Sous-marins de la Marine royale canadienne : État de la flotte

Vue d’ensemble

Les sous-marins de la classe Victoria de la Marine royale canadienne constituent une importante capacité militaire stratégique déployable du Canada. La flotte de la Force sous-marine canadienne fonctionne normalement avec une disponibilité opérationnelle de trois bâtiments.

Les NCSM Windsor, Victoria et Chicoutimi sont à différent niveaux de préparation dans leur cycle normal d’opérations. Le NCSM Corner Brook est actuellement à quai au chantier Victoria Shipyards afin de se soumettre à sa période en cale sèche prolongée dans le cadre du contrat de soutien en service de la classe Victoria conclu avec Babcock Canada Inc. Il devrait y rester jusqu’en 2018.

Les sous-marins canadiens œuvrent généralement en un cycle opérationnel dans le cadre duquel chaque bâtiment est disponible auprès de la flotte pendant six ans, ce qu’on appelle la « période opérationnelle », suivie de deux ans de grands travaux de maintenance durant une période en cale sèche prolongée.

Les sous-marins comptent parmi les machines les plus complexes au monde, et œuvrent dans un environnement qui ne pardonne pas. Cela exige un processus de certification du matériel hautement rigoureux pour assurer la sécurité de l’équipage et du sous-marin. Cette certification du matériel se fait dans le cadre d’un cycle temporel de maintenance, lequel forme un élément essentiel du cycle opérationnel de toute classe de sous-marins.

En 2008, le Conseil du Trésor du Canada a approuvé un budget maximal de 1,5 milliard de dollars pour un contrat de soutien en service des sous-marins de la classe Victoria d’une durée éventuelle de quinze ans. Après un appel d’offres, le contrat de soutien en services des sous-marins de la classe Victoria (CSSSV) a été attribué à Canadian Submarine Management Group, qui porte désormais le nom de Babcock Canada Inc. Ce contrat met en lumière une initiative et un partenariat stratégique clé de partage des connaissances entre la MRC et l’industrie canadienne.

Les sous-marins canadiens sont utilisés pour des mission diverses, entre autres, le soutien à la lutte contre le terrorisme auprès des forces d’opérations spéciales, des fonctions constabulaires en appui aux opérations de la GRC de lutte contre les stupéfiants, aux patrouilles du ministère des Pêches et des Océans, et aux opérations d'interdiction de l'immigration illégale.

État de chacun des sous-marins

NCSM Victoria

Le NCSM Victoria a œuvré au sein d’opérations pour fin de génération de la force en 2014 et au début de 2015. Il a été le sous-marin le plus occupé depuis qu’il a été radoubé et déclaré opérationnel en 2012. Depuis lors, il a pris part à divers exercices internationaux avancés tels que le Rim of the Pacific (RIMPAC), où il a montré les capacités modernes et uniques que présentent les sous-marins de la classe Victoria tout en offrant des occasions d’entraînement à la lutte contre les sous-marins à des navires canadiens et d’autres pays. Dans le cadre du RIMPAC 2012, le NCSM Victoria a été le premier de sa classe à lancer la torpille Mk48 de la MRC, et a coulé l’ancien USNS Concord, un navire hors service de la US Navy. Cela a fait la preuve nette de la létalité des sous-marins de la classe Victoria. Le Victoria a travaillé avec les Forces spéciales durant un exercice interarmées en 2013 et d’autres exercices de défense continentale binationale, et a aussi pris part à des opérations au nom du Canada. En septembre 2014, l’équipage du Victoria a reçu la Médaille du service opérationnel pour sa participation réussie à l’Opération CARIBBE, un effort multinational mené par les États-Unis dans le but d’empêcher le trafic des drogues dans les eaux du bassin des Caraïbes et de l’Est du Pacifique.

Le NCSM Victoria est en service avec la Marine royale canadienne sur la côte Ouest et il est installé à la BFC Esquimalt. Dans le cadre de son cycle opérationnel, le sous-marin participe actuellement à une période de carénage pour des réparations par soudure et d’autres travaux, avant de reprendre son service en 2018.

