Admettre que l’on souffre d’une maladie mentale, c’est là la première étape pour s’en remettre

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Nouvelles de la Marine / Le 29 janvier 2019

Pendant de nombreuses années, le caporal Travis Weir a refusé d'admettre qu'il avait un problème.

Diagnostiqué dépressif à la fin de l'adolescence, ce n'est que lorsqu'il est sur le point de perdre sa famille et sa carrière dans les Forces armées canadiennes (FAC) qu'il s'est finalement rendu compte de ce qui était en jeu.

Technicien médical comptant 12 années de service, le Cpl Weir sert actuellement à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Montréal à Halifax.

Mais c'est au cours de son séjour à la Base des Forces canadiennes (BFC) Edmonton, il y a six ans, qu'il a touché le fond.

« J'ai complètement déraillé, a-t-il dit. Je me battais contre une anxiété et une dépression terribles, et je souffrais d'une dépendance à l'alcool. Des gens ont essayé de m'aider, mais j'ai refusé leur aide. Je voulais m’en sortir tout seul. »

Père de deux enfants à l'époque, le Cpl Weir avait de la difficulté à trouver son chemin.

« Je savais que je devais vraiment accepter ce qui m'arrivait et demander de l'aide, sinon je perdrais tout. »

Le Cpl Weir a fréquenté un centre de réadaptation à Nanaimo, en Colombie‑Britannique, fort du soutien de sa chaîne de commandement, qui l'avait exhorté à obtenir l'aide dont il avait désespérément besoin.

Au terme de la réadaptation, lui et sa partenaire, qui est également militaire, ont été affectés à Halifax, la ville natale de sa partenaire, afin que celle‑ci puisse bénéficier du soutien de sa famille.

« Il m'a fallu des années pour accepter mes problèmes, et je travaille encore dessus tous les jours. Une partie de mon travail de technicien médical à bord du navire consiste à aider les autres, et je trouve qu'ils peuvent me comprendre plus facilement quand je leur raconte ce qui m’est arrivé. »

Un autre pas en avant vers le rétablissement du Cpl Weir sera sa participation au panel national des FAC « Bell cause pour la cause », à la BFC Halifax, le 30 janvier 2019. (L’activité sera diffusée en direct sur la page Facebook des FAC.)  Les membres du panel discuteront de leurs problèmes de santé mentale, de la façon dont ils y font face et des ressources mises à leur disposition pour améliorer leur bien-être psychologique.

« J'espère que parmi ceux qui entendront mon histoire, il y aura quelqu’un qui va réagir vite en reconnaissant d’abord qu'il a un problème et en demandant de l’aide. J'ai presque tout perdu et il m'a fallu lutter pour m’en sortir », a précisé le Cpl Weir.

Selon lui, l’organisation militaire apprend à mieux s’occuper de ses membres qui ont des problèmes de santé mentale. Il y a quatre ans, on lui a dit qu'il était « à haut risque » et qu'il serait libéré pour raisons médicales. Il s'est opposé à la décision et l'a fait annuler. De nos jours, a-t-il expliqué, ceux qui ont besoin d'aide peuvent en obtenir sans avoir des craintes pour leur carrière.

« Autrefois, un grand nombre de personnes hésitaient à parler de leurs problèmes de santé mentale, de peur que cela nuise à leur avancement professionnel et leur promotion, a précisé le Cpl Weir. Mais cela est en train de changer, et c'est une bonne chose. Les gens peuvent désormais obtenir l'aide dont ils ont besoin et n'ont pas à s'inquiéter des répercussions s’ils passent aux aveux. »

Le Cpl Weir prend les choses un jour à la fois, et sait que pour aller mieux et rester bien portant, il ne faut jamais baisser les bras. Lui et sa partenaire ont récemment eu un autre bébé et prévoient se marier cet été.

« Sans eux, mon monde serait détruit. Ils me rappellent chaque jour pourquoi il me fallait obtenir de l’aide. »

Pour en savoir davantage sur les ressources en santé mentale au sein des FAC, consultez le site suivant :  

http://www.forces.gc.ca/fr/communaute-fac-services-sante/ressources-sante-mentale.page