documenter et de décrire systématiquement les effets sur la santé associés à l’exposition des membres d’équipage à l’incendie d’octobre 2004 à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Chicoutimi. Le sous-marin a pris feu pendant qu’il traversait l’Atlantique de l’Écosse au Canada. Le feu a fait de nombreux blessés et a tué le lieutenant de vaisseau Chris Saunders.

L’étude sur la santé a suivi 250 participants, dont 56 membres d’équipage, 42 membres de l’équipe d’entretien et de garde qui se sont occupés du sous-marin après son retour à Faslane, en Écosse, et 152 sous-mariniers choisis au hasard (pour servir de groupe témoin). La première étape de l’étude a analysé la santé des participants au cours des cinq années précédant l’incendie et des cinq années suivant l’incendie. 

Les résultats de l’étude ont été communiqués aux anciens membres d’équipage du NCSM Chicoutimi et aux membres de l’équipe d’entretien et de garde lors d’une assemblée générale tenue le 11 juillet à la Base des Forces canadiennes (BFC) Halifax. Après cette rencontre, ils ont été rendus publics. Les résultats présentés ne portaient pas sur l’état de santé de chaque personne (c.-à.-d qu’on n’a pas donné aux marins de nouveaux renseignements  personnels). Il s’agissait plutôt d’un aperçu de l’état de santé général de la cohorte, qui avait été établi pour aider les marins à contextualiser leur propre état de santé ainsi que pour permettre aux Forces armées canadiennes (FAC) et au ministère des Anciens Combattants (ACC) d’offrir du soutien à ceux qui ont vécu cette expérience.   

« La santé physique et mentale de nos marins ainsi que le bien‑être de notre personnel étant notre plus grande priorité, nous reconnaissons la valeur des conclusions de l’étude ainsi que l’importance de maintenir un dialogue avec ceux qui ont été exposés au feu et de continuer à surveiller leur état de santé », a déclaré le vice-amiral (vam) Art McDonald, commandant de la MRC, qui dirigeait l’assemblée générale.

Les meilleurs soins médicaux et de santé mentale ont été prodigués

Immédiatement après l’incendie et dans les mois qui ont suivi, les membres d’équipage ont reçu les meilleurs soins médicaux et de santé mentale. Et pourtant, ces mesures n’ont pas apaisé les craintes au sujet des répercussions à long terme sur la santé de l’exposition aux substances cancérogènes, des troubles respiratoires et des problèmes de santé mentale.  

Ces points faisaient évidemment partie des questions discutées lors de l’assemblée générale. Les membres du personnel d’ACC qui y étaient présents ont souligné, notamment, que les demandes de prestation d’assurance invalidité des anciens membres d’équipage du Chicoutimi,  lesquelles sont attribuables au trouble de stress post‑traumatique, à la dépression et à l’asthme (il y a un risque élevé que les anciens membres d’équipage du sous-marin reçoivent ces diagnostics, d’après les résultats fournis), ont fait l’objet d’une évaluation favorable à ce jour par ACC.  

Les Forces armées canadiennes et ACC disposent de nouvelles ressources pour surveiller l’état de santé des membres d’équipage et leur fournir d’autres formes de soutien. Lors de l’assemblée générale, des représentants d’ACC étaient présents pour offrir aux membres d’équipage des renseignements au sujet de ces ressources et répondre à leurs questions.  

Résultats de l’étude communiqués en retard

À l’assemblée générale, la MRC a présenté ses excuses pour le retard pris dans la communication des résultats de l’étude, dont la première version a été rédigée en 2015, mais  qui n’a été achevée qu’en janvier 2019.

« En ce qui concerne le retard et le manque de communication avec l’ancien équipage pendant cette période, je ne peux donner aucune explication qui soit acceptable pour l’ancien équipage et pour moi-même. J’ai présenté et je continue de présenter toutes mes excuses à l’ancien équipage et aux familles. Je reconnais que nous leur devons mieux que cela et c’est exactement ce que nous comptons faire », a affirmé le Vam McDonald à cet égard.

Selon ACC, le retard dans la communication des conclusions de l’étude n’a pas eu d’incidence sur le traitement des demandes de prestation d’assurance invalidité.

Les options pour la prochaine phase ont fait l’objet d’une discussion

L’un des principaux sujets qui ont été abordés à l’assemblée générale portait sur la voie à suivre quant à la surveillance à long terme de l’état de santé des anciens membres d’équipage ainsi que sur le maintien du dialogue avec ceux-ci.

Les résultats de l’étude sur la santé ont été communiqués et les options pour la prochaine étape de l’étude ont été discutées à l’assemblée générale.  

Selon le Vam McDonald, la MRC « tient à améliorer sa façon de communiquer et à surveiller la santé et le bien‑être des anciens membres d’équipage du NCSM Chicoutimi d’une manière qui répond à leurs besoins ».

Après consultation des anciens membres d’équipage, il a été décidé que la voie à suivre serait annoncée à la fin de l’été.

Un tournant dans l’histoire de la Marine canadienne

L’incident ayant eu lieu à bord du Chicoutimi le 5 octobre 2004, durant lequel les membres d’équipage ont sauvé leur sous-marin et ont vaillamment lutté les uns pour les autres, s’est avéré un tournant pour le service sous-marinier canadien et pour l’ensemble de la Marine.  

« La MRC en est sortie plus forte, tant sur le plan des soins et du soutien qu’elle offre à ses membres que sur le plan de ses capacités en mer », de dire le Vam McDonald.  

Classée parmi les meilleurs employeurs au Canada par le magazine Forbes en 2019, la MRC dispose d’une flotte de sous-marins et de sous-mariniers compétents et accomplis dont les récents exploits comprennent des déploiements simultanés à l’étranger en 2018 pendant lesquels le Chicoutimi a battu un record en effectuant une mission de 197 jours en Asie‑Pacifique, passant ainsi plus de 240 jours en mer pendant l’année civile, alors que le NCSM Windsor a  été déployé pendant plus de quatre mois en Méditerranée et dans la région euro-atlantique. C’est grâce à ce genre de contributions que les sous-marins sont l’un des piliers du travail de la MRC à l’appui de la politique Protection, Sécurité, Engagement.