Opérations dans le Nord : Perfectionner ses compétences dans un milieu difficile

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La Vigie - Automne 2017 / Le 31 octobre 2017

L’opération Nanook illustre les particularités de l’Arctique

Par le lieutenant Matt Howse

Par un frais matin d’août, près de 900 membres des Forces armées canadiennes (FAC) et d’employés civils sont arrivés au Nunavut et au Labrador pour l’opération Nanook, l’opération annuelle canadienne la plus importante et la plus connue dans le Nord.

L’opération de 12 jours, qui s’est déroulée du 14 au 25 août, a permis d’accomplir un large éventail de tâches. Au Nunavut : un scénario comportant des pertes massives. Au large des côtes du Labrador : le Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Montréal se défendait contre deux Hornet CF-188. Alors que des membres de l’Armée canadienne et des Rangers canadiens patrouillaient la toundra sur des VTT et à pied, d’autres renforçaient les liens locaux avec l’école secondaire Simon Alaittuq à Rankin Inlet.

Pour la première fois en 10 années d’histoire, l’opération Nanook a été menée sur deux lignes d’opérations : une par la Force opérationnelle interarmées (Nord) (FOIN) à Rankin Inlet, au Nunavut, et l’autre par la Force opérationnelle interarmées (Atlantique) (FOIA) dans le Nord du Labrador.

Au Nunavut, la FOIN suivait un scénario de sécurité générale axé sur une intervention pangouvernementale lors duquel une péniche de réapprovisionnement était compromise. Pendant ce temps, la FOIA suivait un scénario de défense et de sécurité dans lequel les FAC étaient appelées à fournir une couverture radar temporaire, pendant la réparation de deux sites du Système d’alerte du Nord du NORAD en panne sur la côte Nord du Labrador.

L’opération Nanook est devenue un élément essentiel de l’entraînement estival en Arctique pour les membres des FAC. Elle permet de mener des exercices et des opérations dans le Nord du Canada et de mettre en évidence les défis propres à l’été dans l’Arctique. D’autres exercices tels qu’Arctic Bison et Northern Sojourn ont lieu pendant les mois d’hiver et présentent différents défis.

En été, lorsque la glace fond et que les sentiers de motoneige deviennent inaccessibles, il est sans contredit plus difficile de traverser le Nord. L’opération Nanook permet à tous les membres des FAC de comprendre l’importance de leur rôle indispensable en tant qu’équipe composée du personnel de l’Armée, de la Marine, de la Force aérienne et des Rangers canadiens pour circuler dans le Nord et le protéger.

L’opération Nanook s’étend également au-delà de la compétence des FAC, car les scénarios présentés nécessitaient l’expertise de partenaires gouvernementaux tels que la Gendarmerie royale du Canada et Affaires autochtones et du Nord Canada, ainsi que des partenaires régionaux comme le gouvernement du Nunatsiavut et la Croix-Rouge. Dix autres ministères et organismes gouvernementaux et six partenaires régionaux ont participé à l’opération cette année.

La FOIA a employé les NCSM Goose Bay et Montréal. Tout au long de l’opération, chaque navire a mené de l’entraînement maritime, a pris à son bord des membres de l’Armée canadienne et des Rangers canadiens, et a participé à des activités de relations communautaires. Celles-ci ont permis aux membres de faire une pause du scénario, au cours de laquelle ils ont montré leur équipement, leurs aéronefs et leurs navires dans les communautés du Labrador de Goose Bay, Nain et Natuashish.

« L’opération Nanook a donné aux membres subalternes de l’équipage la possibilité de développer leurs compétences dans un milieu peu familier et difficile, en plus de naviguer dans des régions du Canada où beaucoup de gens ne mettront jamais les pieds », explique le capitaine de corvette Scott Meagher, commandant du Goose Bay.

Le Goose Bay a été spécifiquement choisi pour transporter des membres de l’Armée canadienne et des Rangers canadiens entre les petites collectivités le long des côtes du Labrador en raison de sa maniabilité.

« Le terrain difficile de la côte du Labrador rend le transport de troupes plus complexe que dans des régions plus au sud où nous naviguons souvent, déclare le Capc Meagher. La classe Kingston est idéale pour naviguer dans les passages étroits et nous avons utilisé des embarcations au besoin pour fournir le soutien nécessaire aux forces terrestres. »

L’un des principaux rôles du Montréal au cours de l’opération consistait à maintenir une couverture radar essentielle jusqu’à ce que le service soit rétabli. Lors du retour des éléments terrestres vers le sud, des conditions météorologiques défavorables ont provoqué le resserrement de la cadence des vols. Le Montréal a été réacheminé pour que le transport des troupes se fasse à temps.

Le Montréal a également mené une exfiltration de 69 soldats entre Nain et Cartwright, où ils ont été transportés à terre, jusqu’à la 5e Escadre Goose Bay, au Labrador, pour clore l’opération. La flexibilité d’une équipe de planificateurs et d’opérateurs bien équilibrée a été l’un des atouts les plus importants au cours de l’opération de cette année.

L’opération Limpid offre l’occasion de se rapprocher des collectivités du Nord

En outre, dans le Nord canadien, de la fin août à la fin septembre, trois navires de défense côtière (NDC), les NCSM Kingston, Edmonton et Yellowknife, ont été utilisés pour l’opération Limpid, une opération de surveillance et de présence nationale de routine dans les domaines maritime et terrestre du Canada.

Celle-ci est dirigée par le Commandement des opérations conjointes du Canada avec des commandants de composantes de soutien de six différentes forces opérationnelles interarmées régionales (Atlantique, Pacifique, Nord, Ouest, Centre, Est) qui ont réussi également à intégrer et coordonner leurs activités avec les ministères et organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux.

Le NCSM Montréal a rejoint les navires quelques jours, avant de partir pour l’opération Nanook.

Pendant l’opération Limpid, les navires ont participé à des activités communautaires à divers endroits et collaboré avec les Rangers canadiens (un groupe de la Réserve des Forces armées canadiennes travaillant dans des régions éloignées). Ils ont également aidé la Société hydrographique canadienne à établir des cartes marines des eaux dans le Nord.

« Depuis au moins deux ans, nos NDC ont aidé le Service hydrographique à établir les cartes marines des eaux du Nord », explique le capitaine de corvette Jordan Holder, officier supérieur des Affaires publiques des Forces maritimes de l’Atlantique. « Pour de nombreuses régions du Grand Nord, les données à partir desquelles nos cartes ont été établies remontent à des décennies et, dans certains cas, à des siècles. En fournissant des plates-formes pour ce travail d’établissement de cartes, nous aidons essentiellement à tracer les routes dans le Nord que les navires pourront utiliser à mesure que le trafic augmentera. »

Les navires ont également aidé le ministère des Pêches et des Océans en lui transmettant l’emplacement des icebergs observés lors de leurs déplacements.

« Nos navires ont eu l’honneur de représenter la Marine royale canadienne dans le Nord et de contribuer aux opérations de cette année », souligne le commodore Craig Skjerpen, commandant de la Flotte canadienne de l’Atlantique. « Ce déploiement représente pour nos marins une occasion inouïe de se rapprocher et de renforcer nos relations avec les collectivités du Nord canadien tout en collaborant avec des partenaires gouvernementaux locaux ».