NCSM Windsor

Le NCSM Windsor a participé aux exercices outremer JOINT WARRIOR et TRIDENT JUNCTURE aux côtés de partenaires de l’OTAN durant l’automne 2015. Le sous-marin a aussi participé à de l’entrainement interarmées avec les Forces opérationnelles spéciales canadiennes. Ces exercices ont rehaussé la préparation au combat de toutes les unités concernées, ont favorisé l’intéropérabilité et ont confirmé la disponibilité aux missions opérationnelles du sous-marin. La participation des ressources de la Marine royale canadienne (MRC) à des exercices tels que ceux-ci améliorent la capacité de la Marine de travailler avec nos alliés de l’OTAN et permettent de faire face au milieu changeant et exigeant de sécurité internationale dans lequel nous évoluons.

Le NCSM Windsor détient maintenant le record pour la plus longue période de temps déployé depuis qu’il est retourné des exercices outremer JOINT WARRIOR et TRIDENT JUNCTURE en décembre 2015. Windsor est entré en cale sèche en 2014 pour permettre de nombreuses améliorations y compris un système de sonar d’étrave de pointe dont l’installation n’était pas prévue avant 2016. Le nouveau système de sonar permettra de faire entrer toute la suite sonar de la classe Victoria, qui datait des années 1980, dans le 21e siècle – afin que les bâtiments puissent continuer d’agir au nom du Canada devant les menaces maritimes émergeantes.

NCSM Chicoutimi

Le NCSM Chicoutimi a été occupé à former des sous-mariniers. Tout comme le NCSM Windsor, le sous-marin était en mer pendant qu’il participait à un exercice maritime international en automne 2015. Chicoutimi a accompagné les NCSM Calgary et Vancouver pendant qu’ils participaient à un exercice de groupe tactique de la marine américaine au large de la Californie. Cet exercice, mené par le commandant de « Expeditionary Strike Group 3 » a inclus un escadron amphibie, un navire amphibie d’assaut, un quai de transport amphibie et un bâtiment transport de chalands de débarquement.

Alors que le sous-marin a été remis à l’eau tard en 2014 et a été occupé pendant l’année 2015, le NCSM Chicoutimi a été mis officiellement en service à l’occasion d’une cérémonie formelle à Esquimalt le 3 septembre 2015. La mise en service d’un navire est une tradition formelle de la marine pendant lequel un bâtiment de guerre est mis en service actif au sein de la flotte.

Le NCSM Chicoutimi a terminé sa période en cale sèche prolongée et est revenu à la flotte de la MRC en décembre 2014. Il s’agissait de la première période en cale sèche prolongée menée par l’industrie en vertu du contrat de soutien en service de la classe Victoria.

NCSM Corner Brook

Le NCSM Corner Brook est à quai au chantier Victoria Shipyards Co. Ltd., à Esquimalt (C.-B.), où il se soumettra à sa période en cale sèche prolongée dans le cadre du contrat de soutien en service de la classe Victoria avec Babcock Canada Inc. Il restera en cale sèche jusqu’en 2018.

Le NCSM Corner Brook a participé à divers exercices de l’OTAN et canado-américains, recevant beaucoup d’éloges pour son opposition farouche simulée aux forces aériennes et de surface de l’OTAN et des États-Unis. Il a été déployé dans la région arctique, dans le cadre de l’opération Nanook, d’abord en août 2007, puis en août 2009, prenant part à un exercice de lutte contre le trafic de stupéfiants et menant des patrouilles de surveillance secrète dans les environs de l'île de Baffin. En mars 2008 et également en 2011, le sous-marin a été déployé dans le cadre de l‘Opération CARIBBE. Le Corner Brook a reçu une mention élogieuse du CEMD en 2008 pour son excellence opérationnelle.

Les membres de l’équipage du Corner Brook ont reçu la Médaille du service opérationnel pour la participation réussie de leur sous-marin à l’Opération Caribbe en 2008 et 2011. Il s’agissait des premières médailles de service opérationnel reçues pour services rendus à bord d’un sous-marin de la classe Victoria.

