Comment le NCSM Nanaimo se prépare t il pour affronter une mer déchaînée?

Nouvelles de la Marine / Le 21 décembre 2018

Par le matelot-chef Christopher Carle St-Jacques

Peu avant le jour du Souvenir, dans le golfe de Tehuantepec, au large des côtes du Mexique, une tempête se prépare. Le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Nanaimo mène des opérations de lutte contre le trafic de drogues à proximité. Comment un navire de la classe Kingston se prépare-t-il pour affronter une tempête qui s’annonce tout en demeurant efficace sur le plan opérationnel et prêt à intervenir à tout moment?

Tout commence dans la salle des opérations, le cerveau du navire. Les opérateurs d’équipement d’informations de combat (Marine) reçoivent un message météorologique au sujet d’une tempête qui serait en train de se développer qui pourrait toucher leur zone d’opération. Ils mettent en corrélation les renseignements contenus dans le bulletin météorologique avec ceux en provenance de l’organisation de météorologie et d’océanographie, puis envoient l’information à l’officier de navigation (O Nav).  

À son tour, l’O Nav examine le pronostic de 48 heures et de 72 heures et trouve l’heure exacte à laquelle le navire doit quitter la zone pour échapper à la tempête, tout en demeurant disponible pour les opérations. Une fois que l’O Nav aura reçu tous les renseignements sur la situation, il en fera un compte rendu à l’officier des opérations (O Ops) qui mettra à jour l’exposé météorologique.

« Je reçois une analyse météorologique de l’O Nav et je l’utilise ainsi que plusieurs autres variables opérationnelles afin d’élaborer plusieurs plans d’action que je présenterai au capitaine », a expliqué l’O Ops, dont l’identité ne peut être révélée pour des raisons de sécurité.

« Je peux proposer plusieurs options, comme poursuivre l’exécution de la mission le plus longtemps possible, quitter la zone et y retourner dès que les conditions météorologiques le permettront,  ou demander un transfert dans une nouvelle zone de patrouille moins touchée par la tempête pour exécuter la mission. Chacune de ces options est accompagnée d’une analyse des risques, d’une analyse des répercussions opérationnelles et de mes recommandations définitives. »

« Toutes ces situations sont particulières. Le second, l’officier des opérations, le capitaine d’armes et l’adjoint au médecin me tiennent tous au fait de la situation dans leur service afin que je puisse choisir le meilleur plan d’action », a précisé le capitaine de frégate Jason Bergen, commandant du NCSM Nanaimo.

Le commandant évalue ensuite les options. Dans ce cas, il décide de demander qu’on lui assigne une nouvelle zone moins touchée par la tempête pour que le NCSM Nanaimo puisse continuer à s’acquitter de son rôle dans l’opération CARIBBE.

Mais que serait-il arrivé si le commandant avait décidé de rester sur place et d’affronter la tempête?

Dans ce cas, tous les services du NCSM Nanaimo devraient s’assurer que tout est bien arrimé. Le navire peut être ballotté par les grosses vagues, il est donc important de fixer solidement le matériel à bord. Les boîtes à outils sont fermées et verrouillées, et les publications sont remises sur les étagères et une barre y est déposée pour les maintenir en place. Tous les membres d’équipage, du commandant au matelot de 3e classe, doivent s’assurer que tous les articles sont bien attachés pour éviter qu’ils se déplacent et qu’ils tombent lorsque les vagues frappent le navire.

Le service du génie des systèmes de marine ferme toutes les ouvertures et tous les orifices de ventilation naturelle menant au gaillard d’avant, car il risque d’être partiellement submergé quand le navire lutte contre les vagues. Les autres activités courantes du service ne sont pas perturbées par les conditions météorologiques, car le navire a tout de même besoin de ses génératrices et de son  système de propulsion.

« Les tempêtes n’ont aucune incidence sur mon travail. Je vais surtout recommander de changer la vitesse si les moteurs fonctionnent au-delà de leur capacité en raison de la hauteur des vagues », a expliqué un officier mécanicien de quart.

Le service du pont installe des lignes de sécurité sur le pont de gaillard et le pont de dragage. Même si les ponts supérieurs seront interdits d’accès, en cas d’urgence, ces lignes de sécurité offriront aux marins un point d’ancrage s’il faut qu’ils sortent dehors.

La gestion du personnel est un autre élément important dont il faut tenir compte durant une tempête. Même s’ils prennent des médicaments contre la nausée, certains marins sont incapables de remplir leurs fonctions lorsque la mer est démontée. Il revient à ceux qui sont en mesure de fonctionner normalement d’assurer une présence dans toutes les stations du navire devant être dotées en personnel.

Si le navire fait face à des conditions météorologiques extrêmes, le commandant peut lancer un appel (une annonce destinée à l’ensemble de l’équipage du navire) pour réduire l’effectif du navire au minimum. Dans ce cas, les personnes occupant des postes non essentiels peuvent se diriger vers leur couchette et attacher leur ceinture de sécurité.

« Il s’agit de trouver un juste milieu entre les membres de personnel capables de remplir leurs fonctions et la mission. Si nous nous rendons tout simplement à Esquimalt, je pourrai lancer l’appel ‘RETRAITE’ et mener quand même à bien notre mission. S’il s’agit d’une mission de recherche et de sauvetage, j’aurai sans doute besoin de davantage de personnes pour accomplir la tâche », a précisé le capitaine de frégate Bergen.

Malgré la tempête qui a traversé l’est du Pacifique peu après le jour du Souvenir, les NCSM  Nanaimo et Edmonton ont pu demeurer toujours là toujours prêts à remplir leur rôle dans le cadre de l’opération CARIBBE, la contribution du Canada à l’opération MARTILLO, qui est menée par la Force opérationnelle interoganisationnelle interarmées – Sud (JIATF-S) des É.-U. responsable d’exécuter des opérations de détection et de surveillance interorganisationnelles et internationales, ainsi que de faciliter l’interdiction du trafic illicite.