Des membres de la MRC s’entraînent pour l’avenir avec la marine chilienne

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La Vigie - Automne 2017 / Le 31 octobre 2017

Par le lieutenant de vaisseau Ellie Aminaie

Cet été, 17 membres de la Marine royale canadienne (MRC) allant de matelot de 3e classe à lieutenant de vaisseau ont participé à un entraînement de mise sur pied d’une force de ravitaillement en mer (REM) pendant trois semaines, à bord du ravitailleur chilien l’Almirante Montt.

Comme la flotte du Pacifique n’a plus de pétrolier ravitailleur d’escadre (AOR) depuis la mise hors service du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Protecteur en 2015, de nombreux marins subalternes n’ont jamais travaillé en présence d’un ravitailleur ni servi à son bord.

En attendant l’arrivée du nouvel AOR intérimaire canadien, le NM Asterix, en 2018, l’entraînement avec le navire chilien s’est avéré fort bénéfique pour les marins canadiens.

Il s’agissait de la troisième et dernière année où la MRC et la marine chilienne effectuaient un entraînement conjoint de mise sur pied d’une force de REM. En plus de permettre aux marins canadiens de parfaire leurs compétences en REM, l’entraînement leur a fait découvrir le fonctionnement et la culture de la marine chilienne.

L’Almirante Montt a quitté sa base navale d’attache à Valparaiso, au Chili, pour aller rejoindre les marins canadiens à Pearl Harbor, à Hawaï. Il a ensuite mis le cap vers l’ouest, à la rencontre des NCSM Ottawa et Winnipeg, en route vers leur propre base d’attache à Esquimalt, en Colombie-Britannique, après un déploiement de cinq mois dans le cadre de Poseidon Cutlass 17-01.

Une fois les trois navires réunis, l’entraînement de mise sur pied d’une force de REM était lancé. Au programme, une multitude d’exercices allant du transbordement de liquides en mer (ravitaillement en carburant) aux opérations de va-et-vient de charges lourdes (transbordement de provisions), en passant par le ravitaillement de plusieurs navires.

L’équipage de la MRC à bord du navire chilien comprenait douze maîtres d’équipage, quatre officiers de quart à la passerelle et un officier des opérations maritimes de surface et sous-marines (lieutenant) comme responsable de l’équipe. Tous ont trouvé que cette expérience concrète était très utile et qu’elle leur a permis de poursuivre leur perfectionnement professionnel en mettant en pratique ce qu’ils avaient appris.

L’équipage canadien a observé les deux premiers exercices de matelotage de l’équipage chilien. Il a ensuite participé activement aux prochains exercices, dont le ravitaillement de l’Ottawa et du Winnipeg, en toute sécurité.

« L’interopérabilité entre nos deux marines était fluide. L’équipage canadien a suivi les directives de l’équipage chilien plus expérimenté et a appliqué les leçons retenues lors des exercices de matelotage suivants », explique le capitaine Rene Rojas, commandant de l’Almirante Montt. « En deux semaines, les Canadiens étaient suffisamment à l’aise pour utiliser seuls les différentes stations de ravitaillement du navire. Leur professionnalisme m’a beaucoup impressionné. »

En route vers Esquimalt, les trois navires s’échangeaient aussi des marins quotidiennement afin d’exposer le plus grand nombre possible de membres de la MRC aux opérations d’un AOR. Cette occasion a été vue d’un bon œil par les 26 marins qui ont pu faire l’expérience de la vie à bord d’un ravitailleur pour une journée.

En tout, les membres de l’équipage canadien ont passé 18 jours à bord de l’Almirante Montt. Ils ont parcouru 4 517 milles nautiques, traversé cinq fuseaux horaires et effectué 21 exercices de matelotage avec l’Ottawa et le Winnipeg.

Les marins chiliens ont été accueillis à Victoria pendant huit jours. Ils ont eu l’occasion de goûter à l’été canadien sur la côte Ouest, avant de reprendre la mer pour un voyage de 21 jours jusqu’au Chili, où l’hiver bat son plein.