Vice-amiral Ron Lloyd - Un briefing sur l’opération HONOUR

Paroles / Le 31 août 2016

Bonjour,

Je suis le vice‑amiral Ron Lloyd, commandant de la Marine royale canadienne. Aujourd’hui, je suis accompagné du premier maître de 1re classe Michel Vigneault, premier maître de commandement de la MRC, qui est assis à la première rangée.

Aujourd’hui, nous faisons le point, et nous répondons à vos questions, sur les mesures que nous prenons pour éliminer les problèmes d’inconduite dans la Marine royale canadienne…et plus précisément sur l’opération Honour, qui vise à éliminer les comportements sexuels dommageables et inappropriés.

Aujourd’hui, je tiens à préciser que nous soutenons fermement le chef d’état‑major de la défense et la haute direction de l’Équipe de la défense, et que nous travaillons ensemble afin d’offrir à notre personnel un milieu de travail exempt de toute forme d’abus, de discrimination et de comportements sexuels inappropriés.

Ensemble, nous dénoncerons les comportements inappropriés, nous viendrons en aide à ceux et celles qui ont subi des torts et nous amènerons les auteurs de ces actes à rendre des comptes.

En avril dernier, nous avons mis en place un système de suivi des incidents propre à l’opération HONOUR. Depuis, nous avons assuré le suivi d’un certain nombre de cas d’inconduite où des comportements sexuels inappropriés avaient été commis.

Ces cas comprennent les situations suivantes :

  • comportements sociaux sexualisés inappropriés (par exemple, des blagues, des expressions, des images);
  • harcèlement sexuel (par exemple, des invitations importunes, des regards suggestifs, des contacts physiques non nécessaires); et
  • inconduite sexuelle (au sens du Code criminel).

Le dossier de l’un de ces incidents est maintenant « fermé », et l’auteur a fait l’objet d’une libération administrative des Forces armées canadiennes, alors que dans bon nombre des autres cas, les premières enquêtes ont mené à la prise de mesures correctives contre les auteurs. Plusieurs de ces cas ont été confiés au Service national des enquêtes des Forces canadiennes, et dans l’un d’eux, des accusations ont été portées par les autorités civiles.

La Marine royale canadienne a toujours réglé directement les questions d’inconduite, surtout lorsqu’une personne occupant un poste de direction ou de commandement est mise en cause. La confiance est un élément clé du leadership et de la discipline, et il ne faut pas qu’elle soit ébranlée. Quand le titulaire d’un poste de responsabilité n’est plus digne de confiance, il est démis de ses fonctions, et les circonstances d’une telle mesure sont examinées.

Nous voulons que les principes de l’opération HONOUR soient fondamentaux et durables au sein de la Marine royale canadienne, et c’est ce qui nous a amenés à les intégrer au Code de conduite de la MRC.  

Le Code de conduite de la MRC a été publié officiellement en février 2016 et il est essentiel pour définir à quoi ressemble le bon comportement. Il favorise de façon officielle un milieu de travail professionnel, respectueux, et exempt de toute forme de discrimination et de harcèlement. Il officialise notre position selon laquelle chaque personne à la MRC a un rôle à jouer en ce qui concerne la promotion d’un bon comportement et l’élimination de comportement sexuel dommageable et inapproprié.

En outre, la Marine royale canadienne a préparé une stratégie de formation. Les nouveaux modules ont été développés par le personnel d’instruction de la Marine, de concert avec l’Équipe d’intervention stratégique des FAC sur l’inconduite sexuelle.

Au moyen de son Code de conduite, la MRC institutionnalise l’opération HONOUR et la met en application. Le Code est enchâssé dans ce nouveau système de formation, à tous les niveaux, de l’instruction professionnelle la plus élémentaire à celle qui est offerte à nos militaires les plus hauts gradés.

De plus, le Code de conduite de la MRC est au cœur de notre programme de mentorat et d’encadrement à tous les niveaux de notre chaîne de commandement.

Notre but est d’appliquer les principes de l’opération HONOUR grâce à un « leadership sur le pont », c’est-à‑dire une interaction immédiate et visible entre les dirigeants et le personnel subalterne à tous les niveaux.

Nos prochaines étapes consistent à gagner la confiance que les marins accordent à leur chaîne de commandement et aux mécanismes de communication pour que les victimes n’aient aucune crainte de représailles lorsqu’elles dénoncent un incident.

Chacun doit clairement comprendre que la passivité face à un comportement sexuel dommageable et inapproprié n’a pas de place à la MRC.

Il y a les auteurs, les victimes et les témoins. Les victimes doivent nous faire part de l’incident, les témoins ont la responsabilité de mettre fin à l’incident ou de le signaler et les auteurs doivent comprendre que nous les trouverons et que nous ferons de notre mieux pour prendre les mesures qui s’imposent à leur égard.  

Nous devons tous faire partie de la solution et non du problème.

En bout de ligne, ce sont les personnes qui comptent. Nous devons veiller à leur assurer un milieu de travail où elles peuvent se sentir respectées et en sécurité, un milieu exempt d’abus et de discrimination, où elles peuvent se concentrer sur leurs tâches et s’en acquitter au service du Canada.

Toute personne de la MRC qui agit à l’encontre de notre code de conduite sera tenue responsable (imputable) de ses actions. 

En somme, nous demeurons fermement résolus à montrer à nos marins et à notre pays « ce qui est bien », et nous avons réalisé des progrès à cet égard. Et s’il faudra plus de temps pour appliquer certains changements réglementaires plus importants, le vent du changement souffle déjà à tous les niveaux au sein de la Marine.  

La mise en application de l’ensemble des principes de l’opération HONOUR et de notre Code de conduite prendra du temps, mais je puis affirmer, sans hésitation, que la haute direction de la MRC est résolue à mener à bien cette opération durable et très importante.

Merci.