La flotte de sous-marins canadiens : Un atout stratégique pour le Canada

Les sous-marins font partie des guerrier inaperçus de la nation. Ils sont furtifs, létaux et tenaces, ce qui en fait des systèmes idéaux pour assurer la surveillance et recueillir des renseignements. Ils bénéficient d’une liberté d’action et d’une indépendance inégalées qui leur permettent d’intervenir où et quand les autorités politiques le décident. En cas de crise imminente, leur présence peut influer profondément sur le processus décisionnel régional et, si la dissuasion échoue, leur capacité de frapper d’une façon létale peut contribuer de façon décisive aux opérations de combat, qu’il s’agisse de défendre les bâtiments de surface ou de menacer les forces adverses.

En raison de leur petite taille et de leur système de propulsion électrique extrêmement silencieux, les sous-marins diesel-électriques conventionnels comme ceux de la classe Victoria sont dotés de capacités furtives et d’une manœuvrabilité accrue. Ils possèdent des avantages dans certaines conditions par rapport aux sous-marins nucléaires, spécialement sur les côtes et dans des points d’étranglement stratégiques, ce qui fait d’eux un atout précieux pour le Canada et nos partenaires internationaux durant les années à venir.

Leur polyvalence est sans égale et leur permet de naviguer par tous les temps pendant des périodes maximales de 45 jours et de remplir divers rôles, de manière à aider le Canada à réaliser sa vision des choses, à savoir posséder une flotte navale équilibrée, polyvalente et efficace au combat. En plus de leur létalité inhérente et de leur importance stratégique en tant que navire de combat, ils peuvent aussi jouer toute une gamme de rôles navals en temps de paix:

  • Surveillance des pêches
  • Surveillance des trois côtes canadiennes
  • Appui aux organismes maritimes d’application de la loi et aux autres ministères
  • Maintien des compétences de la flotte
  • Engagement bilatéral auprès des partenaires de la défense continentale
  • Participation à des exercices multinationaux
  • Dissuasion des terroristes, contrebandiers et pollueurs potentiels

Pour mener à bien des opérations maritimes, il faut pouvoir exercer un contrôle au-dessus de la surface, à la surface et sous la surface de la mer. Le succès à cet égard nécessite des forces maritimes équilibrées; or, sans les sous-marins, l’efficacité d’autres ressources maritimes du Canada en souffrirait. Aucun autre atout des Forces canadiennes (FC) ne saurait rivaliser avec la puissance dissuasive pure et simple des sous-marins. Étant donné leur furtivité, leur endurance et leur pouvoir létal, autant d’avantages inégalés par ailleurs, la simple possibilité qu’il y ait un sous-marin non détecté dans les parages peut modifier en profondeur la nature d’un théâtre d’opérations.

Les sous-marins canadiens constituent un volet important de la relation stratégique du Canada avec les États-Unis. Notre pays adhère à un régime mondial de « gestion de l’espace maritime » dont les principaux pays alliés dotés de sous-marins se servent pour prévenir l’interférence mutuelle. À titre de membre du groupe de pays ayant une flotte de sous-marins, le Canada bénéficie d’un accès privilégié à des renseignements dont il ne pourrait autrement pas prendre connaissance.

La flotte de sous-marins de la classe Victoria du Canada est active en mer depuis 2003. Les bâtiments ont participé à des exercices au pays et à l’étranger, ont patrouillé les secteurs côtiers du Canada – y compris l’Arctique – et ont pris part à des opérations internationales telles que l’Opération CARIBBE.

Toutes les périodes en cale sèche prolongées des navires de la classe Victoria réalisées dans le cadre du contrat de soutien en service seront financées et gérées en vertu du CSSSV (en commençant par celle du NCSM Chicoutimi). En juin 2013, le gouvernement du Canada exerçait la première option de prolongation de cinq ans dans le cadre de ce contrat, pour une valeur de 531 millions de dollars.