Examen du programme Regulus

FMAR(A) - Le point de vue de l'amiral / Le 19 juin 2014

La dernière semaine a été marquée par de belles réalisations pour la Marine royale canadienne, et tout succès ne saurait se produire sans les gens qui en sont à la source. Des équipes d’essais concentrées sur la tâche à accomplir ont mené des exercices de missiles réussis à bord de la frégate de tête de la modernisation de la classe Halifax. L’Unité de plongée de la flotte (Atlantique) est revenue de la Lettonie, où elle a prêté son assistance à l’OTAN en vue de détruire d’anciennes munitions issues de la Deuxième Guerre mondiale. L’équipage du NCSM Regina est passé sans effort des opérations de sécurité maritime dans la mer d’Arabie aux mesures d’apaisement mises de l’avant par l’OTAN dans la Méditerranée. En dernier lieu, dans les Caraïbes, l’équipage du NCSM Summerside et des plongeurs-démineurs d’Halifax ont entraîné des membres de marines partenaires des Amériques durant l’exercice Trade Winds 2014.

Chaque fois que je reçois de la rétroaction à propos de nos marins obtenant de tels résultats, je songe au système complexe d’instruction et d’acquisition d’expérience qui les prépare à être de brillants ambassadeurs du Canada. Leurs accomplissements sont tout à l’honneur d’un solide système d’instruction navale qui donne une grande place à l’apprentissage continu et au mentorat actif. Qui plus est, un marin doit vivre une bonne quantité d’expériences opérationnelles. Elles doivent permettre de mieux lui faire connaître des groupes opérationnels aux facettes multiples (air-terre-mer), des marines étrangères, des environnements océaniques lointains et difficiles et divers scénarios opérationnels. Moins que cela, et on ne produirait qu’une marine mal préparée à relever les défis du XXIe siècle.

Il y a quelques années, nous avions constaté qu’une période de manque à gagner en matière d’instruction et d’acquisition de l’expérience pourrait se développer au moment où la classe Halifax entrerait dans un programme de modernisation de six ans. La modernisation suivait de près le succès d’une campagne de recrutement qui avait permis d’attirer des centaines de nouveaux membres du personnel dans les écoles et la flotte de la Marine. Il fallait à tout prix éviter d’avoir des frégates modernisées, mais sans les équipages dotés de l’expérience approfondie nécessaire pour utiliser la technologie au maximum de sa capacité. Il fallait lancer des initiatives pour donner aux marins un accès à un environnement d’apprentissage en santé, malgré un nombre réduit de navires disponibles à bord desquels les former.

L’une des méthodes adoptées pour relever ce défi est le programme Regulus. Regulus a vu 120 marins affectés auprès de marines étrangères afin qu’ils puissent y servir à bord de navires de guerre, de recherche et de garde côtière. En général, les déploiements ne dépassent pas six mois. Regulus a permis d’offrir aux marins participants une riche gamme d’expériences opérationnelles réelles dans des secteurs océaniques lointains tout en les exposant à des cultures étrangères. Nous en tirons aussi des avantages additionnels lorsque les membres de notre personnel reviennent imprégnés de connaissances acquises sur diverses solutions technologiques à des défis opérationnels.

Nos marins ont servi dans les marines de l’Australie, du Chili, de l’Irlande, du Japon, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, du Portugal, de Singapour, du Royaume-Uni et des États-Unis. Leurs expériences tendent à avoir un effet transformateur sur leur vie et leur carrière. De nombreux participants ont eu à apprendre une langue étrangère par seule immersion. Mais les récompenses d’un déploiement en Patagonie, en mer d’Irlande, en Afrique, en Antarctique ou dans les confins de l’océan Pacifique rendent pour eux le défi encore plus enrichissant. Ils prennent part à des patrouilles de souveraineté et des pêches, mouillent des aides à la navigation, mènent des missions de recherche et de sauvetage et contribuent au renforcement des capacités dans des régions moins développées. Certains ont réapprovisionné des avant-postes isolés, aidé à la prestation de soins médicaux et dentaires dans des protectorats distants et navigué lors d’exercices auxquels la Marine royale canadienne ne participe normalement pas. À terre, ils ont participé à des activités de garnison et d’instruction de leur marine hôte, et appris les complexités culturelles de pays lointains.

En retour, notre navire a rendu la pareille en envoyant des équipes d’instruction dans des écoles navales étrangères, en tenant des rencontres d’état-major et en faisant la promotion de nouvelles initiatives de partenariat, en acceptant des membres de marines étrangères dans des cours techniques et opérationnels au Canada et, de façon générale, en entretenant de meilleures relations de marine à marine grâce à des liens d’état-major plus directs.

Les officiers et les militaires du rang qui reviennent au pays réussissent bien durant leurs cours de formation professionnelle et leur parution devant des comités d’examen. Ceux qui ont vécu des déploiements dans l’Antarctique ont pu faire profiter le projet du navire de patrouille extracôtier et de l’Arctique de leurs expériences. Tous ces jeunes membres du personnel ont développé de belles amitiés avec des pairs dans les marines qui les ont accueillis, des relations qui se poursuivront au fur et à mesure de la progression des carrières, de la montée en grade des participants et de l’atteinte par le personnel de rôles de leadership dans leurs marines respectives. 

Je suis certain que ces relations porteront beaucoup de fruits parmi les marines d’optique commune qui augmentent leurs collaborations pour relever les défis de notre ère. Quant aux militaires participants, je suis convaincu qu’ils se souviendront toujours de leur expérience internationale comme l’une des plus mémorables de leur carrière, et qu’ils sauront y puiser les idées qui permettront à leur marine de relever les défis de la disponibilité opérationnelle de l’avenir. Encore plus important, malgré une modernisation en cours de grande envergure, notre programme d’instruction a su maintenir la cadence pour permettre à nos marins d’acquérir une expérience de perfectionnement appropriée au même rythme rapide que celui de la modernisation de la flotte.